23.07.2008
Meconremporain suite 5
Salé, le 23 Juillet 2008
Le lendemain aussitôt, le petit-déjeuner continental consommé (sans de journal), Gharib et moi primes le minibus affecté au déplacement des conférenciers, intervenants et journalistes. Le 11ème forum s’est ouvert au palais des congrès, en présence de plusieurs experts africains et internationaux. La rencontre porta sur la gestion des ressources en eau, la sécurité alimentaire en Afrique de l'ouest, au Tchad et au Cameroun. Par ailleurs la sécheresse et la pluviométrie furent à l’ordre du jour.
Dans ce contexte et dans le cadre de la coopération sud - sud, le Maroc a acquis des méthodes de déclenchement de pluies artificielles. « En effet, la vision de Feu Sa Majesté Hassan II a fait de la météorologie marocaine un fleuron de technologie au service du développement des différents secteurs socio-économiques du pays. Ainsi, le développement de notre météorologie a été mis au service de la coopération avec le continent africain, notamment dans le domaine de la pluie artificielle, la prévision numérique, l'assistance aéronautique, l'agro- météorologie, et l'hydrométéorologie. Le renforcement de cette stratégie par Sa Majesté Mohammed VI repositionne la météorologie marocaine face à de nouvelles orientations, et a permis à la Direction de la météorologie nationale, d'intégrer le Comité européen en tant que membre à part entière dans le Centre européen de la météorologie et a favorisé la désignation du Maroc au sein de l'OMM, en tant que Centre régional des instruments pour l'ensemble de l'Afrique.
Le forum dura deux jours. L’ensemble des acteurs devraient redoubler de vigilance et d’opter pour des actions combinées.
Le forum terminé, le soir je rejoignis la résidence. Je pris place dans le hall pour demander une tasse de café. Je fus servi. Que voici la gérante qui me salua avec un sourire éternel.
- Labass, kif dayer enta ? me demanda-t-elle, avec un accent marocain européanisé. (Bonjour, comment vas-tu ?)
- Bien merci, répondis-je pris au dépourvu. Française, j’ignorais qu’elle parle le dialecte marocain avec un léger accent.
Je me levai pour la saluer, mais l’esprit rêver autrement qu’il ne pensai. Je laissai à la dame la politesse de s’asseoir. Je ne voulu l’inviter par respect, mais je lui laissé toute latitude pour me rejoindre à ma table. Je fus son invité. Elle prit place, je fis de même. Elle portait un si beau parfum, que mon sens olfactif connut pour un Chanel 5. Je la trouvai mignonnette, coquette, charmante, un sourire léger et délicieux, un long cou mince avec un petit nez adorable. Des doigts minces sans alliance (Je te donnerai une robe d'épouse, je passerai mon anneau à ton doigt Claudel). Une chevelure drue avec des zestes d’espoir. Le reflet du chemisier rouge bonbon, reflétait sur ses joues devenues roses. Je me présente, Corinne en grec Kora, cœur de jeune fille. J’ai vécu à Rabat avec mon ex mari marocain. J’ai de beaux et bons souvenirs de cette charmante ville. J’y trouvai la quiétude, la sécurité et le civisme. Je résidais au quartier Hassan.
- Honoré dis-je, pour taire mon silence.
- J’ai des amis à Rabat, reprit-elle le sourire omniprésent. Mon séjour était entouré d’amis éprouvés, humbles, modestes au cœur ouvert aux discussions sereines.
- Vous vivez seule dans cette ville ? demandai-je.
- Non ! répondit-elle avec une timidité charmante, les joues rubicondes, le regard intense, profond et tourment. Je vis avec ma fille. C’est mon rayon de soleil.
- Que le Très haut vous préserve Corinne. Puis-je vous demander un avis Madame ?
- Avec plaisir Monsieur, reprenant son sourire stabilisateur.
- Vous qui ait connu le Maroc. Quel présent vous me conseillassiez pour une favorite.
- Un bijou qui porte le message d'amour, répondit-elle. C’est la croix d'Agadez. L'origine de la croix d'Agadez c’est qu’un jeune homme voulait déclarer sa flamme à la jeune fille de son cœur mais il ne savait comment faire car celle-ci était enfermée chez elle. Il eut l'idée de faire appel au forgeron du village. Il faut savoir que le forgeron a une place très importante dans la société touarègue car c'est lui qui fabrique les instruments de cuisine, qui usine toutes les pièces métalliques dont on peut avoir besoin et qui fabrique aussi les bijoux pour les femmes. A ce titre, il a le droit d'entrée dans toutes les familles avec qui il commerce, et même en cas de guerre, il est de ceux dont la vie est préservée. C'est dire son importance. Ainsi donc notre forgeron se voit confier la mission de transmettre un message d'amour. Comment faire ? Comment dire son amour en toute discrétion ? Ce sera un bijou qui portera le message amour. AMOUR se dit T (o) R (a) en tamachek, qui se représente par les signes + et O. L'agencement des lettres + et O se combinent pour donner l'ébauche de la croix d'Agadez, les fioritures autour étant là pour maquiller un message trop explicite, et peut-être aussi pour faire plus joli. Voilà, il ne restait plus au forgeron qu’à trouver un prétexte pour aller dans la demeure de la belle, lui glisser discrètement le bijou dans la main et la mission était accomplie.
- C’est étonnant ! dis-je l’air baba. Donc ce sont des pendentifs en argent et non aurifère.
- Vous me forcez le sourire. Ce n’est pas le cas comme au Maroc. Les femmes touarègues ont une peur superstitieuse de l’or, elles n'en portent jamais. L'argent a donc supplanté l'or dans les traditions touaregs. Les bijoux en argent font partie du patrimoine de chaque famille touareg. Ils ont une valeur symbolique, mais aussi bien réelle, car ils servent aussi d'économies et de monnaie d'échange. Chaque bijou est un message qui porte un symbole parfois oublié. Chaque collier porté par une femme touarègue évoque diverses anecdotes et toute l'histoire d'un peuple, d'une ville.
- Merci pour l’initiation. J’irais demain acheter ce bijou porté en sautoir.
