19488

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Blog - Page 2

  • Mécontemporain Episode 11

    Momentanément désamorcé, je repris mon ami le livre et m’y plongeai dans la lecture de « La terre » d’Emile Zola, pour ne point rabougrir mes instincts, et aussi pour dissiper mes rêves et ma cécité morale. Une œuvre captivante et entraînante, pour induire en errance mon imagination. Une heure de lecture assidue. A jour failli, j’allai me lever, quand une vieille connaissance me rejoignit à table.
    - Ah te voilà !me lança-t-il.
    - Et me voilà. Quel bon vent t’amène !
    - Ce matin je sentis des démangeaisons de ma lèvre supérieure, me lança-t-il. Je doutais que j’allais rencontrer une très proche personne. Je n’ai nullement songé à toi ! (Chez nous, le picotement de la lèvre est signe d’une rencontre avec un absent distant)
    - Dire que moi aussi, toute la matinée, je sentais des chatouillements sur la paume de ma main gauche. Et je me demandais quel gain, vais-je toucher ? Rétorquai-je. Je grinçai les dents.

    Mon vieil ami sait que j’eus toujours mon portefeuille continuellement garni. Dans l’embarras d’argent mignon il y a six mois, il vint m’emprunter un montant pour l’achat des caprices et des fantaisies. Depuis lors, je ne le revis guère. Il vendit la ruelle et l’avenue comme disent nos épiciers. Mais j’évitai de le contacter pour demander mon du et la remise de la dette.

    Durant un laps de temps, je feignis dire un mot pour ne point ni l’offenser, ni le froisser. Mais je me demandai la raison de son arrivée à ma rencontre. Est-ce le hasard ? C’était la fin du mois, et je fus sure et certain qu’il n’ait le rond. Je me demandai si je serai encore une fois sa victime, un macchabée.

    Je fis signe au garçon du café pour lui servir une boisson.
    - Bonjour Addi, dit-il au garçon. Je veux bien prendre un cocktail Isla Mona, si votre établissement a du lait frais de noix de coco, dit -il.
    - Désolé monsieur Brahim, nous n’avons pas ce lait, répondit le serveur.
    - Soit ! Un jus de pomme si vous le permettez.
    - Un jus de poire pour moi aussi, dis-je. (Je ne serai une poire ce soir).
    Le serveur nous quitta et je dis plaisantant à mon invité.
    - Tu es connu dans cet endroit. Dis moi, où as-tu vu encore ce cocktail Isla Mona ? Est-ce dans un roman d’Agatha Christie ?
    - De prime abord, je suis client de ce café. J’habite deux ruelles à gauche. J’ai déjà consommé cette délicieuse boisson dans le café Agatha juste à coté. Nous irons le déguster la prochaine fois, si tu le souhaites.
    - Incha allah (Si Dieu le veut).
    - As-tu lu « Dix petits nègres » D’Agatha ?
    - Oui, mais il me semble si j’ai bonne mémoire, l’assassin qui a décidé d’éliminer ses dix petits camarades un par un, en suivant les vers d'une comptine pour enfant. Il s’agit aussi de Mona lisa.
    - Le patron, fervent lecteur des séries noires, eut l’idée de concevoir ce délicieux jus. Il a même offert un collier Agatha grain de café à sa seconde femme.
    - Au fait, comment vont madame et les enfants ? Dis-je pour détourner la conversation.
    - Couci-couça. La semaine dernière l’aînée a attrapé les oreillons, et cette semaine, son cadet eut une entorse de cheville lors d’un match de football des jeux scolaires. Et madame depuis quelques mois souffre de la goutte.
    - Que Dieu parfait et hâte leurs guérisons. Il te faut un grand courage pour affronter ces incommodités.
    - Amen ! Merci mon ami Abdou, Ce n’est pas que cela, ma sœur cadette a demandé le divorce pour discorde (chiqaq), son époux gaspille son gain dans les jeux du hasard. La nouvelle moudawana permet à la femme de divorcer presque sans conditions. Un malheur ne vient jamais seul. Mes parents doivent chercher un autre logement. Pour agrandir une ruelle, les autorités vont démolir toutes les maisons avoisinantes dans la cité.
    Je me taisais, n’osant rien ajouter. Je savais que mon débiteur mystifiait et inventait pour cacher ses maux de dettes. Il excellait dans les menteries. Je feignis rire en pensant à un rébarbatif qui disait chaque jour, Que Dieu me fraie une voie (Allah ijib chi triq). Son vœu s’exauça lorsque les services de la municipalité vinrent l’informer, un matin,que sa maison doit être démolie. Le plan d’aménagement du quartier, prévoyait agrandissement de la rue.

