04.05.2012
Au Hammam !
Ce ne fut pas une légère entreprise que d'aller prendre un bain. Je voulus le prendre frais et calmant. Ainsi, je me préparai la trousse de toilette, des habits lavés et deux serviettes. Le tout mis dans une besace. A dix sept heures, je quittai mon domicile, rejoignis à pieds « hammam Achabab » (hammam de la jeunesse).
Ce bain maure est situé dans le quartier où je réside. Chemin faisant, mes connaissances et mes voisins me scrutèrent, le regard furtif. Tous me souhaitèrent "Bessaha"(A ta santé). Je trouvai toujours drôle, ce vœu mal placé. C’est en trinquant des verres de cristal remplis de champagne « Exqi », que l’on forme ce vœu. Je me demandai toujours pourquoi l’on trinque les verres. Je trouvai l’explication dans un vieux livre de dégustateurs. Il expliquait la raison. L’homme a cinq sens. Quand il prend le verre il le voit, le touche, l’hume, le goûte, reste l’ouïe. Pour faire impliquer ce dernier, on trinque. Mais ceux qui me lancèrent « Bessaha », pensaient que j’eus exercé le commerce conjugal. Loin de là ! Je me disais en mon for intérieur, ce n’est que pour me décrasser et me purifier.
Finalement j’arrivai au guichet. Je payai l’entrée, prit le ticket que je remis au Gallass (vigile). Ce dernier au moins garda Bessaha pour ne point me le dire. Il me le dira en sortant, j’en suis sûr et certain. Je lui demandai bêtement, le hammam est il plein ? Affichant un sourire, il me répondit, que seules quelques personnes sont présentes. Et même s'il est plein, retournerai-je crasseux et malpropre, songeai-je!
En entrant dans la chambre de sudation, je dis Bismi Allah. Je rejoignis la troisième salle dans le brouhaha, le clapotage des seilles en bois (seaux), mêlé à la vapeur d’eau chaude gazeuse. Un gars entonnait la chanson dd Mohammed Abdelwahab " Men azibak"(Lequel te torture). Il chantait faux. Il fut un maître-chanteur agressant l’ouïe. J’entendis aussi les cris d’un homme sous les supplices du préposé au gommage (kessal). Sans doute en entendant aïe et ahi ! ahi de gémissement, le chantre, coqueriquai par raillerie.
Aux présents, je leur lançai les Bessaha récoltés lors de mon trajet. Mon attention, comme toujours d’ailleurs, fut attirée par l’allure de ces gens. Il n’y a que des squelettiques et des sous alimentés. C’est l’endroit idéal pour inciter ses chérubins à manger goulûment en leur montrant ces carrures. Ils occupèrent de grandes places en s’entourant de sept à neuf seaux. Je râlai discrètement, mais je restai sournois. J’évitai de faire la remarque à ces zigotos. Ils doivent avant tout laver leur esprit.
Je pris une place que j’eusse lavée après avoir puisé trois seaux du bassin. L’eau fut chaude. En premier lieu, j’usai le gant de toilette, le rugueux pour frotter le corps. Mon dieu, que de vermicelles ! Puis ma deuxième opération, le shampoing. Durant l’étape de la saponification deux hommes , le ventre bedonant, la quarantaine; vinrent prendre place à mes cotés. Chacun détenait cinq seaux vides. Ni salamalek, ni bessaha. Ils déposèrent leur bissac et deux petits tabourets. Les deux présentaient une calvitie hippocratique. Je pensai qu’ils sont mon futur paradeux. La calvitie me piste moi aussi. Au fond de moi-même, je songeai que ces deux messieurs ne me demanderont point « un peu de shampoing » comme le firent des énergumènes la semaine dernière. Ce n’est pas que je sois radin ou avare, mais je lave mes tifs avec une lotion sans sulfate.
Ils s’installèrent sur les sièges et commencèrent le rituel lavage. Leur stature donna l’impression qu’ils sont dans un repas champêtre. De leur discussion d’aide je sus que l’un s’appelait Abdlqader (serviteur du puissant) et l’autre Mimoune (le fortuné). Ils papotèrent de tout et de rien. Abdlqader aborda la confrontation entre Sarkozy et Hollande. Ce débat avança-t-il, est l’un des plus agressifs qui n’ait eu lieu auparavant et que les deux candidats furent comme deux lutteurs dans l’arène.J’allais entamer ma dernière étape du gel de bain, quand j’aie entendu Abdlqader dire.
- Mimoune, connais-tu la dernière ?
- Non ! répond-il, l’air curieux.
Je tendis l’oreille pour les écouter. Je fus moi aussi curieux de le savoir. Le hammam est l’endroit archétype pour s’informer et s‘intoxiquer de rumeurs. Pendant que Abdlqader narrai, Mimoune épluchait une orange. Mon Dieu, quel gâchis ! La vapeur, l’odeur des laveurs, le parfum des savons, des shampoings un désagréable agglomérat de fumet.
- Dans la médina, il y a un antiquaire, raconte-t-il. Deux personnes se sont présentées chez lui. Ils se présentèrent comme deux brocanteurs en discorde pour le prix d’un objet antique. Ils avancèrent qu’ils préfèrent se fier à un spécialiste des objets d’art et que cet établissement est connu pour son sérieux. L’antiquaire était flatté et séduit par ces propos. L’un exhiba une ancienne théière en étain. L’antiquaire prit l’objet en main, le scruta et leur demandait quel est le sujet de leur dissension. Moi, dit le propriétaire, pour son prix je demande 16.000 dh. Mais cet homme veut le prendre à 14.000 dh. Je suis perdant puisque j’ai investi 15.000 dh pour l’acquérir. J’ai marchandé pleinement pour l’acheter.
L’antiquaire est sublimé par la pièce et proposa au cas où ce monsieur se désiste, il offre les 16.000 dh. Le préposé acheteur, râla en lui disant qu’ils sont venus seulement pour sonder le prix. Vous me doublez en l’achetant, continua-t-il. Nous ne sommes pas « Chez Christie’s » rétorqua l’antiquaire. Sur cette réplique, le râleur quitta la boutique. L’antiquaire paya rubis sur ongle le montant de la théière au vendeur. Mais l’agioteur calculateur, après leur départ, a été assommé par cette escroquerie quand il a su que la pièce n’est en fait, qu’une contre façon et ne coûte que 60 dh. Un ersatz acheté onéreusement !
Durant la narration, j'allongeai ma baignade afin d’entendre la suite de l’histoire du marché aux dupes. Je terminai mon bain et quittai le hammam. Après ce que vous venez de lire, la morale de l’histoire : A tromper autrui, l'on risque de se duper soi-même.
Salé, le 04 Mai 2012 à 17h de relevée
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22.04.2012
Nuit à Marrakech
Elle se surnomme Magi,l’énigme Majida.
Son allure m’excita.Son amour me guida.
Ce nom ne comporte-t-il pas la magie ?
Elle sublime. Je rime cette anthologie !
Si, son nom glorifie, aussi il magnifie.
Son amour fait de moi un vrai Soufi !
L’horoscope dit qu’elle aime l’amour.
Majida, l’adore épicé de l’humour.
Passer une heure avec elle est délice.
Embaumé, j’oublie que je suis complice.
Elle « m’émajida » par charme magique.
Mot doux, élégant puisé du prélogique.
La taquinant, j’appelle ô ma Majda !
Heureuse, jamais elle ne me bouda !
Onze, lit-on, est son chiffre actif.
Nenni ! Son caractère est attractif.
Salé, le 22 Avril 2012.
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08.11.2011
Fête du sacrifice.
Un tien vaut, ce dit-on, mieux que deux tu l’auras :
L’un est sûr, l’autre ne l’est pas. La Fontaine
Milouda est une mégère et acariâtre femme. Elle effarouchait toutes ses voisines de la rue du Paradis où elle vint d’y résider, il y a juste neuf mois. Elles ne pouvaient la souffrir. Les enfants la détestaient et évitaient de fréquenter sa progéniture. Ils la craignaient .Ils redoutaient ses réactions parfois odieuses. La commère observait jour et nuit les allées et venues de ses voisins. Rien ne lui échappait. Elle trouvait du plaisir à rester clouée devant la fenêtre, pour épier les passants. Maintes fois, elle augmentait le volume de sa chaine. Elle élevait le son à quarante décibels. Continuellement, notamment le matin, sa chanson préférée était « Dour biha achibani » (Entretient la, Ô vieillard !). Les vieux et hommes mariés sur le tard boudaient le vacarme, la chanson et le thème.
A l’approche de la date fatidique du 10 Dulhijja, jour de la fête du sacrifice, elle était à la fenêtre .Elle vit entrer à la maison contiguë M’barek, homme de couleur respecté par ses prochains. Il portait un agnelet sur ses épaules. Ses petits enfants le harcelaient depuis trois jours. Ils lui demandaient chaque fois, quand apporteras-tu le mouton papa ? Au moment de franchir le seuil de sa maison, elle eut l’idée de le taquiner à haute voix.
- Mbarek al hawli ! lui lançât-elle.
« Mes vœux pour l’achat du mouton ». Par euphémisme en dialecte marocain « M ‘barek le mouton ». Instinctivement, M‘barek rétorqua :
- Milouda, la salope !
Cette réplique toucha en plein fouet Milouda. Elle afficha un jaune sourire avec méchanceté. Malgré cette boutade, elle ne devint rubiconde, mais rougeaude de colère.
Le matin, Abqader, le conjoint de Milouda, lui a fait savoir que son patron a octroyé une aide substantielle aux employés de la société, pour l’acquisition du mouton. Il ira ce matin, au souk du mouton du quartier Sidi Moussa. Ce marché est moins fréquenté par les intermédiaires et les chennaqa (spéculateurs), lui dit-elle.
Ainsi, dans sa position quotidienne naturelle, elle attendait le retour de son mari avec son emplette. Le temps languissait. Elle espérait et rêver qu’il lui apportât un bélier, que toutes ses voisines envieront. Cette scène est habituelle chez les parvenant. Choufouni « m’as-tu vu » est chose courante pour jalouser les jouxtant. En effet Abqader après avoir demandé une autorisation spéciale, a regagné sur sa Mobylette le souk.
C’était 11h du matin. Il laissa sa motocyclette chez le gardien et entra dans le souk .Ce dernier est plein à craquer. Des hangars, rangés et bâchés ont été installés. Il y avait des vendeurs d’ovins, des gargotiers, des fouaciers qui vendaient du pain complet, de tourte et orge. Des enfants et jeunes adultes assaillaient les passants on offrant des cordes à deux dirhams. D’aucuns vendaient des verres de Café préparé dans des bouilloires attachés à un barbecue marocain. Le café embaumé par l’odeur de la poussière, laissait dégager un lourd parfum. Aussi les verres de thé étaient servis avec des beignets du marchand mitoyen. Les voitures, triporteurs faisaient un strident bruit. Un tintamarre qui agresse mêmement l’ouïe. L’agglomérat des ces parfums ressemblait à l’odeur d’un port asiatique. Le soleil luit, était africain. Un soleil d’eau qui, comme l’espèrent ces éleveurs d’ovins, va bientôt pleuvoir à verse. Leur richesse, c’est la pluie. Les gens en bousculade se frayaient le passage avec gêne. Un gué propice pour les voleurs à la tire et les pickpockets. Agile, Abqader regardait ces images défiant le tout. Mais il était pressé d’acheter le mouton et veillait sur son bien en poche. En scrutant les allées, il a fumé presque trois cigarettes sans compter une demandée par un visiteur, qu’il lui donna avec le sourire.
Enfin, il arriva au dernier hangar. Des moutons de race sardi de Timahdite y sont exposés. Il entre parmi le troupeau. Il Tâta avec le pan de sa main le dos d’un sardi, pour voir s’il est engraissé. Il ouvrit le museau pour ausculter la dentition, il vit qu'il a deux ans (thney, le plus de trois ans est banni). Il constata que ses deux lobes de l'oreille sont arrondis. Il pressa la queue. Abqader est devenu vétérinaire occasionnel et fqih .Le mouton est halal est apte à être sacrifié, se dit-il au fond de lui même. Il prit des deux mains l’ovin par le ventre, le hissa légèrement et le laissant tomber comme un chat sur ses quatre pieds. Presque vingt kilo, constata-t-il. Il demanda le prix à l’éleveur qui tenait à la main n tribard, sorte bâton pastoral en bois de cornier ,qu’il maniait comme un maréchal.
- Mille huit cent dirhams, dit-il.
- Ton dernier prix ? demanda Abqader.
- C’est le prix fixe. J’ai investi dans ce troupeau ces derniers jours. Le prix de l’orge, du fourrage, le transport de l’oriental ont augmentés. Je n’utilise pas de chmandar (pulpe de betterave) pour les alimenter.
- Je le prends à Mille cinq cent, ca te va? dit-il l'air dandin
- Non. Mes prix sont étudiés et attractifs !
- Oui un prix fou ! En ce montant, je pense que tu n’as pas l’intention de les vendre. Ne crois pas que nous trouvons l’argent, jeté dans la rue.
- Monsieur, je n’ai pas besoin de ces remarques. S’ils ne sont pas vendus, je les retourne chez moi. Les chevillards feront l’affaire après l’Aid. C’est à la tête des clients. Vous les citadins, vous êtes près de vos sous.Vous n'êtes chiches pour les achats inutiles. Si c’était un bijou capricieux pour un gorgerin, vous déboursez sans mot dire. Au fait les urbains subissent l’ascendance de leur femme.
Ce cours magistral d’un campagnard dérouta Abqader. En son for intérieur, il lui donnait raison. Mais il ne pouvait faire réplique songeait-il. C’est au dessus de sa bourse.
- Eh ben! garde les et garde ton commentaire aussi, rétorqua-t-il et quitta le hangar.