- Je vous conseille de voir au grand marché du quartier Yantala. Là je vous laisse pour ne point vous déranger,dit elle en se levant. Je vous remercie pour ce gai entretien.
- Madame, dis-je me levant. Elle leva le regard plaisant sur moi. Vous ne m’avez point dérangé, au contraire, votre franc parler et votre belle allure m’inondèrent de plaisir. Ma verve cherche toujours une bonne et enthousiaste compagnie. Vous le fûtes. Au plaisir de vous revoir Corinne.
- Inchallah, dit-elle le regard satisfait.
Nous échangeâmes un gracieux salut. Comblé, je montai dans ma chambre.
A suivre20:05 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.07.2008
Mécontemporain! (suite 4)
Salé, le 16 Juillet 200 à 23h30 de relevée
Le lendemain nous partîmes à l’aéroport Rabat - Salé. Nous dûmes Gharib et moi passer en transit par Paris, la ville lumière. Nous descendîmes à l’hôtel Ibis. Un splendide établissement dans l’enceinte de l’Aéroport Roissy Charles De gaule. Nous fîmes un court shoping dans les magasins. Au duty free, ce sont des achats à la sauvette, pour rejoindre les chambres, car nous devions coucher tôt pour le long trajet du jour suivant. Je passai une bonne nuit, découchage oblige.
Dès potron-minet nous quittâmes l’hôtel, et c’est sur un Air- bus, que nous fîmes le voyage à Niamey. Une chose me stupéfia lors de l’embarquement des passagers. Avant le décollage, un Stewart tenait un nébuliseur et parfumer « d’insecticide » tout l’espace intérieur de l’avion. Voulut-il pulvériser des moustiques ou ses cousins ? Drôle de largage d’insecticide d’un avion encore au sol !
Le confortable vol, dura huit heures. La manière de service fut excellente et hospitalière. Le temps languit pour les fumeurs, par ce besoin de nicotine. Mais c’est interdit de fumer. Je saisis la durée du vol pour m’informer sur les particularités du Niger. Ce nom vient du touareg “Najjer” signifiant “Fleuve“, ce mot serait à l’origine du mot “Nègre” et aussi du pays connu sous le nom de “Nigéria” également. La singularité de la langue française dans le pays est.
Aujourd’hui soir : veut dire ce soir.
Autrement dit : dans un autre cas, dans le cas contraire.
Boire une cigarette : fumer une cigarette.
Cabiner : déféquer.
Doigté : montrer du doigt.
Douchière : la douche.
Gardinier : jardinier et gardien en même temps.
Zoto ; argent, jeton.
Entonnoir: divorcée.
Frais de taxi : pourboire.
Titulaire : amant, fiancé en titre.
Et c’est deux jours ? : Comment ça va.
En langue locale ; Hana kiwana: comment ça va ? Ethiopienne: Femme très maigre. Kawter : K O.
Je sus aussi l’histoire des touaregs du Niger. Ils sont de lointains cousins des Égyptiens et Marocains, ils ne sont pas Arabes. Les Touaregs sont d´origine Amazigh, ils parlent un dialecte Amazigh ancien et l'écriture Tifinagh dans ses nombreuses variantes régionales, a influencé l'alphabet Berbère d'aujourd'hui. C’est un peuple berbère vivant dans les parties centrale et méridionale du Sahara, traditionnellement nomade mais tendant à se sédentariser. Paul Pandolfi, de l'université Paul-Valéry (Montpellier) « s'est interrogé sur l'origine de cette singularité. Il lui a trouvé une origine ancienne : elle remonte aux premiers contacts directs entre des voyageurs et ces peuples du désert. Dès les années 1860, les Touaregs ont été décrits comme un peuple certes redoutable, mais avant tout mystérieux, indépendant, authentiquement autochtone et peu islamisé. Contrastant à la fois avec les populations arabes d'Afrique du Nord et les Noirs d'Afrique sahélienne, les Touaregs ont été jugés plus civilisés que leurs voisins, culturellement plus proches des Européens. On crut voir dans certaines de leurs moeurs (la monogamie notamment) les traces d'une origine chrétienne oubliée, et on les déclara indubitablement de « race blanche », peut-être même d'origine européenne. Par ailleurs, leur nomadisme était un gage d'insoumission : il s'agissait d'hommes libres qui jamais ne s'étaient soumis aux conquérants arabes ou noirs. Leur mode de vie chevaleresque était un signe de noblesse. Cette image, dont on ne peut dire qu'elle soit fausse, présente toutes les qualités du stéréotype, car elle a su résister à de nombreuses épreuves : l'assassinat du père de Foucauld, le massacre d'une mission française au Niger en 1880, et les examens minutieux du Dr Atgier qui, en 1909, dut constater que beaucoup de Touaregs étaient noirs... Tout cela importa peu : on continua de désigner ces « hommes bleus » du désert comme un peuple nettement plus « blanc » que les autres ». Las de lecture, je fermai Que sais-je ?
Dare-dare nous arrivâmes le soir à Niamey. Le temps fut doux. Après les formalités de l’entrée, les agents d’accueil nous conduisirent à la résidence universitaire, derrière le fleuve Niger. Cité nouvellement construite, qui offre des prestations d’hébergement de qualité et propose des équipements communs de détente. Un jardin tapissé de verdure, des fleurs Helleborus niger, de grands arbres catalpas et l’eau chaude courant. Elle est gérée par une adorable, courtoise et aimable française.
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14.07.2008
Mécontemporain! (suite 3)
Salé, le 14 Juillet 2008 à 20h de relevée.
Prends-en ton content Abdou, tu peux patienter! Je rentrai chez moi. Je me déshabillai et j’entrai dans la salle de bain, pour prendre une douche. Après le bain, j’enfilai mon peignoir, et au moment où je chaussai mes babouches, je constatai que la paire droite surplomber de haut celle de gauche. Une incitation et une invitation au voyage pensai-je! Maintes fois, cette « abordée » de babouche me fut signe d’un déplacement. Prélude avéré vrai et authentique. J’acceptai le présage de bon augure.