    - Abdou, tu es mon seul bienfaiteur, ajouta-t-il. Je te dois combien au juste ?
    - Voyons tu ne me dois rien, dis-je, en tirant une grande bouffée de ma cibiche. Je devinai son carambouillage. (Le corbeau, honteux et confus,
    Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus. La Fontaine)

    - Dis moi, Abdou. Un ami, ressortissant à l’étranger, a amené un ordinateur portable Dell D610 presque neuf. Il veut le vendre. Vu son bas prix, j’ai pensé à toi. C’est une occasion qu’il ne faut pas rater.

    - Ah ! Je veux bien, mais tu viens en retard. Il y a cinq jours, j’ai acquis un LG papillon. C’est bien dommage, rétorquais-je.

    Je méditai une neuvaine de prières pour que les saints m’épargnent de ses filouteries. Mais mon instinct me disait que j’ai besoin de ses services dans ce quartier. Qui sait ?

    - Oui, c’est beau dommage. Aujourd’hui est un jour sans, je n’ai pas de chance, murmura-t-il. Je dois rejoindre mes élèves, je donne des cours du soir de rattrapage, dans une école privée. Au revoir Si Abdou !

    S’adressant au serveur et faisant semblant de chercher l’argent.
    - Je te dois combien Addi ?
    - Laisse, Brahim, C’est moi qui règle la consommation. Vas et bon courage. Demain si tu as le temps, je serai à la même place aux environs de 16h.
    - Soit, je viendrai incha Allah. Comme aujourd’hui, je passerai avant d’aller au cours.
    - D’accord répondis-je.


  • Mécontemporain Episode 10

    Je ne bougeai d’un iota. Mon ami Ghrib m’appela, me tira des songes et de ma torpeur. Je fus envahi par le charme de Medina. Nous devînmes regagner ensemble la capitale.

    - Puis-je disposer, dis-je, avec le soupçon de tristesse dans la voix, interrompant leur discussion.

    - Sans problème Abdou. Mais avant de nous quitter, je vous demanderais de bien vouloir me laisser vos coordonnées, sachez que je voudrais sincérement vous revoir, après les consultations de madame.
    - Soit, avec grand plaisir, monsieur…
    - En voilà des façons, j’ai présenté ma femme et sa cousine, en omettant de le faire moi-même. Je m’appelle Abderrahim.
    - Enchanté Abderrahim

    Se tournant vers Medina, il lui demanda de prendre le numéro de mon GSM.

    - Je ne suis pas abonné à aucun réseau du pays, me dit-il, et Médina, sera notre parfaite coordinatrice.

    J’énonçai mon numéro et Medina le transcrivit, gênée, toute rubiconde dans son léger sourire. Belle jusqu’au trognon, un chou, un cœur.

    Nous nous échangeâmes les coordonnées respectives. Je souris poliment, mêmement je fus confus sous l’emprise de la gêne.

    - Surtout monsieur Abdou, ne nous mettez pas dans l’oubliance. Consacrez nous un moment, nous sommes honorés de votre connaissance.

    - De grâce, Abderrahim, ma disponibilité de sympathie englobera, croyez moi, la fantaisie du temps. J’attends votre signe pour vous revoir.

    Je disais cette politesse, sans hypocrisie, en regardant dans les yeux Medina. Je les saluai promptement pour rejoindre mon collègue. Une heureuse aubaine que je quittai, marchant doucement vers mon ami. Je flottais entre l’espérance et la désespérance. Le diable sait pourquoi !

    Le lendemain, après l’entrevue avec notre responsable, et la remise du rapport de mission, je me dirigeai comme de coutume, au café Pachalik. Aucune trace de la P.307. J’attendis la sortie en sirotant ma tasse de nectar du café. Je vis une silhouette, l’allure saccadée. C’est elle! Elle ne porte plus la blanche djellaba . Elle vêt un patron en velours bleu royal, qui lui va à merveille. Son coiffage et sa tournure étiquettent sa singulière élégance. Elle chausse des Balmain. Une jolie coquetterie. Elle traversa la rue, en direction de la terrasse où, je pris place. Elle arbora un sourire qui contint un léger soupçon de joie. Un sourire que je pensai pour moi. Elle vint vers un homme qui l’attendait juste devant la terrasse. Elle lui fit un bon visage. Apres une bise de salut, ils quittèrent ma vue, main dans la main. Mes yeux brillèrent comme chardons ardents. Je me meurs. Je n’eus jamais éprouvé de pire.

    Une jalousie secrète me creva. Je les regardai de loin, avec un œil d’envie. Adieu veau, vache et mouton! A chacun sa chacune, me dis – je. "Mais ses yeux restaient secs, brûlants de larmes qui ne s'épanchaient pas. Aucune jalousie du reste, ni révolte, ni mouvement de haine. Rien que le vaste sentiment de la douleur qui, envahissant tout son être, se confondait avec lui. Des flammes fulgurantes passaient devant ses yeux (MOSELLY)".