Il rebroussa chemin en empruntant l’allée du milieu. Son attention est attirée par des badauds attroupés autour d’un vendeur. Il s’y approcha et constata que c’était des moutons de race beldi. Il se faufila parmi eux et choisit un ovidé. Il l’ausculta comme le précédent et demanda le prix.
- Mille cinq cent dirhams, répond l’éleveur.
- J’offre mille trois cent et je suis large, dit Abqader en hésitant de timidité.
- Tu as l’air d’un gars béni et de bonne souche. Je te déduis 100 Dh. Et c’est une bonne affaire.
- Merci pour ta générosité. Soit encore souple. Feu mon père m’a conseillé de marchander.
- Allez prends le, lui dit-il avec un large sourire. Il se demanda s’il était dupe. Il tira son porte feuille de la poche intérieure de sa veste, après l’avoir déboutonnée. Il lui compta son dû rubis sur ongle. Le vendeur content, tapa dans la main de l’acheteur le congratulant, tels deux tennismans après le dernier set en lui disant :
- Mbarek al hawli
Abqader le remercia. Il appela un garçon vendeur des ficelles. Il paya la cordelette qu’il noua sur les cornes et héla un homme au triporteur. Il marchanda le transport. Ils se mettent d’accord sur le prix, monta à coté du conducteur le priant de passer chez le gardien de bicyclettes pour prendre sa moto.
Le trajet ne fut pas long. Abqader dirigeait le triporteur. Ils regagnèrent, rue du paradis. Ils s’arrêtèrent devant le domicile, firent descendre le mouton. Au moment où Abqader payait le convoyeur, une camionnette se gara. Samira, l’ennemie jurée de Milouda, emmener à son tour son sacrifice. Les deux moutons pieds à terre. Celui de Samira est un pure sardi, principale race ovine marocaine. De grande taille la tête dégarnie, de couleur blanche comme la neige avec des tâches noires autour des yeux, du museau et des oreilles. Samira l’avait acheté il y a quatre mois et l’a laissé chez ses parents à bouzniqa. Elle avait financé l’achat de l’alimentation. Milouda ignorait cet investissement ! Samira en regardant l’autre mouton, a souri l’air moqueur par folâtrerie. Elle fit semblant de ne voir sa rivale, vautrée au soupirail. Elle voulait lancer un youyou de bonheur afin d’enquiquiner la mégère. Elle s’obstina de le faire par respect à Abqader pour ne point le blesser.
Milouda était en ce moment à la fenêtre. Elle vit l’énorme différence entre les deux béliers. Une colère bleue la gagna. Ses rêveries s’estampèrent. Elle sera la risée de la rue du paradis durant toute l’année et subira la moquerie de son entourage. Elle en voulait à son mari. Elle quitta nerveusement son observation statique. Elle voulait pleurer ce jour de colère. Elle refusa d’aller à la rencontre des arrivés.
Abqader, sentit le drame en entrant à la maison. Il attacha le nouveau venu à un pilier, alla se laver les mains et changer ses habits parfumés à l’odeur forte du bétail. En terminant sa toilette, il se demanda où est sa femme.
- Femme où es-tu ? dit il, l’air interrogatif.
Un silence écrasant succède au silence de son épouse. Il alla la chercher dans la cuisine, dans le salon, Elle n’y était pas. Il l’a trouva allongée au lit dans la chambre des enfants.
- Où est le problème ? L’apostropha-t-il. Les béliers sont onéreux cette année, continua-t-il. Ma bourse est plate, elle n’est nullement ronde. Contentons nous de cet acquis, Dieu est grand ! Ce n’est pas notre dernière fête me semble-t-il !
- Non à Sidi, répliqua-t-elle, l’air orageux. Il fallait opter pour un grand sardi comme font les Hommes. Débrouilles toi ! Si tu n’as pas de liquidité, les sociétés de crédit à la consommation offrent des promotions à l'occasion de l’Aïd Al-Adha. De différentes formules de crédit «gratuit» de 3 000 dirhams, sont proposées pour des échéances de remboursement pouvant aller de 6 à 10 mois.
- Sidi Ouasidek Rassoulou Allah. Oui, j’ai entendu cette publicité mensongère. Rein que le dossier coûte plus que l’intérêt habituel pour une année.
- Je ne veux pas de ce « chat » dit-elle! Tu aurais dû acheter un bouc, moins nocif pour le cholestérol et le sucre que tu m’as fait monter en achetant ce minet.
- Nous n’allons pas nous chamailler ces jours de fête. Je n’y peux rien. Je regagne mon travail, dit-il en sortant.
Milouda est restée exaspérée, clouée, elle cessait de vivre. Elle songeât, pensa un moment et prit son portable. Elle appela son amie.
- Bien le bonjour Fatima, as-tu acheté l’Aid ou pas encore ? demanda –telle.
- Le bonjour te va Milouda. Non pas encore, réfuta Fatima! Le « crétin » m’a laissé l’argent et m’a chargé d’aller l’acheter. As-tu vu une femme le faire ?
- Mon bougre a acheté un à mille trois cent dirhams, que je ne veux pas, objecta-telle. Il ne suffira pas pour nous. Nous sommes nombreux. Je pense acheter un sardi et vu que vous n’êtes que deux, je pense qu’il fera ton affaire. Tu m’es chère, je te le laisse à mille dirhams.
- Soit ! J’arrive dans 15 mn le prendre. Je serais gagnante avec mon homme, pensait Fatima.
Fatima enfila sa chic djellaba serrée. Passa devant le miroir. Démêla légèrement ses cheveux frisés, s’aspergeât du parfum Anaïs Anaïs de Cacharel, prit son sac à main et quitta l’appartement. Dix minutes après, elle sonnait à la porte rue du paradis. Les deux commères exécutèrent leur marché. Assurée d’avoir fait une belle acquisition, elle quitta le lieu, heureuse et contente. Elle demandera à son « crétin » de débourser trois cent dirhams de plus, somme allouée pour l’achat du sacrifice.
Milouda, débarrassée de ce « chat », retourna dans la chambre des enfants. Elle chercha un oreiller sur le lit de son benjamin. Elle quêtait sa tire lire, où elle thésaurisait des sommes à l’insu de son époux. De l’argent piqué lors des achats, chargés par son mari. Une voleuse telle une pie. Elle prit l’argent enfoui, et passa à la chambre à coucher où elle s’empara d’un bracelet en or massif qui embellissait mignonnement son poignet.Elle le dissimulait dans un coffret à bijou, dans le tiroir de l’armoire.
Elle s’habilla modestement et quitta demeure, en direction de la bijouterie du quartier. La joaillerie est sise rue Adam dans une cité populaire. Les habitants vaquaient à leurs travaux. des lourdaux et malotus, sans travail devisaient et palabrer des élections parlementaire devant les épiceries et le salon "Coiffeur de Séville". En ce moment la ruelle est presque déserte. L’état psychique de Milouda, l’empêcha de voir l’environnement. Son seul souci était d’entasser une somme pour aller au souk, s’offrir un beau et grand sardi.
Elle savait que le prix de l’once a augmenté ces derniers jours. Après le salamalec de politesse, elle présenta sa vente au bijoutier. Ce dernier le prit, le mit sur une poche de bijou. Apres l’avoir pesée, prit sa calculette, fit un calcul et lui dit.
- Deux mille dirhams pour cette pièce madame, dit-il, avec un ton serein.
- C’est peu ! Moi, l’an dernier, je l’ai acquis à quatre mille dirhams cash, avança-t- elle. D’autant plus que le prix de l’or, ces temps derniers a augmenté en flèche avec la récession et la crise de l’Euro.
- Qui dit récession, dit inflation madame. Je vais vous dire une chose, nous ne faisons pas un cours d’économie. C’est à prendre ou à laisser.
Le bijoutier flaira que cette dame ahurie était dans le besoin. Sa façon d’argumenter la vente prouve quelle est nécessiteuse de fonds et savait que la cause est sans doute le mouton. Milouda, prise au dépourvu ne savait à quel saint se vouer. Elle n’a pas peur de son mari, mais voulait « crever l’œil » de ses voisines. Qu’importe le prix !
Pour ne pas perdre le temps, elle acquiesça au montant offert. L’orfèvre lui demanda sa carte d’identité pour éviter le recèle. Juste après avoir reçu son argent, elle quitta précipitamment la bijouterie. Elle longea rue Adam, et pour héler un taxi, elle dût traverser la rue « le chat qui pêche ». Consciente elle emprunta le passage clouté. Le feu était au rouge pour les véhicules, au vert pour les piétons. Elle se décidait à franchir le passage et au moment où elle ne s’attendait pas, une vespa vint à grande vitesse. Le conducteur tenait le guidonnage. Son compagnon assis derrière sur selle passager, au passage tendit sa main, tint le sac à main de Milouda et tira de toutes ses forces aidé par l’effet de la vitesse. Il put happer au vol son sac. Elle poussa un grand cri de détresse. Au voleur ! Au secours !clamait-elle. Les lascars prirent la poudre d’escampette, laissant derrière eux une victime affolée, terrorisée, apeurée et traumatisée.
Elle a perdu tout son gain, ses papiers et documents. Elle allait perdre connaissance, mais sa dignité l’empêcha de le faire. Elle se ressaisit. C’est la faute de mon béguin, s’il avait acheté un sardi, rien ne m’arrivait, grommela- t-elle à voix basse. Heureusement que le portable qu’elle tenait de la main droite est sauvé. D’habitude, elle mettait dans le sac. Elle appela son mari le priant de la rejoindre le plus tôt possible en lui indiquant l’adresse. Elle n’a plus le sous.
Tracassé par cet appel, Abqader informa son maitre des travaux manuels de l appel en urgence de sa femme. Le chef des travaux lui accorda l’autorisation de disposer. Contraint et pressé, il prit sa motobécane et démarra en prestesse. Angoissé et troublé il ne pensait qu’à rejoindre sa Milouda. En voulant prendre une ruelle perpendiculaire, il ne vit une voiture arriver. La voiture le percuta en plein fouet. Plus de peur que de mal, il est sorti indemne avec des estafilades. Le conducteur eut pitié de la victime. L’état physique et son allure font pitiés. Ses habits usagés délabrés. L’éducation sociale et civique du chauffeur lui édicta de prendre en charge l’hospitalisation de Abqader dans la meilleur clinique de la ville. En sus, il lui accorda un subside non négligeable pour fêter l’Aid.
Abqader, loua ce bienfaiteur et remercia le Ciel et jura en son for intérieur de ne dire mot à son épouse !
Salé, le 08 Novembre 2011(11 Dulhijja 1432)
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30.08.2011
Remontrance
Il était une fois une fille qui me hantait.
Je restais abasourdi, ainsi je m'anuitais.
Cloitré dans blanc silence, je chuchotais,
Je veux l'approcher aussi la mignoter,
Usant des minauderies, pour la câliner,
Tresser des vers, mots pour l'embobiner.6
Elle me dit souvent, je suis une folle.
Oui, elle m'a contaminé, je m'affole.
Tu me rends fou d'amour ma drôle.
-J'aime être ainsi, soif de gaieté folle.
-Lors des vingt derniers jours Siham ;
L'on s'est connu, chère belle madame.12
Joyeuse dame, ton amitié renoue.
Soyons bon, serein et aimons-nous !
Réponds-moi ma chère, ta ritournelle,
"Oki". Grand Dieu, tu es ma prunelle !
L'insensée m'a contaminé, suis insensé.
Moi un sensé, rêvait de toi une sensée.18
Mais ton concept me laisse halluciné.
Exilé, abattu, éloigné et aussi déraciné.
Je m'en vais quérir une autre amitié.
Loin de toi, pensant à ton inimitié.
Tu boudes en ce ramadan mes vers.
Ces satires sont douces, non sévères.24
Siller dans mon esprit, et mon cœur,
Telles des feuilles d'eau et rai-de-cœur.
-Je ne rechigne pas tes vers me dis-tu.
Je les chante aux sons du turlututu.
Sur cet air, je danse vêtu d'un tutu !
La danse des œufs, ni vice, ni vertu.30
Je suis fière de toi, tu n'es un hotu.
En ton sein, je me suis si rabattue !
Ce soir, un vil triste envahisseur
M'éprend au départ de ma sœur.
Me submerge, et parfois m'afflige,
En mon for intérieur, me désoblige.36
-S'il te plait ma mie, cela m'attriste.
Quoi te dire, aussi je suis triste !
Heureux de te voir au promenoir
Déceler et acheter un bissac-noir.
Iras-tu Siham camper à la pignada ?
Songes-tu aller bientôt au Canada ?42
- Nenni mon grand, quelle question !
Je ne veux délaisser mon bastion.
Je ne peux quitter notre maison,
Hors de l'eau comme un poisson !
Je me meurs dehors tel polisson.
- Serine moi " Suis qu'un être" mie.48
T'entendre rimer mot et polysémie.
Je veux, minette, sonder la thymie.
Chantes moi, ndor, Farid, Karam,
Oum kaltoum, Zaghbi ou Ajram.
Naima Samih, Doukali ou Dalida,
Abdelhalim ou Mohamed Réda .54
Aussi pour ne plus m’énamourer ;
Quel remède, Siham, pour sevrer ?
Le breuvage salutaire sera : souricide.
Mais pourquoi optes-tu au « suicide » ?
Soit! Je prendrai les poils de la souri ;
Brûlés dans l'encensoir sera le gri-gri.60
Pour attirer l'amabilité d'une crue houry.
Mes avances ne sont pas des charivaris !
Arrête ton tohu-bohu, mon cher Abdou.
Tes douces paroles, des roudoudous !
Sois calme, fiable, plaisant et naturel.
Aucune femme, intellectuelle soit-elle ; 66
Ne te délaissera pour chercher ailleurs,
Un homme si doué, si gentil écrivailleur.
Galant homme du monde, et rimailleur.
Intrépide, si aimable et bon charmeur !
Tu es l’aiguille d'or enfouie dans le tas,
De paille ; que moi ravie, ait détecta !72
Abdou, je ne sais cette fanfaronnade.