Je pris mon dîner. Je lus mon courriel. Je devisai, « clavaudant » au chat, avec une mienne amie connectée. Nous nous échangeâmes une discussion fort aimable. Je fus de bonne humeur. Ma ci-devant, excellait verbalement et ne mit pas son intelligence en jachère. L’âme imbibé, nous nous quittâmes doucereusement, contents l’un et l’autre, pour tomber dans les bras de morphée.
Le lendemain, je quittai tôt mon appartement. D’habitude je ne parlais point avant de prendre mon petit-déjeuner. Mais ce matin en allant vers le café mitoyen, je sifflotai un air inconnu. Un fait rare. Quantes passants, qui à force de nous nous rencontrer matitunalement, me regardèrent abasourdis et stupéfaits. Mais gentiment ils me lançaient, comme de coutume, le salut. Je répondais poliment au salut.
Comme d’habitude, j’acquis mon journal de chez le kiosque. Je demandai au serveur ma crème tirée et ma tranche de gâteau jalousie :
On déjeune en lisant son journal. Tout le jour
On mêle à sa pensée espoir, travail et amour.
(V. Hugo)
Rassasié, j'hélai un taxi pour aller au travail. Ces deniers jours j’évitai d’user ma voiture. Arrivé, je devais passer devant le secrétariat pour rejoindre mon bureau. Ma demoiselle Batoule, la secrétaire du chef, toujours matinale, m’appela:
- Bonjour Abdou, me dit-elle. Es-tu vacciné contre le paludisme, la fièvre jaune et la maladie du sommeil ?
- Oui, affirmai-je, l’abord méfiant. Je suis vacciné contre les maladies du tropique, pour dix ans. Pourquoi, encore un périple ? (En mon for intérieur, souriant, je pensai à mes babouches. Mais aussi j’eus une pensée pour ma nouvelle et future conquête).
- Le patron t’a désigné avec Gharib pour couvrir le 11ème forum sur les prévisions climatiques saisonnières en Afrique de l’Ouest au Niger, me dit-elle avec un sourire léger. Vous partez demain matin. Vos billets d’avion et liquidités de Frais de déplacement et séjour seront là dans une heure.
- Ah le forum du PRESAO, c’est intéressant. Soit ! Je vais de ce pas relire la morasse d’un de nos localiers.
Jadis je fus un articlier, naguère rewriter, me voilà reporter à Niamey. J’irais vaille que vaille !
L’après-midi attardé, je ne pus aller voir ma désirée. Et je me dis, diffère Abdou, diffère à ton retour ! La nuit je préparai ma valise. Mes habits de rechange. Ma trousse de toilette. Mes babouches tant chéries. Des stipules du tilleul et du thym pour des infusions. Maintes fois, le changement climatique atteignit mon métabolisme et me provoquai des somatiques (Je ne suis pas froussard). Mon livre de chevet « La paresseuse ». Mon MP3 et une clé USB. Par précaution, je pris des photos d'identité pour le badge ou l’accréditation au forum. Et enfin un maillot de bain pour la piscine, pour joindre l’utile à l’agréable.
A suivre..
19:15 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
10.07.2008
SONGE
(En hommage à une mienne amie. Mes soins empressés pour cette grande dame)
Le matin, je lu mon journal comme d’habitude. Après les grands titres de la une, je consultai mon horoscope. Ce jour, sur le plan professionnel attendez vous à des imprévus, à des changements de programmes. Soyez prudent et ne faites confiance à personne. Sur le plan sentimental, période euphorique en ce moment. Vous aurez une surprise.
Bien qu’optimiste, attendre c’est espérer la venue de quelqu’un. Ou bien la survenance de quelque chose. Cette étude prédictive des diseurs de bonnes aventures m’ébranla peu ou prou.
Je terminai mon petit-déjeuner et ma lecture, et me décidai à quitter la pâtisserie. En sortant, je vis une femme attablée que je n’eus aperçue lors de ma consultation du quotidien. Une belle et charmante dame que je n’ai plus revu depuis belles lurettes.
- Ah te voilà, Bienheureuse dis-je! Ne me dis pas que je te cherchai si je ne t’ai pas trouvée.
- Le monde est petit, répondit-elle souriante.
- Oui ! Une singulière et merveilleuse rencontre.
- Que deviens-tu depuis cher ami ? M’apostropha-t-elle.
- Tant bien que mal. Des hauts et des bas, c'est la vie. Mais je ne boude point.
A priori, j’allai lui étaler, ses trente ans d’absence. Une absence où je ne fus jamais seul, bien que cette dernière fut toujours présente avec moi, à mes cotés. Elle me chantai « Parlez moi de lui ». Les souvenirs lointains des moments doucereux m’enflammèrent. Le zéphyr amoureux attisa ma flamme et excita ma passion.
Mais la sonnette d’alarme de mon grincheux portable, me tira irascible, de ce beau rêve. J’aurai aimé me rendormir pour terminer mon songe et faire appel à mon subconscient. Pénétrer dans le reste. Mais le devoir m’appelle. Lèves-toi et marches me disè-je !
19:58 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
06.07.2008
Mécontemporain! suite 2
Toute la nuit, je mûris mes plans pour l’approcher.Je ne fermai l'oeil de la nuit. Je tramai plusieurs scénarios et conjecturai moult canevas de plans pour gagner son amitié, mais non pour courir le cotillon. Adolescent je sus qu’affronter une veuve, c’est la guillotine, la louisette. Et épouser une veuve, c’est être pendu comme si la corde du gibet était veuve de tous les pendus. J’eus aussi la phobie des veuves noires. Cette araignée cannibale et sélective qui arrive à avoir le beurre et l’argent du beurre dans la relation amoureuse. J’eus une araignée dans le plafond, dans la coloquinte. Dieu merci, ma cible est blanche.