    Cependant, de derrière par la tête, la physionomie de son compagnon ne m’inspira point confiance. Il a l’air d’un zigoto. Son snobisme et afféterie lui donnent un air d’arnaqueur. Tout dernièrement l’on me conta l’histoire d’un radin qui un jour passa chez la boucherie pour se payer une livre de viande. Il entendit, un homme respectablement habillé, demander, quatre kilos de viandes, deux kilos de viande hachée, un kilo de saucissons. Dés qu’il quitta la boucherie, le ladre apostropha la bouchère.

    - Qui est ce gars ?

    - Vas… ! Vas…! Vas...!Wallah tu m’as fait rire ! Qui ne connaît pas Taibi Moullerdouze!(Bonhomme proprietaitre d'une R12) C’est un quidam qui ne travaille guère. Son violon d’Ingres c’est de guetter les veuves. Il s’active à dénigrer leurs points faibles, à les charmer et les épouser. Dés qu’il dilapide son avoir, Il délaisse la pauvre et s’en va quérir une autre victime.

    En entendant cela, ipso facto l’harpagon dit à la bouchère.

    - Donnez moi un kilo de filet de bœuf et un kilo de carré d’agneau.

    En remettant ses achats à son conjoint, hébétée elle lui demande :

    - Pourquoi as-tu acheté toute cette quantité de viande ?

    - Je préfère que ce soit moi qui les consomme et non Taibi Moullerdouze, rétorqua-t-il.

    J’espère que je n’ai pas donné libre pensée à la folle du logis, mon imagination ! Il se peut que maîtresse jalousie m’édicte ces lugubres pensées .Pourvu que je me trompasse.

    Sur ces entrefaites, une tristesse muette s’empara de moi. Moi qui rêvai, espérai son amitié et son amour. Est-ce mon absence de la scène ces derniers jours, qui causa cette perte ? Tel un soliloque, je me parlai à moi-même. Naguère il m’arriva souvent, de me fâcher pour passer le temps. Cependant, présentement, il ne fallait qu’une goutte pour que le verre déborde, et je fus ce vase plein de larmes. Un vase de tristesse. Mon optimisme me rassura, une de perdue deux de retrouvées. Je ne me découragerai point, j’éviterai la morosité. Je laisse les choses suivre leur cheminement spontané. J’irai sous d’autres cieux. J’oublierai cette mésaventure d’occasion, pour une aventure galante avec une dame fofolle. "Chez elle la passion est un feu follet qui s'éteint subitement après avoir allumé un incendie. MERIMEE"