Un peu d'humilité sans rodomontade.
Où est ta modestie, qu'hier tu prônas ?
Ton discours et vanteries irritent Sanae
Ma meilleure amie, la sainte madone ;
De ces hâbleries, esbroufes te détrône.78
-Je boude les réflexions de ta chère amie,
Je ne veux à priori, m'être une ennemie.
-Abdou, je me sens si fatiguée ce jour,
Assise, lasse, dans le bonheur-du-jour,
Je lis goulûment le roman «L’alchimiste ».
J'oublie les tracas, en étant optimiste !84
Embaume-moi, ma mie de cette ardeur.
Partage ce don avec Abdou l'accrocheur.
Je ne sais point sortir de ma bouderie,
Ce jour, j'étale pour toi ma gronderie.
A demi-voix, je murmure des reproches.
Abdou n'est plus accrocheur, décroche !90
Tu m'épates Abdou, drôle de caractère.
Pardi, contre notre amitié tu déblatères !
Ta nature, ton esprit, c'est vrai diffèrent.
Je t'estime et ces qualités m'enjôlèrent.
Parbleu, Siham ! Abdou aussi est enjoué
Ne cherchera autre femme pour rejouer !96
Laisse moi rire, Abdou, toi mon homme.
Tu m'épates, mon poète avec ces nomes,
Ta romance, tes belles paroles charment,
Percent le cœur qui geint, à fendre l'âme. 100
Salé, le 30 août 2011 à 02 h de relevée .
L’idée de tresser ce satire est née il y a trois mois. Certes, bien que poétereau, j’ai opté pour une rime parfois riche, parfois suffisante. Je n’ai point négligé les rimes masculines et féminines. Il reste beaucoup à faire pour exceller. J’omettais parfois certains éléments syntaxiques (ellipse) pour rimer. Assurément, je suis impressionné par Bellaye,Supervielle, Qu Yuan, Peniculo et Collin. Mon vœu serait de rythmer 100 poèmes Inchae Allah. (Sitôt que je te vois, la voix manque à mes lèvres, ma langue est enchaînée, une flamme subtile court dans toutes mes veines, les oreilles me tintent, une sueur froide m'inonde, tout mon corps frissonne, je deviens plus pâle que l'herbe flétrie, je demeure sans haleine, il semble que je suis près d'expirer. Sappho)
02:29 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
22.08.2011
ONIRISME
Hier nuit, je rêvai que je fus batelier qui poussait sa jonque dans l’océan. Il faisait mauvais temps. La mer était agitée. La météo avait raison. Le flux et le reflux des vagues étaient fulgurants . Le flot grossit et mon esquif échoue sur une île déserte. Lors de cet échouement, je n’avais pas de provisions et je m’aventurai des heures à chercher la nourriture et de l’eau pour ma survie. J’eus soif. Après une longue recherche avec minutie, je découvris une oasis, une cascade d’eau où je m’abreuvai. Ainsi je suis resté seul depuis le deuxième jour de ramadan. Je jeûnai ! Mon visage devint maigre et crie famine. Courage pensai-je. (Lorsque je sors de chez moi, je compte toujours sur un événement qui boulversera ma vie. Bové).
L’après-midi sur la grève de la mer, doué d’un charisme poétique , je lisai l’Alchimiste. De temps à autres, je levai les yeux , je contemplai l’océan. Le soleil courbait vers l’horizon. Quantes fois , je regardais le soleil couché. Aujourd’hui il ressemble à une pomme rougeâtre. Et je me demandai où est Eve pour m’offrir une pomme api. Mais la tentation d’Adam et Eve et pour éviter de penser à Satan, j’abdiquai à ne pas cogiter. Je délirai. Je renonçai à réfléchir. Si Eve fit sortir Adam du paradis, cet îlot ne l’est point. Ah si Eve m’était contée! Une histoire me venait en mémoire.
Il fut un ressortissant marocain qui trima dans les mines en France quatre décennies. Retraité il avait l’intention de ragagner sa terre natale. Mais il décède dans son pays d’accueil. Dans l’au-delà, Saint Gabriel, l’emmène au paradis. Son nom n’y figure pas.
Transféré en enfer, son nom n’existe nullement. Aussi il reste inconnu au sommier d’archives du purgatoire. Le Saint Gabriel le chasse ne sachant où le loger. Il erre pendant des années et arrive un jour devant Adam et Eve. Le voyant, celle-ci lui dit : Ah ! Donc toi aussi tu as mangé la pomme !
Durant mon songe je vis à l’horizon une embarcation paraître au large. Celle-ci se dirigeait vers le rivage de la terre ferme. Je sautai de joie. Moi le naufragé, j’allai être rescapé. Moi l’isolé dans l’oubli, je vais ressusciter et survivre. Ma stupeur était grande quand je vis que c’était une femme. Une dame qui gouvernait le voilier.Un cotre. Un gréement de fortune. Sur le grand voile était inscrit en bleu «Béchard ».
Descendue à terre, après le salut, je lui souhaitai la bienvenue dans mon« île ». Je manquai d’affection durant ce naufrage.
De taille moyenne, svelte et athlétique, elle a une allure accorte et la démarche assurée. Elle porte une casquette « kenny season bleu » qui laissait apparaître de derrière une chevelure noire. Un petit nez droit supporte ses lunettes D&G pour la protection contre les rais du soleil. Elle arbore un sourire qui pénètre le cœur.
- Merci, répondit-elle. J’ai trouvé une bouteille à la mer où il est précisé un SOS et le lieu d’un naufragé, ajouta-t-elle, la voix flûtée. J’ai accouru pour vous secourir !
- Je te suis reconnaissant, dis-je en bonimenteur,la tutoyant pour la complimenter. Durant mon séjour dans la solitude dans cette île, j’ai appris tant de choses de la vie.
Chemin faisant, je la guidai vers ma hutte. Une hutteau constituée de toiles et de poutres. Deux tabourets meublaient l’ajoupa. Bien qu’étant seul, j’optimisai mon sort. Mon destin. Ma destinée.
- Oké! Je me propose de passer la nuit ici. Et demain après une grasse matinée, nous quitterons l’île. Je rêvais depuis belle lurette de passer une nuit, dans une île. Une aventure desirée dans ce calme et cette sérénité.
- Avec plaisir, je répondai. J’avais appétence. En mon fort intérieur je répétai cette ritournelle appétence. Je ne pouvais le lui dire.
- Au juste, j’ai apporté quelques médicaments de secours et des victuailles pour nourriture. Dans les provisions il y a aussi des melaouis, des chocolats et yoghourts !
- Merci, tu es pointilleuse. Je veux te dire ma dame, une chose avant d’entrer dans cette case. Je suis heureux de trouver encore parmi mes concitoyennes des femmes courageuses. Etant seul dans cette île déserte, qui est en ce moment ma proprièté, il est interdit d’y entrer aux hypocrites, ligots, cagots, gens de justice et usuriers. Seules sont admises les dames de haut parage, fleurs de beauté, à céleste visage. Bienvenue Dame. Je divaguai!
- Je ne suis de cette première catégorie là. Je suis déléguée médicale, et je suis venue pour vous secourir. Loin de vous nuire. Je vois que vous vous portez agréablement bien.
- Merci Dieu, vous m’avez envoyé une jolie nurse, dis-je pensant à haute voix.
Son visage devint rubicond de timidité. Elle sourit à ces propos. La lune dans le ciel, nous souriait, mais le coup de canon de l’aube, me tira de ce beau et fabuleux rêve. J’ai raté mon shour. J’avais soif. Je me réveillais en sursaut de ce songe chimérique, chagriné par ce coup de canon qui m’évada de cette vision. De ce rêve!
Tu vas passer une longue journée de jeûne sans le shour, me dis-je!Tu mérites ce supplice. Cela t’apprendra à ne pas manger goulûment le soir pour éviter des cauchemars .
Salé, le 22 Août 2011(21 Ramadan 1432)
17:21 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
08.07.2011
Rose et verdure
Tout petit, j'aimais lire le chaperon rouge.
Tout petit, dans ma pensée ce rêve bouge.
Tout grand, adulte la recherche et réclame.
Je la décèle dans le charme de Siham.
A un triste, elle parfume l'air amical.
Produit soins, telle visiteuse médicale.
Sublimé, conquis, charmé, je rime ces vers.
Epithalame tressé pour l'habillée en vert.
Elle pénètre dans le secret du cœur désert.
Hier, élégante, elle vêt robe poitrine rose.
Je pensais, tant lui offrir bouquet de roses.
18:20 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
12.06.2011
Courtisan
Ta parodie fantasmagorique,
Tes paroles, mots magiques,
Ta démarche, l'air rythmique,
Te rend agréable, sympathique,
Charme les sages et sadiques.
Excite ma curiosité poétique.
Sache, ne suis élève éristique,
D'école mégare philosophique.
Mon respect, ma chair est inique!
11:32 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
24.01.2011
Sacrifier un coq à Esculape.
Salé, le 24 Mars 2008 à 23h45 de relevée
Sacrifier un coq à Esculape.

Tout petit, j’étais un féru de la lecture notamment des bandes dessinées. Adolescent je fus entiché de la littérature, de la musique et du cinéma. Plusieurs heures je restai enfermé dans ma chambre, pour lire des Balzac, Pagnol, Flaubert, Montherlant et Kessel. Mes lectures furent ouibles avec des symphonies de Mozart, de Chopin, de Beethoven et Schubert. Des 78 tours offerts par Savidan, un russe blanc réfugié au Maroc, gérant d’une usine de crin végétal. En 1961, le Royaume décida de « nationaliser » les plaques minéralogiques. En bon calligraphe, j’écrivis au lieu de ‘’MA’’, Al Maghreb, en lettres arabes sur la plaque de sa Dodge. Ces disques furent ma récompense. Feu mon père avait acheté un tourne-disque « la voix de son maitre » pour écouter Bouchaib Al Bidaoui, Houcine Slaoui, Maréchal qibbou et Niniaâ.
Aussi je m’endimanchai pour le cinéma. Le genre de West side Story et des Révoltés de Bownty me sidérèrent. Parfois j’allais voir des Gary Cooper, Glenn Ford, Burt Lancaster et des John Wayne. Ces westerns me subjuguèrent, tant soit peu, que ceux des travaux d’Hercule de Steve Reeves ou de Masciste. A cette époque, il n’y avait qu’une seule chaine en noir et blanc. Je regardais les programmes notamment le samedi soir. Des soirées musicales où chantèrent Feus Bidaoui, Alami, Ismael Ahmed, Fuitah et des contemporains tels Doukkali, Mezgeldi et Ezzahir. Ces soirées étaient entrecoupées de sketchs à tordre de rire. Des fois, je fus proie de la nostalgie de cette musique « chant de l’atlas » qui débutait chaque l’émission.
Sans tautologie, je cultivai ces fascinations du passé. Ces attractions juvéniles sont restées embaumées dans mes souvenirs. Tant et plus, mon savoir faire, me servit dans la vie ainsi que pour l’éducation de mes enfants. Reste que les Bandes dessinées me charmèrent même étant en âge avancé. Gamin, une française voisine du bled, épouse de monsieur Caravella Charles, propriétaire d’un car, me prêtait des « 34 camera » de Tarzan. A cette l’époque, les albums de BD ne contenaient que 34 pages. Lors d’une recherche, j’ai lu un article sur le seigneur de la jungle.
« Dès sa parution, le succès de Tarzan est rapide et total. Pas moins de 45 récits dont 27 romans sortiront de la machine à écrire d'Edgar Rice Burroughs et ce, jusqu'à sa mort, en 1950. De l'unique première édition de ces créations, 60 millions d'exemplaires trouveront preneurs dans les 60 langues dans lesquelles sera traduit Tarzan.
Mais en Grande Bretagne, "Tarzan of the Apes" est refusé par une quinzaine d'éditeurs qui rient sous cape, en découvrant cet enfant naufragé orphelin recueilli et élevé par des singes dans un pays inconnu et éloigné. Un "Homme de lettres", Sir Arthur Methuen, en entreprend cependant la publication. Et Tarzan est sauvé. Il n'a plus qu'à faire un bond vers l'Ouest de la vieille Europe pour poursuivre sa carrière. Des contrats sont ainsi conclus en France, en Allemagne, dans toute la Scandinavie, en Hollande, Pologne, Roumanie, Tchécoslovaquie, Portugal. Le Moyen-Orient, l'Asie, l'Afrique ne tardent pas à rentrer dans cette folle sarabande.
En Union Soviétique, les autorités font la chasse aux paysans qui s'amassent sur les places publiques où un "lecteur" clame les exploits de "L'Homme Singe". Au pays des soviets, n'est pas Marx qui veut! Pire, en Allemagne, un éditeur célèbre, jaloux du succès de Burroughs, réussit à convaincre les journaux de monter une campagne de presse, incitant "les jeunes citoyens à jeter leurs livres de Tarzan dans les boîtes à ordures!" Ce que certains cédants à la propagande nazie, firent avec entrain.
En Bulgarie, où l'intoxication est à son comble, un journaliste à scandale fourbit sa haine de Tarzan en affirmant que Burroughs aurait volé purement et simplement "Tarzan of the Apes" à un jeune français, qui depuis, ne cesserait d'agoniser!
Les gazettes et autres canards de faits divers s'en donnent à cœur joie: un gamin tombe d'un arbre, c'est la faute de Tarzan! Le paroxysme est atteint lorsqu'un petit garçon de l'Oregon, perdu durant trois jours et trois nuits sur les pentes boisées du Mont Hood, raconte à la presse médusée, qu'il doit sa survie à un certain Tarzan, dont il est le plus fervent admirateur.