L’après-midi, je me dirigeai, fredonnant un air en a-mi-la, au café Pachalik. La cafétéria sise devant l’agence où elle travaille. Emporté par mon imagination, je rêvai à un entretien tendre avec ma prochaine dulcinée. Des oaristys devisés, des paroles tendres, sereines et calmes. Des entretiens galants, pour la faire revivre, loin de la cruauté de la perte de son conjoint. Je redoutai avec angoisse sa réaction, qu’elle refusât toute proposition de faire ma connaissance. Le port du deuil m' handicapa. Pour lui partager ma compassion, je mis ce jour une cravate noire. j'eus aimé lui offrir,en ce mois de juillet, un bouquet de fleurs, la veuve dite aussi la scarbieuse .Jolie fleur d'un rouge foncé, veloutée et d'un parfum agréable Je ne pourrai être un démodé douilleur. Mais j’eus espoir en pensant au film que j’avais vu, il y a quelques mois. Un film Isabelle Mergault « Enfin veuve ». L’histoire d’Anne-Marie qui vient de perdre son mari dans un accident de voiture. Elle est enfin libre d'aimer celui qu'elle voit en cachette depuis deux ans. Mais elle n'a pas prévu que sa famille, pétrie de bons sentiments, a décidé de rester à ses côtés pour la soutenir dans son chagrin. Anne-Marie se retrouve alors encore plus prisonnière que lorsqu'elle était mariée. Est-elle libre ? Est-elle prisonnière ? Serai-je son sauveur pour dissiper son chagrin profond ? Mais je me dois être respectueux eut, son égard. C’est un devoir que d’être sincère avec son prochain. « La sincérité est une ouverture du cœur. On la trouve en fort peu de gens et celle que l’on voit d’ordinaire n’est qu’une fine dissimulation pour attirer la confiance des autres. la Rochefoucauld »
Arrivé au Pachalik, après une reconnaissance des lieux, j’optai pour une place de choix à l'affût de sa sortie. Je pris une table en position statique. Je demandai au serveur comme à l’accoutumer, une tasse de café Lavazza et un oulmès.Le cendrier est déja en place.Aucune trace de la Peugeot 307 noire. La ruelle fut encombrée, des passants pressés, vaquèrent à leurs affaires. Des voitures circulèrent, les chauffeurs usèrent parfois le klaxon causèrent un grand tintamarre. Agressèrent l'ouïe. Force est de constater que le parc auto marocain a beaucoup évolué. Mais l’esprit des automobilistes lui, ne progressa point et manqua de civilité,ce lent apprenti de la civilisation. Dans la gélatine de l’embouteillage, un marchand ambulant exposa ses articles de vente, sur un triporteur ;à deux mètres, juste devant la terrasse du café.
Le temps languit .De temps à autres, je consultai ma montre bracelet. Cette attente impérieuse épuisa mon enchantement. Mais je gardais espoir même en l'absence de sa 307. Il est seize heures, la voilà sortante. L’allure saccadée, elle traversa la ruelle en direction du café. Le battement rythmé de ses jambes fit palpiter mon cœur entr’ouvert. Je demeurai calme. Erreur, un penser amoureux! Elle s’arrêta devant l’ambulant marchand.
Apres avoir prospecté l’étalage, elle mit son sac à l’épaule. Elle prit des deux mains une soupière de dînette de poupée,. Elle parla. Elle marchanda le prix avec le vendeur pour bénéficier d’un rabais sans doute. Il hocha son nez, secouant son menton à droite et à gauche pour la désapprouver. Ils semblèrent n’être d’accord. Je dus me lever pour intervenir, par curiosité et pour marquer ma présence dans l’espoir d’attirer son attention. Je feignis acheter des couteaux -à- beurre.
- Madame, dis le commerçant, Je ne peux céder cette unique pièce sans ses légumiers. J’eus la peine à vendre aussi des raviers, de la fameuse faïencerie de Sarreguemines.
- Je vous comprends, dit-elle, la voix douce et les mots chuchotés. D’aucun viendra acquérir ces six bols, croyez moi, monsieur!
- Je suis preneur. Dis-je intervenant dans la discussion. J’ai une soupière tête de lion de Limoge, mais les bols se sont amochés. Ceux-là sont assortis avec la soupière et les saucières.(je romancai).
La dame eut un léger sourire spontané. Des dents blanches, telles des perles ,bien alignées. Une dentition féminine. Je la regardai. Je la regardai et l’admirai. Je répondis avec un large sourire et je voulus pleurer de joie.
- Voilà donc un acquéreur monsieur, dit-elle pleine de satisfaction. Merci Monsieur, m’adressa-t-elle. La providence vous envoie.
- De rien Madame, dis-je plantant mon regard sur ses yeux noisette. Je ne vous le fais pas dire, la providence et le hasard. Soliloque je me disais « L'amour est un jeu du hasard. Qui s'y frotte s'y pique. Il n'est pas bon que l'homme soit seul(Murger) ».
Elle tira son portefeuille crocodile de son sac colombo. Elle paya et nous dit gentiment au revoir . Elle quitta l’endroit l’allure souple et ferme.A pieds. A mon tour je réglai les légumiers et reprit ma place au café me remémorant une lecture:Je sens monter vers moi le deuil d'une vallée où j'eusse été le roi (Jammes). Au fond de moi-même je pensai, ce n’est que partie remise. Mon âme est veuve.Je suis têtu. Monsieur de La fontaine l'a dit"Entre la veuve d'une année et la veuve d'une journée la différence est grande. L'une fait fuir les gens, et l'autre a mille attraits". Rebelote!
Salé, le 05 Juillet 2008 à 01h30 de relevée
A suivre
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29.06.2008
Mécontemporain!
Au travail, un beau matin je fus lésé, blessé dans mon amour propre. Je me senti frustré par le favoritisme, qui laisse place à l’arbitraire. Peut être existe-t-il, tant soit peu, mes semblables d’obéissance passive. Moi, je ne baisserai jamais le nez. Le responsable du service ; fit comme Napoléon qui se mit à juger les gens par la taille de leur nez, et accorda avantages à ceux ayant le grand nez. Il préfère celui qui fourre son nez dans les affaires de tous .