    A suivre......
    Salé, le 19.02.09

  • Mécontemporain Episode 9

    J’entamai l’explication, et les deux s’attentionnèrent tout ouïe. Ils me regardèrent, tendus, assoiffés d’un intérêt qui l’étonnaient. Je leur expliquai l’utilité du Kombucha. Cette boisson exotique et ancienne provenant de Chine et deux fois millénaire. On l’appelle aussi en Russie, l’extraordinaire boisson de santé. Comme beaucoup d’aliments fermentés et certainement plus que tout autres, le Kombucha rend des services énormes aux malades et à l’humanité toute entière. Pour la préparer la première fois, cette boisson pétillante et fermentée, il faut se procurer un champignon. Il se présente comme un disque de couleur crème, un peu épais, souple, sa texture ressemble à quelque chose de gélifié.
    - Waili (parbleu), rien qu’avec le thé vert ! C’est extraordinaire.
    Mon voisin tira un stylo et sur un vade-mecum, il nota des bribes de mes indications. De temps à autres, je jetai un coup d’œil à mon ami Ghrib, pour le rassurer d’un clin d’œil.
    - On ne peut acheter le champignon kombucha, continuai-je, mais on peut le trouver chez un bénévole qui vous en offrira le champignon. Ce qui est extraordinaire, c’est qu’à chaque préparation d’une nouvelle boisson, il se forme un nouveau champignon. Au début, le champignon est fin puis au fur et à mesure des utilisations, il grossit, il s’épaissit.
    - C’est très intéressant, s’exclama-t-il. Je remercie le ciel qui me permit de vous rencontrer Monsieur. J’ignorais ce remède magistral. Quelles sont les spécificités de cette acescence, si vous le permettez ?
    Je continuai mon cours magistral, sans discourir.
    - Il a été utilisé à des fins thérapeutiques sous forme de boisson et de gouttes par le Docteur Rudolf Sklenar pendant plus de trente ans. Ce procédé est actif pour diverses maladies du métabolisme, également pour les maladies chroniques. Des résultats positifs ont été obtenus en particulier dans le traitement des cancers à divers stades. Il n'a pas été possible de déterminer des effets secondaires ou ultérieurs indésirables. En consommant la boisson, on remarque une amélioration du métabolisme, la surproduction de graisse et de cholestérol est freinée ou supprimée. Dans les années 60 en Allemagne, cette boisson était très consommée et vivement recommandée comme boisson quotidienne dans les cas de goutte, rhumatisme, troubles hémorroïdaux.
    Et tout le long de cette discussion, sa femme écoutait. Elle s’accotait sur l’épaule de son époux. Elle soufflait à son mari les mots non- retenus. Elle se disait, aux grands maux de grands remèdes.
    - Mais comment pourrons-nous en avoir Monsieur ? dit-elle, roulant les R d’une voix guturale. Avez-vous les cordonnées du bienfaiteur?
    - Oui madame, je vais vous soufflez son email et son site sur internet. Mais avant cela, je vous conseille de faire une recherche sur le net pour lire les utilités de cette boisson, ignorée par le public. C’est facile et c’est gratuit.
    - Merci monsieur pour ces initiations, reprit mon voisin. Le hasard fait bien les choses. Mes concitoyens marocains sont toujours aimables et serviables. Grâce à Dieu il existe toujours cette entraide entre nous. Une petite question si vous permettez !
    - Oui, dis-je, sans m’empêcher d’acquiescer.
    - Vous êtes de quelle ville ?
    - De Rabat, pourquoi ?
    - Ce n’est loin. Si vous permettez, accepterez vous mon amitié. Durant mon séjour, je voudrai vous revoir. Prendre un dîner ensemble, pourquoi pas.
    - Avec grand plaisir. Et je le priai de noter mes repères.
    Le haut-parleur annonça l’amorçage de la descente vers l’aéroport de Casablanca. Chacun des passagers, reprit sa place. Et l’atterrissage fut dix minutes après, dans de bonnes conditions. Nous descendîmes et regagnâmes le tapis roulant pour récupérer nos bagages. Mes deux voisins, mon ami Ghrib et moi passâmes les formalités des douanes et sortîmes.
    A la sortie, j’aperçus une foule gens dans la salle d’attente. Je savais qu’aucun ne m’attendait. Subito presto, je remarquai une jeune et belle fille élancée, le teint ambré mouvant en notre direction. L’ambre qui marche, pensai-je. Elle tenait un bouquet de fleurs à la main. Une mignonnette portant des oeillets mignardises. Par son teint, elle était à l’accueil de mes voisins. De la famille sans doute. Un bonheur de retrouvaille se dégagea des bises et embrassades avec effusion. Je restai quoi, je ne dis mot.
    - Je vous présente, Médina, une cousine de ma femme Agathe. Lauréate de l’Institut National de la Statistique et de la Démographie, elle poursuit un stage de formation, de longue durée au Maroc.
    - Honoré, dis-je avec non sans-gêne. Abdou, agencier, je balbutiai.
    Je réparai ainsi, l’oubli que j’eusse omis, de me présenter durant le voyage.
    - Charmée, Le voyage s’est bien passé, nous apostropha-t-elle avec une gentillesse mignonne.
    Elle était vivante, très sympathique. L’éclat étrange et vif de ses yeux me fascina. Des accroches cœurs effilés sur le visage. Des zestes d’espoir pensais-je. Ils caractérisaient la cramoisissure de ses joues teintées de rouge, signe de bonne santé. Elle avait une cocarde autour du cou. Mon satané esprit, me souffla, que le fait d’enrouler le foulard sur le cou, cache les longs baisers coriaces, causant des ecchymoses. Elle portait un parfum envoûtant, possiblement Hypnotic poison. Subitement, pendant qu’ils devisaient, une rêverie me prit. Je songeai baguenauder Médina, dans des allées et venues dans des charmilles, comme une cadine de mon sérail. Je fus toujours attiré par le teint basané d’une femme. Le genre qu’on appelle chez nous « Louiza maqliya » (Amande grillée). Je grillai de curiosité, d’impatience pour la connaître. Accointe-toi avec Médina, abjure tout autre, me disais-je.

    Elle mest promise,
    Fort heureusement!
    Mais quelle entreprise
    Que d'être amant
    Près d'une promise! P.Verlaine.
    Le 03 Janvier 2009
    A suivre…/….