Bref, Tarzan dérange. Mais Tarzan, à force de vexations, d'autodafés, de moqueries et de haines, d'attaques injustifiées, devient un mythe. Etats, gouvernements, rois et présidents de la République ne peuvent rien contre lui. Reste l'incroyable pouvoir de séduction de Tarzan depuis sept décennies. Ecologiste avant l'heure selon les uns, simple et inaltérable défenseur de la cause naturelle et animale pour les autres, le "Roi de la Jungle" est d'une manière ou d'une autre le héros de toutes les enfances. Comme "Tintin Reporter" ou "Astérix le Gaulois". A la seule différence que tous les gamins de la planète ont appris de Jane la sensualité et la grâce, voire les premiers émois sexuels. Curieux homme, frère des singes, amis des bêtes, qui plonge tous les éthologues et ethnologues de la planète dans un abîme de perplexité depuis 70 ans. »
Moi aussi, je suis un fan de Tarzan. Adolescent je rêvai d’aventure en Afrique à ma manière. Moi aussi je rêvai de visiter les villes africaines. Tombouctou, Dakar, Cap de bonne espérance me hantaient. Alphonse Daudet et son « Tartarin de Tarascon » me ravissait. Le compte de l’Isle et sa description d’essaim d’éléphants m’obnubilait. Ces masses brunes, qui viennent soulevant la poussière. Moi aussi je rêvais de m’asseoir à l’ombre d’un bombacacées. Ma passion de voyager en Afrique était sans limite. Si l'Espagnol veut de grands voyages, l'Anglais et l’américain, veulent des voyages importants. Par contre l'Allemand veut des voyages utiles, et l’ Hollandais opte pour des voyages lucratifs. Tandis que le Français veut des voyages rapides et que le Marocain, tel Ibn Battuta, aime le grand voyageur !
Ce rêve se réalisa, il y a six semaines. Je fus invité à la 9 ème Foire Internationale de l’Agriculture et des ressources animales à Dakar. La « FIARA », la première du genre organisée par et pour les producteurs ruraux.C'est une initiative des organisations professionnelles du Monde rural qui souhaitent participer pleinement à la relance de l’Agriculture Sénégalaise en faisant de la foire, une véritable vitrine des activités et des productions du Secteur primaire.
Je fis donc le voyage avec Gharib, un expert dans une ONG du Maroc. Nous descendîmes à l’hôtel Faidherbe. Le transport fut assuré par les organisateurs. Gharib et moi, coordonnâmes pour suivre les travaux des ateliers. Une fois le travail achevé, je proposai à mon collègue le repos du guerrier. Je voulus errer dans les rues de la capitale des Tarangas et chercher ''Jane''. La matinée, un shopping au marché de Pikine. Une halle pleine de fruits exotiques et légumes. Puis c’est au tour de Sandaga et colobane d’être visités. Mes achats étaient axés sur des penseurs en ébène bien travaillés par les artisans sénégalais. Je me demandai comment penser, le ventre creux. Des penseurs sans bedaine, ni cœur! Je marchandai pour obtenir des rabais. En visitant ces marchés, je me lassai physiquement et pécuniairement. J’optai donc pour admirer la ville.
En empruntant l’avenue grand Youff, je vis un grand arbre. C’était un baobab. Un gigantesque arbre sans doute centenaire. Je m’approchai pour le toucher, caresser le tronc. Je demandai à une jeune dakaroise passante, brune et mignonne, d’immortaliser l’événement, lui remettant mon appareil numérique. Elle accepta avec un sourire généreux. Elle me prit deux portraits me disant :
- Souriez toubab !
- Dieuredieuf (merci) mais je ne suis pas toubab (européen). Je suis marocain mademoiselle.
- Charmé donc ! Vous êtes le bienvenu au Sénégal. Je m’appelle Aida. Je suis chargée de communication dans une société multinationale à Dakar.
- avi. Moi c’est Abdou, chroniqueur d’un journal hebdomadaire.
- Honorée. Nous estimons beaucoup les marocains. Nos relations sont multiséculaires.
- Diarama mademoiselle (une autre façon de dire merci).Je ne vous le fais pas dire. Je dirais aussi des relations millénaires.
- Je suis libre en ce moment, Puis-je vous inviter à prendre un café et échanger une discussion. Par ouï-dire je n’ai entendu que du bien sur le Maroc . Les journaux sénégalais ne tarissent d’éloge sur votre beau pays.
- Compliment m’allant droit au cœur. Et si au lieu de prendre un café, nous déjeunons et locutons ensemble.
- Bien volontiers ! Waxtaan ñam la, ku ko teewe ca nga. (La conversation, c’est comme un repas, celui qui se trouve là y participe)
- J’ai entendu parler d’un restaurant ’’ Zanzibar’’.
- J’ignore ce buffet. Mais je vous propose de manger au restaurant « Chez Loutcha ».
- Soit, allons-y !
Chemin faisant nous parlâmes de nos deux pays. Nous essayâmes l’un et l’autre de retracer leurs spécificités sans aborder le coté politique. Elle fut un élégant rhéteur, et d’une éloquence persuasive. Je l’écoutai avec attention quand elle parlait de la société dakaroise. Tout en cheminant, je pensais à ses explications. Je fus tous yeux et toutes oreilles. Enfin nous arrivâmes à «Chez Loutcha ». Nous entrâmes dans ce chic restaurant. Nous prîmes place dans un coin discret comme deux tourtereaux.
L’honneur vint à Aida pour commander au serveur :
- Jus de gingembre. Assiette N’gor. Yassa poulet et riz tout couleur. Tarte kiwi et mangue.
- Pour moi ce sera, Jus de gingembre. Assiette saint Louis. Et comme je suis au Sénégal, mon désir absolu est de manger Tiep-Boudienne, façon Saint Louis et enfin Tarte kiwi et mandarine.
En entendant ma commande, elle afficha un sourire avec les yeux. En mon fond intérieur je me disais, elle est belle comme la nuit.Le serveur se pressa de nous servir l’hors- d’œuvre. Avant de l’entamer, elle dit :
- J’admire la sagesse de votre souverain au sujet de la moudawana. Le principe de l’égalité entre l’homme et la femme est consacré dans le domaine de la responsabilité familiale. La direction conjointe des époux et non plus sous la direction du mari. Il en est de même au niveau des droits et devoirs des époux.
- En effet dans le nouveau texte, la tutelle devient un droit que la femme majeure exerce selon sa volonté. Toute femme majeure peut désormais conclure elle-même son contrat de mariage. La moudawana traite aussi de la répudiation, elle assouplit les conditions de divorce de la femme. Aussi la polygamie n’est plus un droit que le mari exerce à sa guise.
- Apparemment il y a aussi le renforcement du droit de l’enfant. Bref un progrès pour la société.
- Mais le revers de la médaille, une baisse de mariage et une inflation de divorces.
- Passons sur ces cas, qui révèlent surtout l'absence de communication et de sensibilisation du commun des Marocains de la Moudawana. Concernant la presse vous avez entre autres 13 journaux en arabe, 17 en français, 2 en anglais et 2 en espagnol.
- Oui le quatrième pouvoir. On a de journalistes de formation. De belles plumes et pas de feuilles de choux.
- Tout à fait à votre honneur. Que pensez-vous du Sénégal ?
- Je rêvais de visiter votre pays Aida. Dieu exauça mon vœu.
- J’espère que vous y retournerez !
- Je le veux bien Aida, dis-je souriant d’espoir. Je ne porte ni amulette, ni fétiche, ni gri-gri ni talisman pour retourner. Je sais qu’en le quittant, je serai proie à la nostalgie de ce pays, ma seconde patrie. Mais je vais vous demander un service.
- Lequel ? répondit-elle, l’air sournois.
- Combien coûte un bon coq à Dakar ?
- Entre 4 et 5.000 CFA.
- Bien. Je te donnerai 5.000 CFA pour acheter un grand coq rouge tétras. Ton papa l’immolera en mon nom. Tu enterreras ses deux pattes dans un endroit discret. Je crois qu’en faisant ce rite inhabituel, Abdou reviendra à Dakar.
Elle m’écouta avec attention, attentive et l’air sérieux. Elle contint son envie de rire,
- Laissez-moi rire Abdou. Je veux bien le faire. Mais ne suis pas superstitieuse, garder votre argent. Sachez qu’en buvant l’eau de cette ville, on y retourne. Mais je le ferais si cela vous tente. Dois-je jeter la viande du gallinacé ou la consommer ?
- Si vous le manger, je retournerai chez vous. Si d’autres le dinent, c’est une autre chose.
Le serveur nous servit le suivi du menu. Nous nous régalâmes goulument. Rassasiés, nous quittâmes « Chez Loutcha ». Nous nous promîmes de rester en contact.
Depuis mon retour, chaque soir je murmure avec un soupir : Namenala Aida. (j’ai ta nostalgie)
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09.09.2010
Loin du Sanatorium (fin)
Tes fourberies, j’y cédais assez.
Tes tartuferies, l’âme est blessée.
Sache ô sorcière, ô vraie Circé.
Ô tireuse de cartes, ô froissée !
A tes moult alibis ! M’affaisser ?
Nenni, je ne suis émoussé !
A tes chicaneries ! M’abaisser ?
Nenni, des salades dépassées !
A tes auto accusations faussées ?
J’évite aux baratins, de penser.
J’obvie à mon cœur, transpercée.
Oublier malheur, pour n’en pincer
Telle mère, que père a délaissé.
Je te renie ! D’Hui tu es divorcée !
Salé, le 09.09.10
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30.08.2010
Loin du Sanatorium
C'était jadis, c'est du passé,
Des mensonges, si condensés,
Des paroles, mots insensés,
Des fables, bien damassées.
Des écrits vite écrivassés.
De l'hypocrisie si tressée,
Qui durant m'eut stressé
Qui pendant m'eut blessé.
Dieu merci, m’est débarrassé !
Seigneur je fus embarrassé !
Mon coeur de battre a cessé,
Liens, chaînes les a cassés.
Je suis libre, ailes abaissées,
Dame, depuis, tu es licenciée!
Usagée, maux à classer.
Mes mots, vers rimassés,
Ton souvenir, image effacés;
Jeté aux amas, au fratassier.
Portrait de photo fracassée,
Eclats éparpillés, nul ramassés.
Ma haine relaie la voix haussée,
Et avant aussi de m'éclipser
Sache qu'elle te maudissait.
Pour tes avances jacassées,
Telle cette pie délaissée.
Et, je n'oserai t'offenser
Aussi, je garde le tacet !
A suivre.../...
Salé, le 30 Août 2010 à 14h30 de relevée
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04.08.2010
Mécontemparain Episode 16 Suite et fin
Je quittai la friperie et ces histoires abracadabrantes, bouleversé, et l'esprit confus. Je regagnai ma demeure, ma solitude. Je retrouvai mon ami le livre, ma consolation pour m'évader virtuellement de ce monde. Car dans la lecture, je retrouve le plaisir personnel et cérébral. La joie m'enivre au moment où, je plonge dans la lecture d'une œuvre. Je ne cache pas que j'abhorre rester devant la télé, si ce n'est pour voir le T.J. En fait, en pensant à mes enfants, tous assis devant l'écran, je deviens un homme irascible et triste. Le soir aux environs de vingt deux heures, l'on m'appelle pour me signifier, que je suis désigné pour aller au festival culturel d'Assilha.
J'eus l'occasion de lire une histoire sur Pépin le bref lors d'un forum à Con « Pépin épousa Berthe au Grand Pied, qu'il avait connue sur un forum de noms à la con. Ils eurent un fils, qu'ils hésitèrent à nommer Huile (fils de Pépin, fils de Raisin), mais ils l'appelèrent Charles ». J'envisageais moi aussi de rencontrer Berthe au petit pied. J'ai remarqué que les estivantes, suivant la mode, portaient toutes des spartiates. Elles avaient les pieds libres. Des petits pieds en l'air. Les cheveux aussi en l'air. De sacrées fieffées libertines inabordables. De belles femmes qui me rappellent une lecture:
Les trente points qui constituent la beauté de la femme sont: Trois choses blanches: La peau, les dents et les mains. Trois noires: Les yeux, les sourcils et les paupières. Trois rouges: Les lèvres, les joues et les ongles. Trois longues: Le corps, les cheveux et les mains. Trois courtes: les dents, les oreilles et les pieds. Trois larges: La poitrine, le front et l'entre- sourcils. Trois étroites: La bouche, la ceinture et le con. Trois grosses: Le bras, la cuisse et le mollet. Trois déliées: Les doigts, les cheveux et les lèvres. Trois petites: Les seins, le nez et la tête.
Malgré cela, ce fut intéressant. Les Zailachyas (femmes de cette ville) sont aimables, gentilles et hospitalières. Ce fut ma première visite continue et prolongée. Ses plages sont propres et saines, drues d'un monde venu de toutes les régions voisines. Les us et coutumes des autochtones, sont imprégnés d'ibériques coutumes. Elles sont joyeuses et gaies. Elles aiment la vie et la musique. Il y a parmi la frange, des intellectuelles et des poétesses. J'ai remarqué que la femme elle aussi tresse les iambes et les vers, sans oublier les chanteuses de la musique andalouse. C'est du beau, du sublime et de l'exquis.
Les deux premières semaines furent féeriques. Je suis tombé amoureux de cette cité touristique. Comme Tayeb Saleh était tombé amoureux de "Zayla" une trentaine d'années avant son décès. Un amour auquel il est resté fidèle jusqu'à son dernier souffle.
"Je me suis fortement lié à Assilah et à ses habitants. C'est le seul endroit où tout le monde vient me saluer dans cette ville, je renoue avec mon enfance", écrit un jour le romancier dans une lettre adressée au journaliste Talha Jibril que ce dernier a révélé lors du colloque organisé à la mémoire de Tayeb Saleh, dans le cadre du 32eme forum culturel d'Assilah. Il aimait se baigner et plonger plusieurs fois et s'ébattre dans la piscine de l'hôtel Al Khayma, et en émergeant il regardait nostalgiquement les deux palmiers surplombant la piscine. Il pensait à un endroit du village sur le Nil au soudan. Les intervenants, lors de cette conférence à titre d'hommage posthume, ont valorisé son œuvre universel « La saison de migration vers le Nord».
