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  • Mécontemporain! (suite 4)

     Salé, le 16 Juillet 200 à 23h30 de relevée

     

                Le lendemain nous partîmes à l’aéroport Rabat - Salé. Nous dûmes Gharib et moi passer en transit par Paris, la ville lumière. Nous descendîmes à l’hôtel Ibis. Un splendide établissement dans l’enceinte de l’Aéroport Roissy Charles De gaule. Nous fîmes un court shoping  dans les magasins. Au duty free, ce sont des achats à la sauvette, pour rejoindre les chambres, car nous devions coucher tôt pour le long trajet du jour suivant. Je  passai  une bonne nuit, découchage oblige.

               Dès potron-minet nous quittâmes l’hôtel, et c’est sur un Air- bus, que nous fîmes le voyage à Niamey. Une chose me stupéfia lors de l’embarquement des passagers. Avant le décollage, un Stewart  tenait un nébuliseur et parfumer  « d’insecticide » tout l’espace intérieur de l’avion. Voulut-il pulvériser des moustiques ou ses cousins ? Drôle de largage d’insecticide d’un avion encore au sol !

                Le confortable vol, dura huit heures. La manière de service fut excellente et hospitalière. Le temps languit pour les fumeurs, par ce besoin de nicotine. Mais c’est interdit de fumer. Je saisis la durée du vol pour m’informer sur les particularités du Niger. Ce nom vient du touareg “Najjer” signifiant “Fleuve“, ce mot serait à l’origine du mot “Nègre” et aussi du pays connu sous le nom de “Nigéria” également. La singularité de la langue française dans le pays est.

     Aujourd’hui soir : veut dire ce soir.

     Autrement dit : dans un autre cas, dans le cas contraire.

    Boire une cigarette : fumer une cigarette.

    Cabiner : déféquer.

    Doigté : montrer du doigt.

    Douchière : la douche.

    Gardinier : jardinier et gardien en même temps.

    Zoto ; argent, jeton.

    Entonnoir: divorcée.

    Frais de taxi : pourboire.

    Titulaire : amant, fiancé en titre.

    Et c’est deux jours ? : Comment ça va.

             En langue locale ; Hana kiwana: comment ça va ? Ethiopienne: Femme très maigre. Kawter : K O.

            Je sus aussi l’histoire des touaregs  du Niger. Ils sont de lointains cousins des Égyptiens et Marocains, ils ne sont pas Arabes. Les Touaregs sont d´origine Amazigh, ils parlent un dialecte Amazigh ancien et l'écriture Tifinagh dans ses nombreuses variantes régionales, a influencé l'alphabet Berbère d'aujourd'hui. C’est un peuple berbère vivant dans les parties centrale et méridionale du Sahara, traditionnellement nomade mais tendant à se sédentariser. Paul Pandolfi, de l'université Paul-Valéry (Montpellier)  « s'est interrogé sur l'origine de cette singularité. Il lui a trouvé une origine ancienne : elle remonte aux premiers contacts directs entre des voyageurs et ces peuples du désert. Dès les années 1860, les Touaregs ont été décrits comme un peuple certes redoutable, mais avant tout mystérieux, indépendant, authentiquement autochtone et peu islamisé. Contrastant à la fois avec les populations arabes d'Afrique du Nord et les Noirs d'Afrique sahélienne, les Touaregs ont été jugés plus civilisés que leurs voisins, culturellement plus proches des Européens. On crut voir dans certaines de leurs moeurs (la monogamie notamment) les traces d'une origine chrétienne oubliée, et on les déclara indubitablement de « race blanche », peut-être même d'origine européenne. Par ailleurs, leur nomadisme était un gage d'insoumission : il s'agissait d'hommes libres qui jamais ne s'étaient soumis aux conquérants arabes ou noirs. Leur mode de vie chevaleresque était un signe de noblesse. Cette image, dont on ne peut dire qu'elle soit fausse, présente toutes les qualités du stéréotype, car elle a su résister à de nombreuses épreuves : l'assassinat du père de Foucauld, le massacre d'une mission française au Niger en 1880, et les examens minutieux du Dr Atgier qui, en 1909, dut constater que beaucoup de Touaregs étaient noirs... Tout cela importa peu : on continua de désigner ces « hommes bleus » du désert comme un peuple nettement plus « blanc » que les autres ». Las de lecture, je fermai Que sais-je ?