Selon le principe de Laurence Peter « Vous pouvez par exemple grommeler de temps en temps : C’est toujours les mêmes qui sont promus, dans cette boîte, et on oublie les meilleurs…L’incompétence créatrice offre, il me semble, un champ d’action aussi passionnant que la lutte traditionnelle pour l’échelon supérieur. Il donna un exemple : Pour son stage on confia à un maître une classe spéciale d’enfants attardés. Bien qu’on lui eût dit que ces enfants ne seraient pas capables de comprendre grand-chose, il entreprit de leur apprendre tout ce qu’il pouvait. A la fin de l’année, beaucoup d’enfants attardés obtinrent de meilleurs notes de lecture et de calcul que les enfants des classes normales. La direction de l’école pour le congédier, lui reprocha d’avoir négligé l’enfilage de perles, les pâtés de sable et autres disciplines destinés aux enfants attardés. Il a omis d’utiliser le modelage, les jeux de constructions et les boites de peintures fournies par le comité pour l’enseignement. »
Rendu camus , ne savant que dire, ombrageux, irrité, manifestant mon courroux, la moutarde me monta au nez. Je quittai le bureau. Je mis le nez dehors, pour humer un peu d’air et me recueillir. Je trouvai refuge dans une terrasse de café, loin des tracas pour ruminer mes soucis et méditer sur les facteurs intrinsèques et extrinsèques à mon mécontentement. Et penser aussi à la théorie bifactorielle satisfaction - insatisfaction de Maidani. Les chercheurs ont constaté que la satisfaction au travail est un excellent indicateur de santé et de longévité. Le mécontentement peut cependant susciter, chez l’individu, des doutes quant à sa capacité de bien faire son travail. C’est ce qui se produit en particulier si les travailleurs estiment que leur activité professionnelle n’utilise pas pleinement leurs qualifications et aptitudes.
Attablé, je demandai au serveur, une tasse de café, une bouteille d’Oulmès et un cendrier. Je lisais une œuvre de Mathilde Alanic « Anne et le bonheur » (Après les vastes horizons où son activité s’était dispersés, ces dernières années, les scènes qu’il traversait, en reprenant contact avec le monde civilisé, lui semblaient singulièrement puériles, rétrécies, mesquines. Du coin de son œil bleu, d’un bleu de glacier, l’officier dévisageait, les uns après les autres, les gens qui l’environnaient, les jugeant de banals exemplaires d’humanité. Et il leur en voulait, à ces êtres falots, incapables de résister à la maussaderie de l’heure, de dégager un si total ennui qu’il en subissait lui-même l’influence…Un bâillement près de lui s’étrangla à peine, le gagna par contagion.
- Diable ! Vais-je céder au cafard, moi aussi ? C’est trop bête ! Réagissons !)
Au moment où je pris ma tasse, je voulus imiter mon héros du roman. Mais du coin d’un œil ambre et non bleu comme la sienne. Je regardai les passants. Mon attention fut attirée par une charmante femme. Moricaude, jeune et jolie. Ardente femme, habillée en djellaba. Blanc vêtue, elle est probablement une femme veuve. Elle sortait d’une agence d’assurance. Venait-elle pour régler une affaire ou y travaille- t-elle ?
Elle me sublima. Je l’admirai de loin, retenant mon souffle. Elle se dirigea à sa Peugeot 307 noire. C’est un parking non loin de l’agence. Donc elle travaille dans cette assurance. Elle quitta benoîtement la place. J’oubliai mon désappointement. L’âme donjuanesque m’envahit. Je me pointerais là demain. Faute de grive, tue le merle me disé-je !
A suivre
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22.06.2008
Cette femme était la femme
Cette femme était la femme !
(Le cerf blessé traînant ses pattes défaillantes vers quelques retraites inconnues pour y contempler la flèche qui l'a transpercé et pour y mourir, était une parfaite image de moi)
A l’aube de ma retraite, je pars quidam.
Seuls quelques mois, restent madame.
Voilà ce qui crève, le cœur ô ma dame !
Dans la douceur du soir, sachez, femme
Je penserai frisson, tant je t’aime !
Dans la beauté de la nuit, triste d’âme,
Je songerai à toi, tout feu, tout flamme.
Scrutant la lune, les étoiles charment.
Les noctuelles, attirées par le charme
Des lampions, tourbillonnent, calmes.
Se grillent, meurent sans une larme
S’offrent à l’attrait, sans blasphème.
Une autre image de moi-même.
Conquis, silencieux, le teint blême.
Le cœur s’éprit, toi son emblème,
Bat d’aise, soûl du problème.
Ma pâmoison, ivre de vin de palme.
Mon âme balbutie d’alarmes :
Je t’aime, l’amour te réclame !
Salé, le 21 Juin 2008
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20.05.2008
Arrêt sur image
Récemment je lisais un article sur « La fantasia, héritage des Zénètes ».Je remarquais que la selle fait son apparition à Rome au début de l'ère chrétienne. Relativement sommaire, elle ne possède alors pas encore d'étriers. Ce n'est que vers l'an 800 de notre ère que ces derniers entrent dans l'histoire de l’équitation. La selle profonde, munie d'étriers, s'impose alors au Maghreb en même temps qu'une nouvelle façon de monter, élaborée par les Zénètes, des Berbères d’une grande ethnie nomade. Grâce aux étriers, ils pouvaient monter très court, en avançant les genoux et en reculant les talons.
Cette position leur permettait d'engager les attaques en position suspendue, dressés sur leurs étriers. Comparés à leurs adversaires qui montaient long, ils étaient d'une légèreté qui faisait toute la différence au combat. Au fil du temps, ils perfectionnèrent cette technique en adoptant une selle au pommeau et au troussequin élevés emboîtant le bassin, de grands étriers en fer, et le mors dit « arabe », à anneau circulaire formant gourmette passé dans la mâchoire inférieure.
Les Zénètes menaient alors leurs attaques en deux temps : d'abord “el karr”, l'attaque fulgurante, puis “el faâr”, la retraite vive qui est une fuite simulée. Cette technique de combat s'est transformée en un jeu – le mot fantasia, d’origine latine, signifie “divertissement” - qui a pour objectif de prouver la bravoure des participants. Ces derniers sont regroupés en “sorbas”, des groupes d'une dizaine à une centaine de cavaliers appartenant à la même tribu ou à la même ethnie. Alignés à l'extrémité d'un terrain d'une bonne centaine de mètres, ils partent ensemble au galop jusqu'à l'ennemi imaginaire - le public - avant de tirer une salve au fusil. La charge est suivie d'un arrêt brusque puis d'un demi-tour et d'un repli rapide.