Aussi, un après-midi, j'assistais au Palais de la Culture d'Assilah, à un défilé de djellabas et de caftans. Les mannequins qui logeaient dans le même hôtel où je résidais, me stupéfièrent. La maquilleuse les a embellies par un coup de baguette. Encore plus belles que lors du petit-déjeuner. Elles devinrent des fées. Un podium où se mêlaient couleurs, tissus et haute couture. La styliste marocaine a concilié, avec succès les différentes nuances des couleurs. Rose fuchsia, rose indien, rouge brique, mauve et vert sont les couleurs dominantes des caftans.
En quittant ce défilé admirant les charmantes dames, j'oubliais d'aimer, de penser à une femme à qui je vouais un amour platonique. Bien des fois, pour fuir ce sentiment, je me réfugiais dans la dive bouteille. Quantes fois, je fus coupé du monde sans réseau. Je rêvais admirant la lune, l'étoile du sud ou l'étoile polaire. Je perdais le nord. Mais cette nuit, je songeais à la chanson de Hammou hafid ''mnine nabtadie al hikaya" .Je me consolais m'assagissant. Tu n'as pas encore trouvé ta partenaire pour commencer cette histoire romantique me-disais-je. En étant loin, nous nous sommes promis de regarder la lune à une heure précise. Ainsi nos pensées se croiseront, s'embrasseront sur l'astre. Et nulle femme ne pourra jouer admirablement ce rôle. Rares sont les femmes ces derniers jours qui égayent la vie. Je m'assouplissais, je m'apprivoisais. Je me contentais. Je suis content de ne retrouver mon idéale pour ne pas la reperdre. J'attends toujours ma mienne femme. Mais la vie doit continuer. Abdou, tu n'es pas le premier. Ni le dernier de cette séparation et déchirure. Patience tu retrouveras ton adorée. Il fallait que je me la coule douce, pour garder le moral et pour plaire. Je revenais sur terre. Je ne pensais guère. Je reprends mes esprits, mon énergies, mon cœur, mes sentiments que je semais à tous vent et redéfinir le concept de l'amitié.
Une nuit, en prenant une tasse de café, instant choisi pour actualiser mes mémoires. Je vis devant moi un homme du moyen orient. Il avait l'allure d'un émir. Sa démarche et sa façon de cheminer, lui donnaient l'air d'un important personnage. Emoustillé et aviné, il plongeait sa main dans une sacoche Eastpak et distribuait des billets verts aux employés du Motel en leur disant :
- Chouftek, maa chouftek (je ne t'ai vu ! Non je ne t'ai pas encore vu) et leur donnait le billet.
Tout le personnel s'accourait pour bénéficier de ce don du ciel. Un fin malin rusé, après avoir prit le subside, enleva sa casquette et revenait de nouveau à la charge.
- Chouftek ! chouftek ! Mais non , maa chouftek et lui donna un autre billet avec un sourire.
Les rires de sympathie et les prières pour le mécène fusaient dans le salon. Je pensais à ce fqih, qui après avoir dirigé la prière un soir d'hiver, devait faire l'auto-stop pour rejoindre son domicile. Nul homme des prières, en voiture ne s'arrêta pour le prendre. Le hasard voulait qu'un automobiliste en état d'ébriété avancée, freine juste devant lui et l'emmène à sa destination. Le fqih remercia le conducteur. A la descente du fqih, il lui dit :
- Si lafqih, ouvre le coffre et prend un poulet pour tes enfants.
Heureux d'arriver et content de la donation il lui dit :
- Merci Monsieur! Que Le Très haut, t'éternise dans ce comportement.
A Assilah pour contenter mon envie, je déambulais dans les ruelles. J'ai constaté qu'il fait bon y vivre. Des gens modestes. Humbles et modestes. Le churro avec de grands verres de thé à la menthe fusaient partout singulièrement chez les attablés sur les terrasses des cafés qui jonchent le trottoir de la grande artère Hassan II. J'ai dégusté ses figues si douces et sucrées. J'ai aussi apprécié ses raisins muscat. Elles émanent de la bourgade. Les habitants veillent jusqu'à une heure tardive. Mes idées vagabondaient et parfois les journées sont mi-figue, mi-raisin. Si les marchands de Corinthe qui transportaient les raisins secs y ajoutaient des figues, ceux d'Assilah offrent des fruits frais.
Les boutiques sont fermées et n'ouvrent leurs portes qu'à onze heures. Il n'est permis de faire des achats d'articles d'Espagne de tout gabarit que le soir. Un soir quotidiennement frais pour savourer un bol de bissara, ou déguster une glace, ou siroter un soda ou un jus d'orange à la paille. J'errais dans les ruelles de la ville bleue. Je regardais avec lyrisme les portes d'habitats. Des couleurs bleuâtres, azurées. Les murs des petites ruelles badigeonnés, peints. Multissimocolore. Les artistes venus d'autres continents ont dessiné des fresques. Des bijoux accrochés aux murs. Mes songes m'emmenaient souvent, rêvant et méditatif dans d'autres lieux d'autres cieux. Lointains dans le ciel. Et c'est là, que je me rendais compte, l'artiste est fécond, la femme l'est aussi. J'aime l'art et aussi Eve.
De retour dans ma chambre, dans le vétuste hôtel, au lit, je pensais; je pensais. Des réflexions me hantaient, lorsque j'éteignais la lumière et dans le noir, j'entendais la musique symphonique du Beethoven ou « l'air de chasse » de Mozart . Je voulais quitter ce monde cette vie en solitaire, délaisser et déliasser les bribes de ma mémoire. La formater, pour revenir à la rescousse comme ce prisonnier qui veut s'évader de l'amour. Je voulais briser ses chaines. J'avais une joie, un emballement dans ma tristesse. Je bloquais mes idées noires dans ma pensée. Mais pour aider mon esprit à passer le temps, j'inventais des historiettes et romancer des contes.
Le lendemain, je me rendis au Centre Hassan II. Mohammed Al Kaabi, l'un des grands poètes des Émirats Arabes Unis, rima ses églogues et rythma ses poèmes. Il déclama un retentissant récital de poésie lors de cette soirée de poésie traditionnelle émirienne. Absorbé par l'orateur, je sentis deux douces et petites mains me fermer les yeux. Les yeux fermés, je sentis un parfum familier. Je ne voulu guère imaginer ma fille. Je me retournai doucement, en enlevant ces petites mains, qui me privèrent de la vue, mais qui m'ouvrirent la mémoire. C'était ma fille, mon ange que je regardai, l'œil attendri. Je fus saisi d'une tendresse poignante. Comme j'occupai la dernière rangée, il me fus aisé de sauter de joie. Je n'avais plus de yeux pour pleurer de joie. Je n'avais plus de larmes pour pleurer ma solitude. Je pris ma séraphine par la taille, la soulevant, la hissant prés de mon cœur, lui disant :
- Mon bébé, tu me manques !
- Non papa, je ne rate jamais ma cible, rétorqua-t-elle avec un sourire innocent.
J'étais fier de cette réflexion. Tel père, telle fille me disai-je. Mais je me demandai, était-elle seule ? En scrutant les présents dans la salle, mon regard se posa sur ma femme. Asmae est là! Jolie et pimpante. Vêtue élégamment avec recherche. Une rose souriante. J'eus l'heur de les voir. Prenant la main de ma fille, je me dirigeai vers elle, ma princesse suivit mes pas. Une fois près d'elle, nous nous donnâmes le bisou habituel et serein. Ma barbe de trois jours, irrita ses joues. Maintes fois, elle bouda mes piques de poils. Je prêtai à sourire, souvent je lui dis « j'aime la femme à poils ». Asmae eut « un sourire dans sa barbe ». Lors de notre première rencontre, je lui demandais son nom.Asmae me dit-elle. Je répndais: Je ne veux qu'un seul nom, lui volant le sourire(Asmae en arabe veut dire plusieurs noms).
Je vais peut-être vous faire sourire, mais mon ignorance était telle que je me suis longtemps représenté le sexe féminin, non pas dans le sens vertical, mais dans le sens horizontal, comme la bouche.H.Bazin.
- Bienvenue à Assilha ma voulue chérie, dis-je, la voix affectueuse.
- Merci Abdou. Hier, j'ai rencontré Anouar dans une bibliothèque, et m'a informé que tu es dans cette charmante ville. Le soir je me suis connectée sur le net, pour voir le programme de cette journée. Féru de la poésie, j'étais sure et certaine que tu n'allais pas rater ladite conférence. Les enfants accueillirent la nouvelle de venir te voir, A grande joie.
- Merci Asmae pour ce déplacement et devoir, j'en avais fort besoin de vous voir en ce moment.
- Il y a de quoi, me dit-elle. C'est sa bonne réplique continuelle pour me taquiner. Je sus que c'était de bon augure et j'entendis quotidiennement cette raillerie ingénue.
- Je ne vois pas mon héritier ? N'est-il avec vous de voyage?
- Tu me fais rire. Il te ressemble comme deux gouttes d'eau. Le même caractère impulsif, lubie enfant, ajouta-t-elle avec un sourire d'aise. Il est resté avec mon père, qui m'encouragea à venir te rejoindre pour nous concerter et trouver la solution adéquate. La séparation ou la reprise sont les clefs, pour le bien des enfants, et aussi pour nous même.
Cette rétorsion me troubla. Mais comme les poètes, Antara entre autres, je me trouve dans une situation inférieure à madame, au souvenir de notre amour « Il se doit dépasser les obstacles qui surgissent devant lui ». Elle fit des kilomètres pour venir me voir. Il ne fallait pas par politesse repousser ces avances ou accepter la dure séparation. Mais j'optais pour une autre stratégie. Il faut qu'elle dégage toute son énergie négative. Qu'elle extériorise tous ses râles et mauvaises humeurs, pour tout me dire ce jour. Je me dirigeai à la buvette du centre. Attablés, je demande au gérant un soda pour ma fille, un jus d'orange sans paille pour Asmae, sa boisson préférée et pour moi, une tasse de café avec l'eau pétillante Oulmès.
Une fois servi, je demandais à Asmae.
- Je vais te demander de me dire en toute franchise mes défauts, raisons de notre éloignement l'un de l'autre. Cette séparation m'a fait du tort. Nous nous sommes séparés sur un coup de tête, après des scènes et locutions familières. Et franchement je n'en peux plus. Ce n'est pas une vie !
Je tirai à grande bouffée sur ma cigarette comme un pompier, le stress fumait mon cerveau.Elle resta momentanément muette, et pensive, l'air hagard. Elle but une gorgée du jus et répondit :
- Ton problème c'est que tu sautes directement aux conclusions sans même donner à l'autre la parole de se justifier ou demander à l'autre ce qui ne va pas. Tu as dépassé le seuil de la tolérance.
- Oui et quoi encore Asmae?
- C'est comme si tu penses à sa place et la plupart du temps ce sont des jugements hâtifs et infondés.
- Oui! Et.....pour ne point l'interrompre dans ses idées.
- Il ne faut pas croire que toutes les femmes sont pareilles. Tu me traites comme les filles qui travaillent avec toi. Il y a une nette et grande différence entre le foyer et le travail. Il faut comprendre l'autre et vice versa. Le dernier coup de tête, tu m'as défendu de m'abonner au club Fitness pour soigner ma ligne et mon bien être.
- Oui tu as raison. J'ai tort de penser et d'agir ainsi. Je concevais te préserver, je sais que c'est un complexe. Je reconnais que ma jalousie est débordante.
- Je ne suis pas contre la jalouseté. Mais je n'aime guère la jalousie féroce. La communication a été très facile entre nous au début de notre mariage, mais au fur et à mesure, elle se détériorait.
- Asmae, cette déchirure m'a sidéré en pensant mal de ce qui fut beau! Je suis médusé, dis-je la voix blanche. Dois-je en ce lieu et instant former mes excuses et te demander pardon ?
Durant cette discussion, elle et moi ignorâmes notre fille, qui suivait les explications de part et d'autre. Elle posait des petits regards en coin sur nous. Asmae, avait les yeux mouillés et sur le point de sangloter. Moi, je détournai mes yeux pour ne point montrer mes larmes au bord des paupières. Je tirai un mouchoir en papier de ma poche, que je lui remis. Ma fille sur le point de larmer, me demanda elle aussi un mouchoir. Mais elle ne pouvait, la petite, cacher ses perles de larmes. Elle comprit la situation, mais ne pouvait agir. Son seul acte, sa contribution était de partager nos larmes.
Conscient de la circonstance en public, et pour esquiver la vue d'une famille pleureuse, je réglai les prix des consommations et nous sortîmes dehors, le pas pressé pour donner libre cours à nos larmes. Nous nous conciliâmes, nous nous promîmes à l'avenir d'éviter ces bêtisiers. La main dans la main, nous dirigeâmes les trois à la voiture d' Asmae, pour rejoindre mon hôtel. Mais contents pour un couple retrouvé!
Je pensai discrètement: Vive Assilah !
Je pensai bruyamment: Vive Asmae !
Fin. /.
« Mécontemporain ». Toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé n'est que pure coïncidence
Salé, le 31 Juillet 2010 à 19h de relevée.
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15.05.2010
Mecontemporain Episode 15
Il prit congé et quitta le café. Je fis de même. Chemin faisant, je cherchai le lieu ou je devrai fondre ma désolation. Je me dirigeai à ma demeure, mon gîte. Je pris une douche pour délasser le corps et l’esprit. Je passai à la cuisine pour manger le dîner que la servante m’avait préparé. Je mangeai lentement mal pensant, réfléchissant sur les propos de mon ami. Défatigué, je me dirigeai au lit pour dormir, bien que les pensées de cette femme, sommeillaient encore en mon for intérieur.