  • Mécontemporain épisode 8

    Quelques passagers embarquèrent. Parmi eux, un couple qui, après le salut, prit place des burkinabaises à mes cotés. L’homme le teint marocain, par contre son conjoint est une Africaine. Puis l’hôtesse vint constater si les passagers fixèrent leurs ceintures de sécurité. Je fus content qu’elle nous délivre de la parodie d’explication sur l’utilité des commandes de réglage des sièges, de la fermeture et l’ouverture de la ceinture, le système d’aération, les issues de secours et la cachette des gilets de sauvetage. Elle répand la claustrophobie sur les passagers dans le vase clos et exigu de l’avion.
    Elle me rappelle, à chaque voyage, la mésaventure d’un marocain. Durant un vol, l’avion fut sujet à des soubresauts en traversant des trous d’air. L’hôtesse passa le sourire aux lèvres, pour superviser les soubresauts émotionnels des passagers, repérer les incommodés et les sécuriser mentalement disant :
    - Chkoune dakh (qui est déréglé)
    Un homme leva le doigt et elle lui donna un cachet . Elle passa trois fois de suite après les saccadés, s’époumonant, « chkoun dakh » et le même gars levait la main. Au quatrième comprimé, il s’évanouit. En cherchant dans ses documents, elle sut qu’il s’appela « Dakh ».
    Quinze minutes de relevées, et l’avion décolla. De mon porte document, je tirai un ancien livre « Contes du Zougoulougoubamba » de Giselle De Goustine, récemment acquis chez un bouquiniste à Niamey. Je souriais en lisant la première page : « Ouendé avait dit aux oiseaux : Vous vivrez en liberté et vous trouverez toujours des graines et des insectes à manger. Vous emporterez seulement vos chants avec vous, et vous serez plus souvent dans l’air que sur le sol ». J’imaginai que tous les passagers sont des oiseaux enfermés dans une cage. A l’arrivée, en descendant sur la passerelle, Il se peut qu’un petit oiseau chantant un coucou, sorte de l’appareil d’un photographe ou paparazzi. Mais je pense qu’il n’y ait une star ou VIP sur ce vol. « Avez-vous déjà été obsédé par un dialogue intérieur que vous ne réussissiez pas à interrompre, comme si votre cerveau refusait de se taire ? Si cela vous arrive encore, essayez simplement de baisser le volume – A.Robbins » Je délaissai mon imagination débordante, quittant ma fantaisie puérile et mis pied à terre, pour reprendre ma lecture.
    En entamant ma relecture, mon voisin me lança :
    - Comment allez-vous Monsieur ?
    - Bien merci, répondis-je par civilité et politesse. Et vous ca va ? De retour au bercail ?
    - Oui, j’y vais pour quelques jours. Je réside à Ouagadougou où je tiens un commerce d’artisanat. Mon épouse est souffrante et je dois voire un spécialiste à Casablanca.
    - Je lui souhaite un prompt rétablissement. Si ce n’est une indiscrétion, de quoi souffre-t-elle ?
    - Elle souffre du syndrome métabolique. Une maladie bizarre. Les spécialistes à Ouagadou ne purent le prescrire, ni le traiter.
    - Ah ! Ce n’est grave, si on surveille l’hypertension et le cholestérol.
    - Oui, mais il y a le risque cardiovasculaire, tel un infarctus de myocarde.
    - Cela tombe bien. Je vais vous conseillez un remède miracle, pour ce syndrome et pour diverses maladies. Au Maroc, à ma connaissance, il y a un seul marocain qui s’adonne à la culture de cette extraordinaire boisson de santé. Elle n’est pas commercialisée et c’est gratuit. Sans tarabiscoter, c'est une réalité.
    Encouragé par son petit hochement de tête poli, j’expliquai mes propos. Il m’écouta, l’air ragaillardi. Sa femme revigorée, par cette nouvelle. Sincèrement, je veux par cette boisson fermentée la sustenter, afin qu’elle recouvre la santé et le sourire.
    - Je vous saurai reconnaissant de me le dire. J’irai par monts et par vaux le retrouver.
    A suivre ...
    Salé,le 20 Décembre 2008






    .