              Dare-dare nous arrivâmes le soir à Niamey. Le temps fut doux. Après les formalités de l’entrée, les agents d’accueil nous conduisirent à la résidence universitaire, derrière le fleuve Niger. Cité nouvellement construite, qui offre des prestations d’hébergement de qualité et propose des équipements communs de détente. Un jardin tapissé de verdure, des fleurs Helleborus niger, de  grands arbres catalpas et l’eau chaude courant. Elle est gérée par une adorable, courtoise et aimable française.

  • Mécontemporain! (suite 3)

         Salé, le 14 Juillet 2008 à 20h de relevée.       

     

               Prends-en ton content Abdou, tu peux patienter! Je rentrai chez moi. Je me déshabillai et j’entrai dans la salle de bain, pour prendre une douche. Après le bain, j’enfilai mon peignoir, et au moment où je chaussai mes babouches, je constatai que la paire droite surplomber de haut celle de gauche. Une incitation et une invitation au voyage pensai-je! Maintes fois, cette « abordée » de babouche me fut signe d’un déplacement. Prélude avéré vrai et authentique. J’acceptai le présage de bon augure.

     

              Je pris mon dîner. Je lus mon courriel. Je devisai, « clavaudant » au chat, avec une mienne amie connectée. Nous nous échangeâmes une discussion fort aimable. Je fus de bonne humeur. Ma ci-devant, excellait verbalement et ne mit pas son intelligence en jachère. L’âme imbibé, nous nous quittâmes doucereusement, contents l’un et l’autre, pour  tomber dans les bras de morphée.

     

             Le lendemain, je quittai tôt mon appartement. D’habitude je ne parlais point avant de prendre mon petit-déjeuner. Mais ce matin en allant vers le café mitoyen, je sifflotai un air inconnu. Un fait rare. Quantes  passants, qui à force de nous nous rencontrer matitunalement, me regardèrent abasourdis et stupéfaits. Mais gentiment ils me lançaient,  comme de coutume, le salut. Je répondais poliment au salut.

     

             Comme d’habitude, j’acquis mon journal de chez le kiosque. Je demandai au serveur ma crème tirée et ma tranche de gâteau jalousie :

     On déjeune en lisant son journal. Tout le jour

    On mêle à sa pensée espoir, travail et amour.

                                                       (V. Hugo)

     

               Rassasié, j'hélai un taxi pour aller au travail. Ces deniers jours j’évitai d’user ma voiture. Arrivé, je devais passer devant le secrétariat pour rejoindre mon bureau. Ma demoiselle Batoule, la secrétaire du chef, toujours matinale, m’appela:

    -          Bonjour Abdou, me dit-elle. Es-tu vacciné contre le paludisme, la fièvre jaune et la maladie du sommeil ?

    -          Oui, affirmai-je, l’abord méfiant. Je suis vacciné contre les maladies du tropique, pour dix ans. Pourquoi, encore un périple ? (En mon for intérieur, souriant, je pensai à mes babouches. Mais aussi j’eus une pensée pour ma nouvelle et future conquête).

    -          Le patron t’a désigné avec Gharib  pour couvrir le 11ème forum sur les prévisions climatiques saisonnières en Afrique de l’Ouest au Niger, me dit-elle avec un sourire léger. Vous partez demain matin. Vos billets d’avion et liquidités de Frais de déplacement et séjour seront là dans une heure.

    -          Ah le forum du PRESAO, c’est intéressant. Soit ! Je vais de ce pas  relire la morasse d’un de nos localiers.

     

               Jadis je fus un articlier, naguère  rewriter, me voilà reporter à Niamey. J’irais  vaille que vaille !

     

                L’après-midi attardé, je ne pus aller voir ma désirée. Et je me dis, diffère Abdou, diffère à ton retour ! La nuit je préparai ma valise. Mes habits de rechange. Ma trousse de toilette. Mes babouches tant chéries. Des stipules du tilleul et du thym pour des infusions. Maintes fois, le changement climatique atteignit mon métabolisme et me provoquai des somatiques (Je ne suis pas froussard). Mon livre de chevet « La paresseuse ». Mon MP3 et une clé USB. Par précaution, je pris des  photos d'identité pour  le badge ou l’accréditation au forum. Et enfin un maillot de bain pour la piscine, pour joindre l’utile à l’agréable.

     

                                                                  A suivre..