Durant la nuit, je ne pus rencontrer le marchand du sommeil. Je dus compter les moutons pour croiser l’endormissement. Le lendemain matin endimanché, je partis en randonnée pour m’évader virtuellement. J’abhorre rester à la maison, depuis que je me suis séparé momentanément, de ma femme. Maintes fois, je pensai me réconcilier avec elle pour le bien de nos deux enfants tant chéris. Cependant, son entêtement n’eut raison de fléchir mon obstination. Dire que c’est à la suite d’’un concours, que je présidai que je fis sa connaissance. Il y avait deux gagnants à départager. Elle méritait la consécration et elle s’adjugea le prix d’honneur. Je pus par la suite l’inviter dans un restaurant. Nous fîmes connaissance, nous nous entendîmes, nous nous aimâmes et nous nous mariâmes. Néanmoins, je renonçai en déplorant son opiniâtreté. Bien des fois, je voulus refaire ma vie avec un autre demi. Tant de fois, j’eus la nostalgie des agaceries d’une femme, pour m’accompagner le restant de ma vie. Mais j’appréhendai le dessein. J’aspirai au retour de ma progéniture.
Dans mon parcours, en revenant de chez mon bouquiniste, je passai du coté des marchands de fripes. Je vis des milliers de vêtements mis en étal sur de grandes tables. Le brouhaha des vendeurs inondait la place. Sur cette table ce sont des chaussettes, par-ci c’est des chemises, par-là, c’est des culotes et strings. Là, ci-git, des soutiens gorges. Je m’approchai pour admirer ces vestiges que plusieurs femmes triaient suivant leur taille de poitrine. Chacune choisissait sa dimension en l’arborant sur sa poitrine, bien que vêtue en djellaba ou en robe ou pantalon. Je souris dans mon intimité, je pensai tel un obsédé dénudant les fureteuses.
Je savais que depuis l'antiquté, les femmes utilisent différents dispositifs pour soutenir leur poitrine : l’apodesme, le fascia, mastodeton, mamillare, brassière, bandeaux, corsets et corselets. Le soutien-gorge est un sous-vêtement-féminin composé de deux bonnets servant à soutenir et mettre en valeur les seins. Il est habituellement assorti aux autres pièces de porte-jarretelles, slip. Les femmes de la Crète antique sont représentées avec un corsage ouvert sur le devant jusqu’à la taille, laissant les seins nus portés par des lamelles de cuivre. Ces lamelles affinaient la taille et offrait un galbe à la poitrine nue. Par contre, en Somalie il est interdit. Sous peine de coups de fouet, les seins doivent être nus sous le voile des musulmanes. (Ce sous-vêtement est anti-islamique, impur et offensant. «Les islamistes disent que la poitrine d'une femme doit être ferme)
Je restai un moment hésitant, et il est bien sûr impossible de penser à ces milliers de vêtements usagés et ces soutiens-gorge sans penser aux personnes qui les ont portées. De vieux vêtements cédés ou vendus, comme si c'était aussi se séparer de quelque chose de soi et de sa vie, ou renier des souvenirs. Il y a le classique, le provocateur
et les osés. Et là, j’entendis à voix basses des confidences faites par ces corsets. Je restai sur ma gorge. Elles causaient entre elles.
Les juifs avaient leurs Madeleines ;
Les fils d’Homère leurs Phrynés.
Délaçons pour toutes les baleines
De nos corsets capitonnés.
Rousses, blondes, brunes et noires,
Sous tous les poils, sous tous les teints
Qu’ils pourraient raconter d’histoires.
Eug.Imgbert
Le soutien-gorge à balconnet « jardin suspendu » murmura, sous les appels stridents du marchand, « talôou al îyalate, âachra drahem » (Approchez les femmes tout à 10 Dh), à peine audible je perçus ; je vêtis une femme professeur de Sefrou. Elle avait vingt- neuf ans. C'est une beauté filalia, plus de majesté que de finesse, de l'embonpoint, quoique bien faite, un corps superbe, le derrière singulièrement croupé et pouvant servir de modèle, les cheveux et les yeux très noirs. Elle a de l'esprit et ne sent que trop toute l'horreur de son sort. Un grand fond de vertu naturelle que rien n'a pu détruire.
L’autre marque «bouquet sauvage », chuchota. J’habillais une femme mariée. C'est une jolie dame, elle avait trente ans; elle est blonde, les yeux très tendres et d'un joli bleu animé. Elle a toute la tournure d'une héroïne de roman. Le col long et bien détaché, la bouche un peu grande, c'est son seul défaut. Une petite gorge et un beau panier, mais tout cela, quoique délicat, est blanc et moulé. L'esprit romanesque, le cœur tendre, elle est excessivement vertueuse et dévote.
La marque « soir de l’opéra », marmonna, je soutenais les seins d’une femme. Elle a vingt-quatre ans, grasse, potelée, de beaux yeux bruns, un joli nez aquilin, des traits marqués et agréables, mais une bouche effarante. Mais son mari l'aime à cause du défaut de sa bouche. Je fus souvent baissé à demi pour la tétée de son époux.
Celle « après minuit »susurra, j’accoutrai une fille de caïd. Elle a dix-huit ans, une physionomie très piquante, beaucoup de fraîcheur, les yeux bruns, le nez retroussé, l'air mutin, quoique foncièrement indolente et paresseuse. Chaque fois, quand mademoiselle est en rut, elle tripotait ses deux seins.
De femmes qui montrent leurs seins ;
Leurs tétins, leurs poitrines froides,
On doit présumer que de tels saints
Ne demandent que chandelles roides
G. Coquillart
A suivre …./…
20:05 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
14.03.2010
Catherine

Rendons à César, ce qu’appartient à César !
Je saisis cet anniversaire et son hasard.
Pour souhaiter mes chers vœux à Caitlin
En rimant, en rythmant ces vers en lignes.
Elle est belle femme, charme et jeunesse
De toute beauté et aussi de délicatesse.
Fêtons ensemble ces deux événements,
Qui se suivent l’un et l’autre ardemment.
Celui du huit mars, journée de la femme.
Et aussi, le neuf mars, fête de nôtre Dame.
Elle égaya tous ses amis de commodité,
Elle enjoua les Casablancais et leur cité.
Convoquons donc, le ban et l’arrière ban.
Et partager sa fête, l’air est serein et bon !
Qu'est ce qu'une catherinette ?
Le 25 novembre, jour de la Sainte Catherine. Ce jour là, on célèbre les Catherine mais aussi les Catherinette, une tradition qui remonte au le XVIème siècle et persiste encore dans quelques villes et villages et surtout à Paris.
Qu'est-ce qu'une Catherinette ?
C'est une jeune femme qui ayant atteint 25 ans n'est toujours pas mariée. L'Etymologie grecque de ce prénom est katharos qui veut dire pur.
Le 25 novembre les Catherinettes arborent un chapeau de couleur verte et jaune car on dit qu'elle "coiffent Ste Catherine". La tradition voulait en effet que les jeunes femmes renouvellent la coiffure de la statue de la sainte dans les églises. C'est aujourd'hui la fête des modistes (les créateurs de chapeaux).
Pour en ... sur la Sainte Catherine
Aujourd'hui, de plus en plus de jeunes femmes et jeunes hommes se marient tard ou ne se marient plus du tout. On reste plus tard chez ses parents (phénomène "Tanguy", le dernier film d'Etienne Chatiliez) et on vit en concubinage. Si être célibataire à 25 ans et plus n'est plus une honte, de nombreux films traitent tout de même du problème de célibat et de solitude chez les femmes ("Bridget Jones", "Irène"). Les jeunes hommes célibataires ont d'ailleurs également leur Saint protecteur avec Saint Nicolas ("porter la crosse de Nicolas")
Bonne fête aux Catherine et Catherinette
11:53 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
04.03.2010
A la fourbe
Voyons, me dit-elle, que fais-tu au chat ?
Cette apostrophe avilissante, m’amocha.
Sacredieu, question qui me désenchanta.
Moi aspirant à l’amitié, elle me dérouta.
Quoi, je restais, ébaubi aux propos insanes,
Outre de colère, mesquinement; mélomane,
Moi l’écrivaillon, le verbeux gaudriole.
J’abhorre ledit écart, lancé au vitriol.
Ton docte entretien, puisé dare-dare,
Ta désolation plaintive, me laisse hagard,
M’ébranle et je ne suis pas un ringard.
La nuit porte conseil, dis-je, honni cafard.
Ce pamphlet accouché pour ma plaisante,
Y trouvera mots et passim, Ô l’attirante.
Oyez, nos noms s’embrassèrent « fi samae »
Avant de descendre sur terre, chère Asmae !
J’aime à dire, tes traits et ta « hafrate zine »
M’embaument, me dis, «achdak lezine?»
Je m’ébahis, hébété, Moi le mesquine !
Je rime ces iambes, muse que je taquine.
Salé, le 03 Mars 2010 à 02h 30 de relevée
21:52 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
06.12.2009
Mecontemporain suite 14
- Papa, cria Randa lançant un haro ! C’est lui mon agresseur de l’autre jour devant le GAB.
Le père se rua sur le machiavélique, avec impétuosité. Il l’empoigna par le collet et s’en saisit, jusqu’à l’étrangler. Le malotru s’essouffla pour se défendre et ses yeux allaient sortir de la tête.
- Qu’est ce que tu as, lâches moi, dit-il sans voix avec une expression noire.
- Espèce de fripouille, rétorqua l’empoigneur. Tu t’attaques à des filles sans défense.
- Je suis un marin. Enlève ta main, si non tu regretteras cette empoignade.
- Quelle audace et quelle méthode apagogique pour se disculper! Dis-je à Brahim pour lui donner le temps de reprendre son récit.
Après avoir bu une gorgée d’eau, il reprit la narration.
- Oui, dit le père, tu es un pirate et un passe-volant! Arrêtes de Feindre, tu es pris cette fois-ci. Tu feindras devant le poste de police.
- Je me rappelle fort de toi volereau, ajouta Randa. Ton ignoble figure est restée incrustée et indélébile dans ma mémoire. La même tenue d’un mamamouchi pour arnaquer les innocents. C’est moi la victime d’il y a un mois devant la banque. J’ai en main le billet de déposition au commissariat. Selon la loi, une arrestation est précédée d'une plainte portée à la police par un citoyen qui est victime d'une infraction criminelle. Je suis capacitaire en droit.
- Je ne t’ai jamais vue, ce n’est pas moi, avança-t-il. Il voulait pleurer en se débattant pour fuir.
- Et Lina ? Lui dis-je interrompant la parole.
- Durant ce laps de temps, poursuit-il, Lila ébahie par cette scène, ne sut à quel saint se vouer. Doit-elle croire son ami ou l’empoigneur ? Elle pressentit un instant que son ami bluffât pour se défendre. Elle ne savait s‘il était de la marine marchande ou un pêcheur en eau troublée. Elle ne se douta point qu’il fût un imposteur et pourquoi pas un monte-en-l’air. Durant ses ambages, le peccable ne mentait pas, il est pécheur. Elle voulut quitter l’algarade par crainte d’être impliquée dans cette magouille. En son for intérieur, elle remercia le ciel, l’homme et sa fille de la sauver de ce débauché. Elle bénissait ses parents et la chance ce triumvirat qu’ils l’obvient à ce voleur de grand chemin. Elle baissa les yeux pour afficher sa désapprobation, dégoutant son bégum. L’empoigneur l’emmena au poste de police, sous les yeux terrifiés de la foule et de Lina ahuries, de voir l’hydre, ce happe-bourse arrêté.
- Un vrai pagnote. On ne discute pas avec un voleur. On le cambriole (Arthur), dis-je. C’est un sans feu ni lieu et un sans foi ni loi. Et que c’est-il passé après ?
- Je ne sais, je suis parti chez moi.
01:06 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
20.10.2009
Mécontemporain Episode 13
Le lendemain, je repris le chemin du travail comme de coutume. Je dus trimer sans répit. Notre journal avait lancé un concours pour les jeunes écrivains en herbe. Le sujet consistait à écrire un article sur l’histoire du Maroc ou une histoire vécue de prés.
Le courrier est énorme, car plusieurs prétendants ont participé à ce concours mémorialistes. Ils y avaient des chroniqueurs, des annalistes et aussi des scribouilleurs. Les écrits de deux jeunes lauréats attirèrent mon attention. Souki, fille originaire du sud a un style originel.
Dans son récit vécu, elle narra un fait fortuit survenu l’été dernier lors du transport d’un groupe d’hommes et de femmes vers un village voisin, dans un Mitsubishi. Sur la carrosserie le groupement chantait au son du Taskiwin , une forme particulière de l’ahwash . Une danse accompagnée de flûtes (Ghitaa) et de tambours qui mit en transe les convives au mariage. Les hommes hissaient des drapeaux aux couleurs vives. Les femmes brandissaient des roseaux au bout desquels elles accrochèrent un bouquet de fleurs et de menthe ainsi que des billets de banque de 100(Elqarfi) et de 200 dh(Zriga).
Le véhicule alla à toute vitesse. Le hasard voulu qu’une cigogne, ce jour, n’eut trouvé de proies qu’un serpent, au lieu de musaraignes, vers de terre, poissons, têtards ou grenouilles. En survolant le Mitsubishi, le serpent après une série de tractations, força l’échassier à ouvrir ses mandibules, et à lâcher l’ophidien, un serpent cocu qui vint tomber juste sur le groupe. La liesse et la joie muèrent en panique et affolement. Les femmes crièrent de frayeur et d’effroi. Les hommes sautèrent de par-dessus la carrosserie. Les femmes firent de même « sauve qui peut ». Une invitée en sautant se fracassa le crâne décéda sur le coup.
Le chauffeur pris au dépourvu gara et freina subitement le camion, descendit de la cabine et vint constater les dégâts. Deux corps gisaient non loin à 100 m. Des rescapés vinrent expliquer le mélodrame. Le bilan deux morts et quelques blessés.