  • Mécontemporain épisode 7

    Salé, le 05 Octobre 2008

    Après une vingtaine de minutes, nous arrivâmes à Diori Hamani International Airport. Le départ était prévu à 2 h 30. Après l’enregistrement des bagages et l’acquisition de nos billets d’accès, Ghrib et moi prîmes congés de nos amis Nigériens. Nous les remerciâmes pour l’accueil chaleureux et le séjour. Ils nous étaient difficiles de leur dire le triste Adieu. Ma pomme d’Adam fut saillante, une mélancolie poignante me serra la gorge.
    Nous montâmes sur la passerelle de l’avion. Cherchant ma place numérotée, j’eus du bol d’avoir à mes cotés deux jeunes dames. Deux charmantes noires comme de l’ébène. Une habillée en jean velours teint tilleul, une surchemise aux finitions soignées. Une chemise taillissime pourprée. Le décolletage carré découvre des seins en poires. Le cou orné par une chainette en or et un rasoir en argent comme fanfreluche. L’effluve de leur parfum caresse l’odorat. Je préfère la femme parfumée, qu’une odeur de sainteté. L'autre dame portait une robe au couleur africaine. Elle n'a aucune caractéristique mouvante, comme la cousine Bette. Mon ami Ghrib prit place à coté, dans l’autre rangée. Je saluai mes voisines avec le sourire. A Ghrib je fis un clin d’œil à la dérobée. Il me sourit l’air complice. Il lut la joie dans mes yeux. Il sut que je ne m’ennuierai guère durant ce vol. A l’heure arrêtée, l’avion décolla et prit son vol. Les passagers virent les hôtesses expliquer les consignes de secours en cas de détresse. Puis ce fut un silence. Je préférai la conspiration du bruit. Dix minutes passèrent et j’eus des démangeaisons pour ne pas encore entamer une discussion avec mes voisines. Je m’y attardai involontairement. Il n’y a pas le feu au lac, patience Abdou me dis-je. J’évitai d’inventer l’eau tiède et toute espièglerie.
    J’ouvris mon porte document. Je tirai une revue littéraire. Ce numéro spécial traite de « La farce de Maître Pathelin » Cet avocat véreux, malhonnête et sans cause à défendre, promet à sa femme, dame Guillemette, de renouveler leur garde-robe en lui rapportant du drap sans rien débourser. Il se rend à la foire où il réussit à obtenir, non sans mal, une pièce de drap, en se promettant bien de ne pas la payer, en flattant le drapier Guillaume et en l’invitant à boire. Il eut avec de belles paroles son voisin le drapier qui, de son côté, s'applaudissait de la lui vendre plus qu'elle ne vaut ,découvre, au moment de récolter son dû; l’arnaque. Ce même drapier a un berger, Thibaut, qui le vole et qui a recours à l'avocat pour se défendre en justice contre son maître dans une affaire où il est coupable. L’avocat lui conseille de bêler devant le juge pour qu’il paraisse simple d’esprit. Sur les conseils de Pathelin, le berger gagne son procès en faisant l'imbécile devant ses juges et en répondant à toutes les questions par le bêlement. Mais lorsque Pathelin lui réclame ses honoraires, il n’obtient, à son tour, qu’un « bée ».
    Je retins de ma lecture « Il eut avec de belles paroles son voisin ». Je savais que la parole est un acte individuel de volonté et d’intelligence. Le mot chien n’a jamais mordu personne. Je m’adressai à ma proche voisine interrompant leur discussion :
    - Sans indiscrétion, vous êtes des Niameyennes ?
    - Non d’Ouagadou, des Burkinaises, me répondit-elle, avec un blanc et large sourire. Et vous sans doute Marocain ?
    - Enchanté. Oui je le suis, disais-je, le ton facétieux.
    Je feintai de rire, en pensant à Burkinabais et « burkinabaise ». Je savais que nous devions faire escale à Ouagadougou.
    - Charmée, dit –elle. Nous estimons beaucoup le Maroc !
    - Nous aussi madame, nous apprécions votre pays. Nos relations sont excellentes. Personnellement je lis sur le net, les journaux burkinabais et je rends visite, de temps à autre, au portail du Faso-net. J’aime l’humour de Ba Bouanga
    - Ah c’est notre Gad Elmaleh ! dit-elle souriante. Mon amie et moi eûmes l’occasion de voir un de ses spectacles « Papa est en haut » au Palais des sports à Paris. Ce qui est marrant chez lui, Gad signifie joie en hébreux. Il répand l’allégresse. Force est de constater cette tolérance notoire au Maroc. Cet esprit de convivialité des religions, des races, des ethnies. Un fait à prendre en considération.