Aujourd’hui, j’ai en main le quotidien marocain «Al Ahdath Al maghribia » du 11 Mai 2008. Il consacre une page au groupe : Tagada. Du cinéma Assaâda à la popularité de la chanson, au théâtre et à la télévision. Il retrace le long chemin de la formation musicale, créée en 1972, juste une année après la création de Nass Al Ghiwane. L’article est bien ficelé. Mais il ne relate pas les échos des ‘’coulisses’’.
Les Années soixante dix, Tagada bien connu animait un mariage dans la campagne. La cérémonie passa chaleureuse et ambiante. Omar <le barbu> de Tagada devait chanter la chanson « La danse du cavalier » avec une Marionnette cheval bâton en bois. A la main, il tenait un long fusil maure finement damasquiné, la “ mokhala ”, une sorte de mousquet. Il faisait cavalier seul habillé en djellaba et le turban jaune coloré. Il faisait des entrechats et des ronds de jambes aux rythmes musicaux. Une innovation de ce groupe, issu du théâtre.
A la fin de la soirée, les frères du nouveau marié discutaient sur le montant qu’ils devaient octroyer au groupe.
- Donnant leur chacun 500 Dh, proposa l’un d’entre eux.
- Soit ! répondit l’ainé. Leur grand-mère, une vielle femme, présente à la discussion intervint et dit :
- Et moule lâawd(l’homme au cheval, le cavalier), combien allez vous lui donner ?
Salé, le 20 Mai 2008 à 22h30 de relevée
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28.04.2008
Sobriquet flatteur

Lors d’une grande cérémonie de mariage, 200 couverts furent dressés .Des menus anges et portes noms des convives indiquaient les places d’hôtes. Le traiteur ne négligea aucun détail. Des chemins de tables verts. Des serviettes ivoire. Même la negafa, cette habilleuse traditionnelle, elle aussi veillait au grain pour embellir Nadia, la mariée. Un orchestre joua des chansons chaude et rythmique. Tous chantèrent gaiement et tapèrent des mains. Les invités de la noce se mirent à table à vingt heures et à vingt quatre heures ils mangeaient encore.
A quatre heures du matin, après avoir six fois changé de belles tenues traditionnelles, caftans et takchitas, Nadia porta sa dernière robe d’exhibition. Une robe blanche de mariée. Elle descendit de son trône où elle était avec son Bachir. Elle l’invita à une danse. L’orchestre entama la chanson du chanteur Saad saghir: Bahibbak ya himar (Je t’aime ô l’âne). Bachir fit semblant de ne l’écouter, refusa premièrement l’invitation à la danse et se dirigea vers l’orchestre. Poliment il demanda aux musiciens d’arrêter de jouer cette chanson. Le chef d’orchestre lui répondit, que c’est le désir de la mariée. Se sentant frustré, touché dans son amour propre, il quitta la scène. Avant de quitter Nadia, il lui lança en colère:
- C’est fini entre nous! Tu es divorcée! Adieu nuit de noce!
En lisant cette histoire dans une revue arabophone, j’eus une pensée pour Bachir. Il n’a rien encore compris de la vie, ni des femmes. J’ai connu il y a des années une fille. Je l’ai rencontrée, lors d’un vernissage du peintre et écrivain Abderrahmane Zenati à Oujda. Je contemplai son tableau ‘’ Panique’’. Si Abderrahmane peignit avec tour de main, hommes, femmes et chevaux. C’est notre Raphaël marocain. Je m’approchai pour admirer le tableau ‘’Harka’’. Je vis à mes cotés une charmante Eve. Ronde et enrobée. Des habits soignés. Richement habillée. Pour l’élégance de sa mise, elle a appliqué des fards, soins qui l’embellissaient. Je fus paralysé .J’étais devant deux tableaux. Un fixe et l’autre mobile.Une belle lune. Une communion intime naquit entre nous deux. Nous admirions ensemble la même beauté.
- C’est fantasmagorique! lui dis-je sans faire le freluquet. (mon leitmotiv pour approcher une femme et lui conter fleurette).
- Du sublime! répondit-elle. Un artiste notoire. Son roman « Mémoire d’un âne de l’oriental » est mon livre de chevet. J’ai lu aussi « Mourir d’amour ». C’est captivant .
- Je vois. Je lui ai lu « Mémoire de la fourmi, El hogra et Le fou de Sarah »
Elle se pinçât les lèvres pour ne pas rire. Mais, ses yeux rirent. Je fus pris au dépourvu. Elle s’aperçut de mon émotivité.
- Je voudrai bien connaître ce fou de Sarah, répliqua-t-elle. Je m’appelle Sara, c’est pour cela que je ris.
- Charmé madame Sara. Enchanté de vous connaître.
- Je te dispense de me vouvoyer. Je ne suis encore liée.
Elle avait un sourire envoûtant, une large bouche. Sur ses lèvres fines, un rose- baisé. Nous terminâmes notre visite et continuâmes notre discussion hors du salon.
- Moi, c’est Abdou. De passage à la ville de l’oriental, je saisie cette occasion pour laver les yeux et l’esprit en visitant cette belle exposition.
- C’est drôle. Nous avons tous les deux, le penser siamois. Moi aussi j’y suis de passage pour deux jours. Mes parents habitent à Ahfir. Je réside à Anvers. Je tenais à rendre visite à cette galerie.
- Dire que Si Abderrahmane se demandait dans son roman « Les cigognes viendront-elles à Oujda ?»
- Tout à fait, dit-elle en affichant un sourire avec modestie. Je suis une émigrante en Belgique. Et comme disait Châteaubriant dans’’ itinéraire de Paris à Jérusalem’’: La jeune cigogne a toujours nourri son vieux père. Je suis venue voir mon papa et lui remettre des subsides que j’envoie trimestriellement.
- AArdaa ! (sois bénie), Tu es bénie de tes parents et de ta patrie ! Je peux proposer une chose ?
- Oui propose et moi je dispose.
- Tu es d’Ahfir et je suis de Rabat. Si nous dînions ensemble!