Les invités indemnes prirent leurs portables pour aviser les leurs, en évitant lors de leur discussions de dire Mitsubishi. Cette appellation est indécente dans le Souss, (l’accueil de la femme). Ils disaient avec un sourire maquillé « Le grand camion blanc ». Quant au serpent cocu, il fut piétiné par un « courageux » qui le prit par la queue en disant à haute voix : On a tué le serpent qui causa cet accident ! (qatalna Attouebane).
Après la sortie du travail, je me dirigeais vers le café. Je demandais un soda. Quelques minutes, que voici mon ami.
- Bonjour. Cela fait longtemps que tu es là.
- Non. Mais il y a juste cinq minutes
- Cet après midi, je n’ai travaillé. Les élèves ont séché un cours. Je suis passé par là et j ai trouvé un incident que les loubards ont tous vu à midi.
- Quel incident ?
- Une dame qui travaille dans l’assurance en face eut un problème. L’homme qui était avec elle, était recherché pour escroquerie.
- Quelle dame ? Envahi par la peur et la désillusion. Je pensai à ma future dulcinée.
- C’est une femme qui travaille dans cette assurance. Elle s’appelle Lila, une femme de père marocain et de mère tunisienne. Son père lors de son voyage à la Mecque a rencontré une tunisienne à Sfax, tomba en relation avec elle et décida de se marier renonçant au pèlerinage. Ils procréèrent trois enfants, deux filles et un garçon. Lina l’aînée, celle qui travaille en face, fit la connaissance d’un autre marocain natif de Soussa (Tunisie), qui rejoignit le Maroc après l’obtention d’un diplôme de journalisme. Ils célébrèrent un faste mariage à Agadir. Ils résident dans le quartier voisin.
- Eh ben, mon ami tu es mqaddem al houma (employé municipal). Tu connais tout le monde !
- Non, mais c’est que leur fille Jouhaina, orpheline de 5 ans, prend des cours d’intensification le soir chez moi.
- Donc sa mère est veuve !
- Oui, son pauvre mari est décédé il y a presque six mois dans un accident de circulation sur la route côtière entre Tanger et Tétouan. Il était en compagnie d’amis tunisiens. Le chauffeur qui conduisait une voiture de location, avait bu un verre de trop. Et comme on dit le cent appelle le sang, ils périrent les trois dans la catastrophe en percutant un arbre.
- Oui mais quelle est la corrélation entre la veuve et l’incident de ce matin.
- Je vois que tu t’intéresses à ce sujet ? Me dit-il, affichant un léger sourire. Vas-tu faire une chronique des faits divers pour ton journal ?
- Une simple curiosité, rétorquai-je.
- Le corrélatif c’est qu’un homme remarqua la dame il y a peu. Il l’approcha, je ne sais comment elle finit par faiblesse ou par solitude à se plier à son charme. Ainsi chaque soir à sa sortie du travail, il l’attendait devant le siège, pour l’accompagner à la maison.
- Sans doute un flibustier dis-je, sans vouloir lui couper la parole.
- Mais cet homme est un imposteur. C’est un brigand. Un jour il se posta devant le guichet automatique d’une banque attendant sa proie. Voyant et épiant une fille esseulée. Il l’a vit composer son numéro de code après qu’elle introduisit sa carte bancaire, et tira 700 dh flambant neufs. En comptant ses billets le filou s’approchât de sa victime et lui dit :
- Mademoiselle cette somme est à moi.
- Non rouspéta-t-elle c’est mon argent !
- Faites voir. Elle s’exécuta innocemment et le gars lui happa les billets de sa main, les mit dans sa poche et commença à la gronder et à crier à haute voix
- Salope, tu m’as ruinée. A cause de toi, j’ai délaissé ma famille et mes enfants. Tu ne cesses de me harceler.
Emportée par le courroux de cet énergumène, elle ne savait à quel saint se vouer et craignait que les flâneurs qui commençaient à se rassembler ne croient aux mensonges de ce malandrin.
- Fous moi la paix et cesse de me tracasser veux-tu et quitta sa victime.
Elle abomina cet ostrogoth, ce rabat-joie et appréhenda qu’un voisin du quartier n’assistât à ce mélodrame. Elle dédaigna l’ignominie de ce chenapan, sa vilénie humaine et sa crapulerie. Elle resta coite, béate et aphone.
Elle le regardait s’éloigner en le poursuivant des yeux ce ramassis en se remettant au Ciel. Elle voulait décharger son cœur de cette cupidité et de sa malchance devant cette hogra.
Le hasard veut que, Randa, la victime en passant par cette avenue, reconnaisse le goujat, saluant par bise de joue Lila à sa sortie. Elle le désigna à son père en criant.
- Papa cria Randa lançant un haro, c’est lui mon agresseur de l’autre jour devant le GAB.
A suivre...
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01.08.2009
Mécontemporain Episode 12
A priori, je quittais le café. Aux alentours de 20h, un appel se manifesta sur mon portable GSM. Je reçus une communication. En scrutant l’appelant je lus Médina. Une allégresse m’envoûta.
- Est –ce monsieur Abdou ?
- Oui, rétorquai-je la voix soyeuse. Qui est à l’appareil ? Dis-je malicieusement.
- C’est Médina ! Nous fîmes connaissance il y a deux jours à l’aéroport, lors de votre retour !
- Ah ! Comment allez-vous ? Et les arrivés comment vont-ils ? Je fus surpris du transport dans l’allégresse où elle me mit.
- Ils se portent bien, mais ils sont partis ce jour en détresse à Ouagadougou. Il y a deux jours, le 15 novembre dernier, une amie de ma cousine les informa qu’un grave accident de la circulation s’est produit sur la route, entre Petit-Balé et Ouahabou, faisant 67 morts et 29 blessés dont certains sont dans un état sérieux. Les parents d’Agathe sont parmi les blessés.
- Pas de chance donc, pour ta cousine.
- Oui, elle n’a cela ! Mais, je pense qu’une fois rassurée sur ses parents, ils reviendront au Maroc. Moi aussi je repars au pays, je viens de terminer mon stage. J’ai présenté le mémoire de fin d’étude.
- Ah bon, toi aussi tu quittes les lieux ! Pris au dépourvu, j’oubliai de la féliciter pour la réussite à l’examen de fin de stage.
- J’ai déjà réservé mon billet pour la semaine prochaine, ajouta-t-elle la voix chaude. Je rentre avec mon amie malienne Aissata qui vient de finir un stage à Ifrane. Experte dans l’éducation et l’enseignement des enfants, elle pense créer un institut pour enfants ou une ONG à Bamako, à l’instar de ce qu’elle a vu au Royaume.
La communication s'interrompit soudainement. Je savais qu'elle eut usé de son crédit. Cette annonce me désempara, me démancha. Mes rêveries s’estompaient, s’effaçaient, tout d’un coup. Mais je restai serein. Pour ne point perdre le fil, je composais son numéro. Elle était à l'écoute, puisqu'elle répondit prestement.
- Dommage, dis-je avec amertume. Nous n’aurons pas l’occasion de nous revoir Médina. Que puis-je te dire en ce moment. Je te souhaite un plein succès dans ton travail.
- Merci Abdou. Je garderais un bon souvenir inoubliable et indélébile sur mon séjour dans votre si beau et hospitalier Maroc. Je suis conquise par le charme des marocains. Je ne me suis sentie, à aucun moment étrangère, à Casablanca. Beaucoup de choses de votre pays me manqueront. Entre autres, le thé à la menthe avec corne de gazelle, le couscous, la bastilla (farce aux poulets et amendes), lahrira (soupe) et les délicieuses oranges, pour ne citer que ceux là.
- Je veux vous remercier deux fois, Médina, pour votre reconnaissance et votre affection.
- Abdou, si vous le permettez, envoyer moi par SMS, votre email. Ainsi, nous resterons en contact par courriel.
- Volontiers, avec plaisir. Je vous l’enverrais ma bachelette.
- Bachelette, c'est quoi Abdou? Ce n'est pas un diplôme, me dit-elle souriante.
- C'est la jeune et gracieuse jeune fille !
- De grâce Abdou, compliment très touchant monsieur barbacole, mais ni pédant, ni prétentieux.
- Merci, et aussi ni pet-de-loup. C'est vrai ce fut mon rêve d'être magister dans une école de campagne et que maintenant, je perds itou, une épigone Burkinabèse qui me suivait dans mes dits.
- Dommage pour ton apprenante, je me remémorerai de tes blandices qui me charment le cœur et l'âme. Vous gavez les disciples. Mais qui sait, je projette revenir y passer mon prochain congé. J'aurai aimé ton amitié. Ma cousine n'a cessé de louer votre amabilité. J'aurai apprécié la vôtre, que celles de certains godelureaux. Vous êtes mirliflore, votre compagnie est sûrement agréable.
- Médina, vous n'êtes pas pleure- pain dans les louanges. Je suis à votre entière disposition si vous revenez à Rabat. Faites comme ce que j’ai fait, pour revenir dans un pays. En Espagne, j’ai laissé mon mocassin wenston usé. En Mauritanie, j’ai laissé exprès une alpargate. Croyez moi j’y suis retourné dans les deux pays.
- Si c’était un autre que toi Abdou, je dirai que c’est une histoire racombolesque. Et moi dans ce cas, dois-je oublier à Casa, mon sabot youyou ? dit-elle, amusant ainsi, mon désappointement pour son départ.
- Faites-le et vous serez accueillie avec le youyou marocain et du lait et dattes comme offrande, dis-je sans acrimonie.
Je voulais apertement lui dire que j'avais tant envie de revoir « l’amande grillée »et inhaler l’Hipnotic poison. Mais j'évitai de m'assoter de ridicule passion ou d'être un attrape -minons, cet hypocrite qui charme les simples esseulées.
Nous nous quittâmes sur une salutation de part et d’autre avec une promesse de nous écrire. Le désenchantement, l’amertume m’envahirent. La désillusion m’est connue et je devins à cet instant son abonné. Je repris pieds à terre et délaisser le mirage. La raison révéla ma sagesse. Demain sera meilleur !
A suivre..../....
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31.03.2009
Mécontemporain Episode 11
Momentanément désamorcé, je repris mon ami le livre et m’y plongeai dans la lecture de « La terre » d’Emile Zola, pour ne point rabougrir mes instincts, et aussi pour dissiper mes rêves et ma cécité morale. Une œuvre captivante et entraînante, pour induire en errance mon imagination. Une heure de lecture assidue. A jour failli, j’allai me lever, quand une vieille connaissance me rejoignit à table.
- Ah te voilà !me lança-t-il.
- Et me voilà. Quel bon vent t’amène !
- Ce matin je sentis des démangeaisons de ma lèvre supérieure, me lança-t-il. Je doutais que j’allais rencontrer une très proche personne. Je n’ai nullement songé à toi ! (Chez nous, le picotement de la lèvre est signe d’une rencontre avec un absent distant)
- Dire que moi aussi, toute la matinée, je sentais des chatouillements sur la paume de ma main gauche. Et je me demandais quel gain, vais-je toucher ? Rétorquai-je. Je grinçai les dents.
Mon vieil ami sait que j’eus toujours mon portefeuille continuellement garni. Dans l’embarras d’argent mignon il y a six mois, il vint m’emprunter un montant pour l’achat des caprices et des fantaisies. Depuis lors, je ne le revis guère. Il vendit la ruelle et l’avenue comme disent nos épiciers. Mais j’évitai de le contacter pour demander mon du et la remise de la dette.
Durant un laps de temps, je feignis dire un mot pour ne point ni l’offenser, ni le froisser. Mais je me demandai la raison de son arrivée à ma rencontre. Est-ce le hasard ? C’était la fin du mois, et je fus sure et certain qu’il n’ait le rond. Je me demandai si je serai encore une fois sa victime, un macchabée.
Je fis signe au garçon du café pour lui servir une boisson.
- Bonjour Addi, dit-il au garçon. Je veux bien prendre un cocktail Isla Mona, si votre établissement a du lait frais de noix de coco, dit -il.
- Désolé monsieur Brahim, nous n’avons pas ce lait, répondit le serveur.
- Soit ! Un jus de pomme si vous le permettez.
- Un jus de poire pour moi aussi, dis-je. (Je ne serai une poire ce soir).
Le serveur nous quitta et je dis plaisantant à mon invité.
- Tu es connu dans cet endroit. Dis moi, où as-tu vu encore ce cocktail Isla Mona ? Est-ce dans un roman d’Agatha Christie ?
- De prime abord, je suis client de ce café. J’habite deux ruelles à gauche. J’ai déjà consommé cette délicieuse boisson dans le café Agatha juste à coté. Nous irons le déguster la prochaine fois, si tu le souhaites.
- Incha allah (Si Dieu le veut).
- As-tu lu « Dix petits nègres » D’Agatha ?
- Oui, mais il me semble si j’ai bonne mémoire, l’assassin qui a décidé d’éliminer ses dix petits camarades un par un, en suivant les vers d'une comptine pour enfant. Il s’agit aussi de Mona lisa.
- Le patron, fervent lecteur des séries noires, eut l’idée de concevoir ce délicieux jus. Il a même offert un collier Agatha grain de café à sa seconde femme.
- Au fait, comment vont madame et les enfants ? Dis-je pour détourner la conversation.
- Couci-couça. La semaine dernière l’aînée a attrapé les oreillons, et cette semaine, son cadet eut une entorse de cheville lors d’un match de football des jeux scolaires. Et madame depuis quelques mois souffre de la goutte.
- Que Dieu parfait et hâte leurs guérisons. Il te faut un grand courage pour affronter ces incommodités.
- Amen ! Merci mon ami Abdou, Ce n’est pas que cela, ma sœur cadette a demandé le divorce pour discorde (chiqaq), son époux gaspille son gain dans les jeux du hasard. La nouvelle moudawana permet à la femme de divorcer presque sans conditions. Un malheur ne vient jamais seul. Mes parents doivent chercher un autre logement. Pour agrandir une ruelle, les autorités vont démolir toutes les maisons avoisinantes dans la cité.