    - Compliments très touchant m’allant droit au cœur mademoiselle, répliquais-je fièrement.
    A ces propos, je bus du petit lait, satisfait et honoré. Je toisai incontinent sa façon de s’exprimer, dont je n’aie ouï, ces derniers temps. J’admirai son langage, en langue et parole. Honni qui manigance, songeai-je . Je me devais être poli et courtois durant ce court vol. Il fallait éviter d’être persiffleur ou luciférien. La seconde dame entendait, ne parler point. Elle manque d’hardiesse ou elle est d'une timidité intellectuelle, pensai-je.
    - Que font mesdames dans ce bas monde, si ce n’est une indiscrétion ?
    - Moi, maitresse d’école, dit la proche voisine.
    - Ravi que la maitresse décolle en avion, dis-je plaisantant. Elle apprécia le jeu de mot en affichant un sourire avec douceur.
    - Je vois que monsieur excelle dans les jeux de mots, me lança-t-elle. Moi aussi j’adore ce jeu temporel et les bobards. Les blagues dans ma mémoire sont alignées les unes après les autres comme des perles d’un chapelet.
    - Ah bon ! Contes-y une veux-tu, dis-je. En mon for intérieur je décrochai la timbale en gagnant leur sympathie.
    - Soit ! Deux couples se rencontrent chaque samedi soir pour jouer aux dames, aux échecs, aux cartes ou parfois, au scrabble. Un soir éprouvant l’ennui de jouer le même jeu, l’un proposa de changer de divertissement. Tous se mirent d’accord et optèrent pour le jeu du mime. Chacun fera un mimique, et, aux autres de deviner le métier. La première femme se leva. Enleva son chemisier, puis son corset. Prit ses seins des deux mains et dit :
    - C’est quoi ce métier ?
    Les gars sont restés bouche bée et donnèrent leurs langues au chat.
    - Mais ce sont mes deux seins, donc médecin.
    A son tour la seconde femme, fit de même. Elle enleva son chemisier et son corset. Elle prit les deux bouts de ses mamelons qu’elle joignit et leur demanda le métier. Aucune réponse.
    - Mais c’est les bouts reliés, donc le bourrelier.
    Le mari de la première femme prit un lange, entoura le bout de son phallus et demanda à son tour le métier. Pas de réponse.
    - Voyons, c’est le bout langer, donc le boulanger.
    Ensemble nous rîmes à nous fendre la mâchoire. Les passagers nous scrutèrent cherchant à déceler l’air de cette gaieté.
    Au moment où elle termina sa blague, les hauts parleurs annonçaient aux passagers de regagner leur place et de fermer leurs ceintures de sécurité. L’avion devait entamer la descente vers l’aéroport d’Ouagadougou.
    - C’est ingénieux dis-je. Belle farce mademoiselle !
    - Mon amie s'appelle Gertrude et moi c'est Désirée. As-tu une blague à nous narrer toi aussi, bientôt l’avion va atterrir ?
    - Honoré, moi c'est Abdou. Oui, j’ai une en mémoire.
    - Charmées. Racontes-y donc !
    - Avec grand plaisir ! D’emblée, une jeune fille avertit le garçon avec lequel elle sort pour la première fois :
    - Ma mère m’a fait jurer de répondre énergiquement « non » à tout ce que vous me proposeriez.
    - Très bien. Verriez-vous une objection à ce que je vous embrasse ?
    - Non.
    Et de rire ! Nous nous tînmes les côtes de rire. Le bruit du train d’atterrissage ébranla notre bonne humeur. Nos paroles et notre gaieté s’amenuisèrent comme tombent les pétales d’une fleur fatiguée. L’atterrissage ne fut pas trop dur, probablement la séparation le sera aussi. L’avion s’arrêta sur la piste. Je me levais pour laisser le passage à mes voisines.
    - Mon dernier mot avant de vous souhaiter bonne continuation, me dit l’éloquente Désirée, vous exercez quoi dans la vie Abdou?
    - Journaleux, dis-je avec le sourire. Je dis parfois ce que je pense, mais je ne pense rarement à ce que je dis.
    - En voilà la modestie, l’humilité et l’effacement. Ravie de faire votre connaissance journaliste chevronné. On sent chez vous l’odeur des salles de rédaction, termina-t-elle avec un serein sourire.
    Avant de leur serrer la main dans la stricte politesse d’Adieu, je lui remis ma carte de visite, qu’elle mit dans son sac. Elles me quittèrent heureuses et contentes. Avant qu’elles ne descendent, elles firent de la main un salut, par civilité je répondis aux salueuses.