- Avec plaisir ! Je suis libre. Je ne vois aucun inconvénient. En sus nous avons presque les mêmes goûts et la même idole.
Nous partîmes prendre un rafraîchissement dans une pâtisserie. Nous dînâmes légèrement un succulent repas. Nous parlâmes de tout et de rien. Ce fut une ambiance amicale. Nous nous racontions des blagues l’un et l’autre. A un certain moment nous crûmes que nous ne connaissions depuis longtemps. Elle fut contente de l’ambiance, trop contente. Je remarquai que ses yeux brûlaient de désir. Un désir d’amour ardent. En m’écoutant parler, elle passait une mèche de ses longs cheveux noirs, entre ses fines lèvres. Cerf qui désire brame (Moréas). Pour appeler une chevrette, c’est le raire du brocard qu’il faut imiter. Je réai à ma façon, saisissant notre prise de tasse de café, je lui suggérai que nous poursuivissions notre débat dans ma chambre d’hôtel.
- Ce sera encore avec le plaisir, dit-elle consentante.
Je réglai la note. Ensemble, nous sortîmes du restaurant. Le temps était doux. Une légère brise faisait danser ses cheveux. Nous marchâmes la main dans la main. Elle se pendit à mon bras. Un courant de chaleur hérissa mes poils et cheveux. Un coup de désir. Une frénésie me gagna corps et âme.
Nous entrâmes dans ma chambre. Je pris la précaution d’acheter des jus et limonades dans une supérette. Nous fîmes des combats fleuris.Une lente lutte de corps. Elle me parla toute la nuit, le langage Kâma-Sûtra : Mon Missionnaire, mon Andromaque, mon cavalier à la barre et mon indolent.
Le matin, nous primes notre petit-déjeuner continental dans la chambre. Elle était radieuse, heureuse et contente. Elle fredonnait :
- J’aime l’âne Ab doux….Marchant le long des houx!
- Beau poème de Francis Jammes, ma Brigitte, reprisé-je.
Je souriais. Je savais que cette épithète me valait l’organe copulateur asinien que j’aie et pour mes bijoux de famille. C’est un honneur pensais-je. D’autant plus que l’âne, est de bonne souche . Ses parents sont connus.
- Tu m’as rendue heureuse cette nuit, me dit-elle de vive voix. Pour la première fois dans ma vie, je suis vraiment satisfaite. Au fond de moi-même, je jubile. Voir mes parents, visiter l’exposition, te rencontrer hasardeusement, passer de si agréables instants à tes cotés, c’est du rêve. Je n’oublierai jamais ce jour. Tu m’as honorée.
- Je t’en prie Sara. Nos noms se connaissaient dans le ciel et s’embrassèrent avant de descendre sur terre. Moi aussi, je m’en souviendrai de toi.
- J’ai une petite question à te poser.
- Oui ma Brigitte!
- Petit que mangeais-tu le matin ?
- Le pain d’orge et le thé.
- Et à midi?
- Le pain d’orge et le thé.
- Et le soir?
- Le pain d’orge et le thé.
- Laissez-moi rire ! Seul le thé, te différencie, avec l’âne !
- Brigitte, qui s’assemble se ressemble. Hmar Oubikhir! (Imbécile heureux)
Je ne dis mot à ce baroud d’honneur. Nous quittâmes les lieux contents l’un et l’autre. Je la conduisis aux grands taxis. Ce fut une séparation chagrineuse. De ses yeux coulaient des larmes. Moi, j’eus le cœur en larmes.
Des mois passèrent. Un jour, d’Anvers elle me téléphona. Après le salut, elle me dit :
- Abdou, je vais me marier. J’épouse un mulet !
- Sois heureuse Sara. Prends-le en main, il sera de bonne souche !
Salé, le 28 Avril 2008.
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16.04.2008
Que sont mes amis devenus !

Salé, le 16 Avril 2008
Que sont-ils mes amis devenus !
Que sont-ils devenus, les chagrins de ma vie?
Tout ce qui m'a fait vieux est bien loin maintenant;
Et rien qu'en regardant cette vallée amie
Je redeviens enfant. ( A. De Musset)
Que sont mes amis devenus ? En écoutant ce poème de Rutebeuf, la nostalgie agissante s’amassai et gonflai mon cœur. Maintes fois, je me remémorai de mes amis, collègues et acolytes du travail. Parfois, que n’eussé-je donné pour les revoir !
Nous primes habitude de déjeuner ensemble au réfectoire. Mes commensaux furent presque tous des érudits, des lettrés, des avertis. Je fus parrainé dans le groupe, par Bajqillou. Un gars jovial, l’ami de tout le monde et donc l’ami de personne. Ainsi notre table fût la cible de beaucoup de gent, intéressés d’y participer aux calembredaines. Mais le clan abhorrait les simagrées, les benêts, les grandiloquents et les fanfaronnades arrivistes. Mes amis furent courtois, humbles, modestes, larges et aimèrent la simplicité.
Lors du premier jour, attablé avec le groupe, ce fut mon ‘’bizutage’’. L’équipe comptait entre autres, Bajqilou, Abou Tariq,Abou hicham, Abou Lafa, Abou Rochd, Abou Noutq , Abou Annasr (le casanier) et moi. Heureusement qu’à cette époque, les Abou n’étaient guère utilisés comme nom de guerre. Ni Abou Gharib .Ce fut ceux d’Abou Nawass , Abou Firass Al hamadani et Abou Temmam pour ne citer que ceux-là. Tous furent ravis, que j’eusse rejoint « les chevaliers de la table ronde ». Le chef de file Abou Noutq, lança gentiment une question-réponse, aux compagnons de table. Sous-entendu, je me devais y répondre :
- Quels sont les deux seuls noms en français qui se terminent par un Q sans l’U ?
- Cinq et Coq, répondis-je en primesautier, tel un élève en classe.
Je fus enchanté par le hochement de tête approbatif des attablés. Nos déjeuners furent l’occasion d’échange d’idées, des débats littéraires, philosophiques et aussi parfois, ils eurent le goût de la gaudriole, des jeux de mots et des arcanes d’histoire.