Je me taisais, n’osant rien ajouter. Je savais que mon débiteur mystifiait et inventait pour cacher ses maux de dettes. Il excellait dans les menteries. Je feignis rire en pensant à un rébarbatif qui disait chaque jour, Que Dieu me fraie une voie (Allah ijib chi triq). Son vœu s’exauça lorsque les services de la municipalité vinrent l’informer, un matin,que sa maison doit être démolie. Le plan d’aménagement du quartier, prévoyait agrandissement de la rue.
- Abdou, tu es mon seul bienfaiteur, ajouta-t-il. Je te dois combien au juste ?
- Voyons tu ne me dois rien, dis-je, en tirant une grande bouffée de ma cibiche. Je devinai son carambouillage. (Le corbeau, honteux et confus,
Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus. La Fontaine)
- Dis moi, Abdou. Un ami, ressortissant à l’étranger, a amené un ordinateur portable Dell D610 presque neuf. Il veut le vendre. Vu son bas prix, j’ai pensé à toi. C’est une occasion qu’il ne faut pas rater.
- Ah ! Je veux bien, mais tu viens en retard. Il y a cinq jours, j’ai acquis un LG papillon. C’est bien dommage, rétorquais-je.
Je méditai une neuvaine de prières pour que les saints m’épargnent de ses filouteries. Mais mon instinct me disait que j’ai besoin de ses services dans ce quartier. Qui sait ?
- Oui, c’est beau dommage. Aujourd’hui est un jour sans, je n’ai pas de chance, murmura-t-il. Je dois rejoindre mes élèves, je donne des cours du soir de rattrapage, dans une école privée. Au revoir Si Abdou !
S’adressant au serveur et faisant semblant de chercher l’argent.
- Je te dois combien Addi ?
- Laisse, Brahim, C’est moi qui règle la consommation. Vas et bon courage. Demain si tu as le temps, je serai à la même place aux environs de 16h.
- Soit, je viendrai incha Allah. Comme aujourd’hui, je passerai avant d’aller au cours.
- D’accord répondis-je.
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20.02.2009
Mécontemporain Episode 10
Je ne bougeai d’un iota. Mon ami Ghrib m’appela, me tira des songes et de ma torpeur. Je fus envahi par le charme de Medina. Nous devînmes regagner ensemble la capitale.
- Puis-je disposer, dis-je, avec le soupçon de tristesse dans la voix, interrompant leur discussion.
- Sans problème Abdou. Mais avant de nous quitter, je vous demanderais de bien vouloir me laisser vos coordonnées, sachez que je voudrais sincérement vous revoir, après les consultations de madame.
- Soit, avec grand plaisir, monsieur…
- En voilà des façons, j’ai présenté ma femme et sa cousine, en omettant de le faire moi-même. Je m’appelle Abderrahim.
- Enchanté Abderrahim
Se tournant vers Medina, il lui demanda de prendre le numéro de mon GSM.
- Je ne suis pas abonné à aucun réseau du pays, me dit-il, et Médina, sera notre parfaite coordinatrice.
J’énonçai mon numéro et Medina le transcrivit, gênée, toute rubiconde dans son léger sourire. Belle jusqu’au trognon, un chou, un cœur.
Nous nous échangeâmes les coordonnées respectives. Je souris poliment, mêmement je fus confus sous l’emprise de la gêne.
- Surtout monsieur Abdou, ne nous mettez pas dans l’oubliance. Consacrez nous un moment, nous sommes honorés de votre connaissance.
- De grâce, Abderrahim, ma disponibilité de sympathie englobera, croyez moi, la fantaisie du temps. J’attends votre signe pour vous revoir.
Je disais cette politesse, sans hypocrisie, en regardant dans les yeux Medina. Je les saluai promptement pour rejoindre mon collègue. Une heureuse aubaine que je quittai, marchant doucement vers mon ami. Je flottais entre l’espérance et la désespérance. Le diable sait pourquoi !
Le lendemain, après l’entrevue avec notre responsable, et la remise du rapport de mission, je me dirigeai comme de coutume, au café Pachalik. Aucune trace de la P.307. J’attendis la sortie en sirotant ma tasse de nectar du café. Je vis une silhouette, l’allure saccadée. C’est elle! Elle ne porte plus la blanche djellaba . Elle vêt un patron en velours bleu royal, qui lui va à merveille. Son coiffage et sa tournure étiquettent sa singulière élégance. Elle chausse des Balmain. Une jolie coquetterie. Elle traversa la rue, en direction de la terrasse où, je pris place. Elle arbora un sourire qui contint un léger soupçon de joie. Un sourire que je pensai pour moi. Elle vint vers un homme qui l’attendait juste devant la terrasse. Elle lui fit un bon visage. Apres une bise de salut, ils quittèrent ma vue, main dans la main. Mes yeux brillèrent comme chardons ardents. Je me meurs. Je n’eus jamais éprouvé de pire.
Une jalousie secrète me creva. Je les regardai de loin, avec un œil d’envie. Adieu veau, vache et mouton! A chacun sa chacune, me dis – je. "Mais ses yeux restaient secs, brûlants de larmes qui ne s'épanchaient pas. Aucune jalousie du reste, ni révolte, ni mouvement de haine. Rien que le vaste sentiment de la douleur qui, envahissant tout son être, se confondait avec lui. Des flammes fulgurantes passaient devant ses yeux (MOSELLY)".
Cependant, de derrière par la tête, la physionomie de son compagnon ne m’inspira point confiance. Il a l’air d’un zigoto. Son snobisme et afféterie lui donnent un air d’arnaqueur. Tout dernièrement l’on me conta l’histoire d’un radin qui un jour passa chez la boucherie pour se payer une livre de viande. Il entendit, un homme respectablement habillé, demander, quatre kilos de viandes, deux kilos de viande hachée, un kilo de saucissons. Dés qu’il quitta la boucherie, le ladre apostropha la bouchère.
- Qui est ce gars ?
- Vas… ! Vas…! Vas...!Wallah tu m’as fait rire ! Qui ne connaît pas Taibi Moullerdouze!(Bonhomme proprietaitre d'une R12) C’est un quidam qui ne travaille guère. Son violon d’Ingres c’est de guetter les veuves. Il s’active à dénigrer leurs points faibles, à les charmer et les épouser. Dés qu’il dilapide son avoir, Il délaisse la pauvre et s’en va quérir une autre victime.
En entendant cela, ipso facto l’harpagon dit à la bouchère.
- Donnez moi un kilo de filet de bœuf et un kilo de carré d’agneau.
En remettant ses achats à son conjoint, hébétée elle lui demande :
- Pourquoi as-tu acheté toute cette quantité de viande ?
- Je préfère que ce soit moi qui les consomme et non Taibi Moullerdouze, rétorqua-t-il.
J’espère que je n’ai pas donné libre pensée à la folle du logis, mon imagination ! Il se peut que maîtresse jalousie m’édicte ces lugubres pensées .Pourvu que je me trompasse.
Sur ces entrefaites, une tristesse muette s’empara de moi. Moi qui rêvai, espérai son amitié et son amour. Est-ce mon absence de la scène ces derniers jours, qui causa cette perte ? Tel un soliloque, je me parlai à moi-même. Naguère il m’arriva souvent, de me fâcher pour passer le temps. Cependant, présentement, il ne fallait qu’une goutte pour que le verre déborde, et je fus ce vase plein de larmes. Un vase de tristesse. Mon optimisme me rassura, une de perdue deux de retrouvées. Je ne me découragerai point, j’éviterai la morosité. Je laisse les choses suivre leur cheminement spontané. J’irai sous d’autres cieux. J’oublierai cette mésaventure d’occasion, pour une aventure galante avec une dame fofolle. "Chez elle la passion est un feu follet qui s'éteint subitement après avoir allumé un incendie. MERIMEE"
A suivre......
Salé, le 19.02.09
01:48 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
03.01.2009
Mécontemporain Episode 9
J’entamai l’explication, et les deux s’attentionnèrent tout ouïe. Ils me regardèrent, tendus, assoiffés d’un intérêt qui l’étonnaient. Je leur expliquai l’utilité du Kombucha. Cette boisson exotique et ancienne provenant de Chine et deux fois millénaire. On l’appelle aussi en Russie, l’extraordinaire boisson de santé. Comme beaucoup d’aliments fermentés et certainement plus que tout autres, le Kombucha rend des services énormes aux malades et à l’humanité toute entière. Pour la préparer la première fois, cette boisson pétillante et fermentée, il faut se procurer un champignon. Il se présente comme un disque de couleur crème, un peu épais, souple, sa texture ressemble à quelque chose de gélifié.
- Waili (parbleu), rien qu’avec le thé vert ! C’est extraordinaire.
Mon voisin tira un stylo et sur un vade-mecum, il nota des bribes de mes indications. De temps à autres, je jetai un coup d’œil à mon ami Ghrib, pour le rassurer d’un clin d’œil.
- On ne peut acheter le champignon kombucha, continuai-je, mais on peut le trouver chez un bénévole qui vous en offrira le champignon. Ce qui est extraordinaire, c’est qu’à chaque préparation d’une nouvelle boisson, il se forme un nouveau champignon. Au début, le champignon est fin puis au fur et à mesure des utilisations, il grossit, il s’épaissit.
- C’est très intéressant, s’exclama-t-il. Je remercie le ciel qui me permit de vous rencontrer Monsieur. J’ignorais ce remède magistral. Quelles sont les spécificités de cette acescence, si vous le permettez ?
Je continuai mon cours magistral, sans discourir.
- Il a été utilisé à des fins thérapeutiques sous forme de boisson et de gouttes par le Docteur Rudolf Sklenar pendant plus de trente ans. Ce procédé est actif pour diverses maladies du métabolisme, également pour les maladies chroniques. Des résultats positifs ont été obtenus en particulier dans le traitement des cancers à divers stades. Il n'a pas été possible de déterminer des effets secondaires ou ultérieurs indésirables. En consommant la boisson, on remarque une amélioration du métabolisme, la surproduction de graisse et de cholestérol est freinée ou supprimée. Dans les années 60 en Allemagne, cette boisson était très consommée et vivement recommandée comme boisson quotidienne dans les cas de goutte, rhumatisme, troubles hémorroïdaux.
Et tout le long de cette discussion, sa femme écoutait. Elle s’accotait sur l’épaule de son époux. Elle soufflait à son mari les mots non- retenus. Elle se disait, aux grands maux de grands remèdes.
- Mais comment pourrons-nous en avoir Monsieur ? dit-elle, roulant les R d’une voix guturale. Avez-vous les cordonnées du bienfaiteur?
- Oui madame, je vais vous soufflez son email et son site sur internet. Mais avant cela, je vous conseille de faire une recherche sur le net pour lire les utilités de cette boisson, ignorée par le public. C’est facile et c’est gratuit.
- Merci monsieur pour ces initiations, reprit mon voisin. Le hasard fait bien les choses. Mes concitoyens marocains sont toujours aimables et serviables. Grâce à Dieu il existe toujours cette entraide entre nous. Une petite question si vous permettez !
- Oui, dis-je, sans m’empêcher d’acquiescer.
- Vous êtes de quelle ville ?
- De Rabat, pourquoi ?
- Ce n’est loin. Si vous permettez, accepterez vous mon amitié. Durant mon séjour, je voudrai vous revoir. Prendre un dîner ensemble, pourquoi pas.
- Avec grand plaisir. Et je le priai de noter mes repères.
Le haut-parleur annonça l’amorçage de la descente vers l’aéroport de Casablanca. Chacun des passagers, reprit sa place. Et l’atterrissage fut dix minutes après, dans de bonnes conditions. Nous descendîmes et regagnâmes le tapis roulant pour récupérer nos bagages. Mes deux voisins, mon ami Ghrib et moi passâmes les formalités des douanes et sortîmes.
A la sortie, j’aperçus une foule gens dans la salle d’attente. Je savais qu’aucun ne m’attendait. Subito presto, je remarquai une jeune et belle fille élancée, le teint ambré mouvant en notre direction. L’ambre qui marche, pensai-je. Elle tenait un bouquet de fleurs à la main. Une mignonnette portant des oeillets mignardises. Par son teint, elle était à l’accueil de mes voisins. De la famille sans doute. Un bonheur de retrouvaille se dégagea des bises et embrassades avec effusion. Je restai quoi, je ne dis mot.
- Je vous présente, Médina, une cousine de ma femme Agathe. Lauréate de l’Institut National de la Statistique et de la Démographie, elle poursuit un stage de formation, de longue durée au Maroc.
- Honoré, dis-je avec non sans-gêne. Abdou, agencier, je balbutiai.
Je réparai ainsi, l’oubli que j’eusse omis, de me présenter durant le voyage.
- Charmée, Le voyage s’est bien passé, nous apostropha-t-elle avec une gentillesse mignonne.
Elle était vivante, très sympathique. L’éclat étrange et vif de ses yeux me fascina. Des accroches cœurs effilés sur le visage. Des zestes d’espoir pensais-je. Ils caractérisaient la cramoisissure de ses joues teintées de rouge, signe de bonne santé. Elle avait une cocarde autour du cou. Mon satané esprit, me souffla, que le fait d’enrouler le foulard sur le cou, cache les longs baisers coriaces, causant des ecchymoses. Elle portait un parfum envoûtant, possiblement Hypnotic poison. Subitement, pendant qu’ils devisaient, une rêverie me prit. Je songeai baguenauder Médina, dans des allées et venues dans des charmilles, comme une cadine de mon sérail. Je fus toujours attiré par le teint basané d’une femme. Le genre qu’on appelle chez nous « Louiza maqliya » (Amande grillée). Je grillai de curiosité, d’impatience pour la connaître. Accointe-toi avec Médina, abjure tout autre, me disais-je.
Elle mest promise,
Fort heureusement!
Mais quelle entreprise
Que d'être amant
Près d'une promise! P.Verlaine.
Le 03 Janvier 2009
A suivre…/….
16:54 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