Bajqilou aimait découcher chaque vendredi. (Me lisant, il m’excusera si je relate ces faits). Il avait le goût délicat. Je remarquais qu’il fumait les jours de semaine du tabac noir. Mais le vendredi, il optait pour les blondes. Non pas les femmes blondes auxquellles préférait le genre Silvana Mongano. Ces bacchanales sont des bouées de sauvetages, m’explicitait-il.
Nous projetions ensemble de passer des soirées. Après avoir bien dîné, optant pour des brochettes, c’est au tour d’une plaisante beuverie. Ne dit-on pas remplir la panse et penser à la danse ! C’était des ‘’orgies’’ bien organisées et modérées. Les spiritueux ne coulaient pas à flot. Nous étions bons enfants. Chacun versait son écot pour le manger et la dive bouteille. Il y avait une certaine entraide, une solidarité et une aide mutuelle entre « soiffards hebdomadaires ». Notre vendredi noir. Nous nous contrôlions. Point d’ébriété ou de dépassement. Nous fûmes responsables. D’aucuns de la « bande » ne coïtèrent jamais. Souvent, nous rencontrions plusieurs pimbêches callipyges, mais nous ignorâmes leur prétention. Nous évitions les gynécées. Nous préférions rentrer « propres » à la maison.
Un vendredi, lors du déjeuner, pourléchant les badigoinces, je demandai à Bajqilou, quelle serait notre destination ce soir.
- Nous irons à Casablanca.
- Soit ! Après nous irons à Tanger, dis-je plaisamment.
- Sans problème, me dit-il.
Abou annasr qui entendit la conversation, intervint, avalant sa salive et agitant sa pomme d’Adam :
- Waili !! Vous irez à Casa puis Tanger ! Quelle audace pour un verre, 90 km puis 278km, nonobstant le retour ?
- Pourquoi pas !dis-je sans préciser, qu’il y a une guinguette à Rabat qui porte ce nom.
Jusqu’à ce jour, je pense qu’Abou Annasr ignore que les deux antres à Bacchus sont mitoyens à Rabat. Abou Annasr, souvent retenu au travail, de retour chez lui, il ouvrait doucement la porte de la chambre où dormaient ses enfants. Il était heureux et rassuré quand il sentait la flatulence des pets. Les bambins ont bien mangé, se disait-il.
Quantes nuits, nous allions dans une boîte sise à Mehdia, village non loin de Kenitra. Nous allions dans ce Night-club pour voir des troupes de Chaâbi. Lors de notre retour, Bajqilou voyant que j’appuyais trop sur le champignon, me disait l’air enjoué et folâtre:
- Comment vont les enfants ?
En entendant cela, je réduisais la vitesse. Aussi parfois, quand le volume du radiocassette, était fort, il disait :
- Augmente un peu le volume, veux-tu !
Je devinais. J’abaissai les décibels, bien que j’adore écouter les Jarra ( chants populaires). Une fois en route, sur le point de croiser un poids lourd, il me lança :
- Aammi Jaye (mon oncle arrive)
Je prêtai attention, car « Aammi » en arabe classique, veut dire aussi analphabète. Il avait raison. Ce sont des chauffards.
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10.04.2008
SABIR
S A B I R &nb...
J’aime le soir, à vau-l’eau, errer sous la charmille.
T’accueillir, sous ces sublimes arbustes, m'amie.
Dans les allées de bouleaux pleureurs,sans larmes
Cueillir ton sublime sourire, à l’ombre des charmes
Entendre ta voix,tes murmures ou tes chansons.
Tu mettais ta main sur ma bouche, en abat-son.
Chut ! Pour taire mes déclarations , mes aveux.
Mon flux labial formait, mes désirs et vœux.
Tu pinçais tes lèvres, mais sans me dire un mot.
J'adorais!J’oubliais mes angoisses et mes maux.
Vent et feuilles de charme, chuchotent en chœur.
Notre solitude à deux, me fait palpiter le cœur !
Ces doux sons, confus, comme un bruit de galop,
Susurrent, tel serpente dans le ruisselet, l’eau !
Te amo ! Bellisima !Lahbiba ! Excuses, ce sabir.
Coquillages de mots cueillis avec joie et plaisir !
Salé, le 10 Avril 2008
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24.03.2008
Sacrifier un coq à Esculape.
Salé, le 24 Mars 2008 à 23h45 de relevée
Sacrifier un coq à Esculape.
Tout petit, j’étais un féru de la lecture notamment des bandes dessinées. Adolescent je fus entiché de la littérature, de la musique et du cinéma. Plusieurs heures je restai enfermé dans ma chambre, pour lire des Balzac, Pagnol, Flaubert, Montherlant et Kessel. Mes lectures furent ouibles avec des symphonies de Mozart, de Chopin, de Beethoven et Schubert. Des 78 tours offerts par Savidan, un russe blanc réfugié au Maroc, gérant d’une usine de crin végétal. En 1961, le Royaume décida de « nationaliser » les plaques minéralogiques. En bon calligraphe, j’écrivis au lieu de ‘’MA’’, Al Maghreb, en lettres arabes sur la plaque de sa Dodge. Ces disques furent ma récompense. Feu mon père avait acheté un tourne-disque « la voix de son maitre » pour écouter Bouchaib Al Bidaoui, Houcine Slaoui, Maréchal qibbou et Niniaâ.
Aussi je m’endimanchai pour le cinéma. Le genre de West side Story et des Révoltés de Bownty me sidérèrent. Parfois j’allais voir des Gary Cooper, Glenn Ford, Burt Lancaster et des John Wayne. Ces westerns me subjuguèrent, tant soit peu, que ceux des travaux d’Hercule de Steve Reeves ou de Masciste. A cette époque, il n’y avait qu’une seule chaine en noir et blanc. Je regardais les programmes notamment le samedi soir. Des soirées musicales où chantèrent Feus Bidaoui, Alami, Ismael Ahmed, Fuitah et des contemporains tels Doukkali, Mezgeldi et Ezzahir. Ces soirées étaient entrecoupées de sketchs à tordre de rire. Des fois, je fus proie de la nostalgie de cette musique « chant de l’atlas » qui débutait chaque l’émission.
Sans tautologie, je cult