    A suivre.../...







  • Alphabète (Suite et fin)

    - Ton absence, laisse au cœur, une plaie vilaine.

    -  Vil N !

    -  Je pars ô bien aimée, pressante l’orange.

    -  L’O range !

    -  Ce soir, je rime enfourchant mon pégase.

    -  Le P gaze !

    -  Je t’oublierais, au cœur un soigné curage.

    -  Le Q rage !

    -  Je couperais le cordon ombilical et hernie.

    -  L’R nie !

    -  J’errerais loin, dans le fluide de l’espace.

    -  L’S passe !

    -  Je ne prononcerais jusqu’à ton nom, têtue.

    -  Le T tue !

    -  Tu regretteras, la fugue de l’esprit vif et lutin.

    -  L’U tint !

    -  Aimes donc, ce petit monde et ses verrues.

    -  Le V rue !

    -  Ceux aux cœurs en stuc, double vêtement.

    -  Le W te ment !

    -  T’offriront-ils, bouquet magnolia ou d’ixia ?

    -  L’X scia !  

    -  Regardez ! Je me refuge au sein d’une hie grecque.

    -  A hie ? L’I grec du mystère !

    -  Je lui rimerais en français, des vers en grec et latin.

    -  Je plaisantais, reste auprès de moi, ô mon badin !

                                                                      Salé, le 08.09.08

  • Alphabete

    -   Abdou : Mignonnette, embaumée à la lavande aspic.

    -   Elle : L’As pique !

    -   Timide et coquette, évites dame, cette  bégueule.

    -   Le B gueule !

    -   Je rêve de toi pour nourrir mon gracieux sérail.

    -   Le C  raille !

    -   Mon désir n’est péché, ton charme le dégèle.

    -   Le D gèle !

    -   Ta splendeur, ton caractère m’est une école.

    -   L’Eh colle !

    -   Mon amitié, ma fidélité ne te sont éphémères.

    -   L’F est mère !

    -   Tout bonnement, tu es une fée, une génie.

    -   Le G nie !

    -   Tu me fascines sphinx à buste femme tel hacheron.

    -   L’H rond !

    -  Ton attirance, un aimant, m’est une heureuse issue.

    -   L’I sue ! 

    -   Tes contes et récits nullement de la giberne.

    -   Le J berne ! 

    -   Tu plonges, tu esquives, habile tel un canard.

    -   Le K narre !

    -   De soupir en délire,m’ affection et élan  illimité.

    -   L’I limité !

    -   Je suis tenace, têtu et bouché à l’émeri. 

    -   L’M rit !

     

                                                                                      A suivre

     

  • Mécontemporain épisode 6

             

                                                                       

           Le jour suivant, je pris mon petit – déjeuner, fis le change et pris la direction de la sortie. Le bon petit hasard fit que Corrine sortît au même moment. Après un salut amical, elle me lança : 

          -    Bonjour Abdou. Vous allez où à cette heure- ci ?

          -   Je vais au marché Antala,dis-je lui adressant un sourire. Je sais qu’hier vous me conseillassiez d’y aller pour la croix d’Agadez.

          -    En effet, je vais dans cette direction. Peux-je vous y amener ?

          -   Très volontiers, si cela ne vous dérange point Madame, dis-je. Je vous saurai reconnaissant. 

               Nous nous dirigeâmes au parking. Elle ouvrit la porte de sa Picanto couleur vert esthétique. Je pris place à ses cotés. Elle portait un tailleur vert pâle. Je regardai discrètement  sa poitrine moulée dans un bustier. Son parfum m’embauma de nouveau. Elle alluma son Pionner. La douce musique latino-américaine,  sans doute « Blessed » chanté par Christina Aguilera, déchira le silence.  Elle conduisait lentement et sûrement. De jolis bras tenaient ferme, le volant. Un beau bracelet esclave en argent ornait son bras gauche. Moi, je restais les bras ballants devant sa gentillesse, sa beauté et son charme. Je savais qu'en ce moment,  mon cœur comme d’habitude, va aux femmes charmantes. Corinne l’est. (Madame et souveraine,que mon coeur a de la peine. Le génie à son tour embrase toute chose; il vous rend sa lumière, et vous êtes la rose.G.Nerval) Mais je me tus, cherchant mes mots. Je devais parler pour voiler mon agitation intérieure, bien que je m’abandonnasse  à des rêveries. Un long silence, mais je devais être poli et courtois pour ne point abuser de sa gentillesse. Corinne, elle, pratiqua un silence prudent.(Nous nous perdions exprès,et,pour nous retrouver...Nous restions des moments,sans paroles, à rêver.Lamartine

    -         Corinne, tu sais que je pars ce soir, via Ouagadougou ? Dis-je pour relancer une discussion.

    -          Oui, je le sais. J’espère que le séjour fut agréable.

    -         Oui, madame, un séjour bienheureux. Nous ne nous plaignîmes guère, Les autochtones furent aimables et gentils. Notre femme- hôtesse fut aussi à la hauteur de son hospitalité et renom. Il fait beau y vivre dans ce pays.

    -          Un devoir monsieur, répondit-elle, avec un large sourire.

    -          Il me semble que vous êtes heureuse, Corinne, dans ce pays !

    -          Ma passion réside dans tous ce qui m’intéresse. Seule ma fille compte pour moi. Son avenir et son devenir m’incombent. C’est dur d’être femme dans ce bled. J’évite de me remarier. Les hommes m’ont fait souffrir et c’est certainement pour cela que je me suis endurcie et que je ne m'ouvre pas facilement. Je ne sais pas pourquoi je vous raconte ma vie. Mais sachez que je suis une  femme sensible qui a beaucoup pleuré et qui laisse encore couler des larmes.

    -     Je vous comprends madame. C’est sage comme décision, notamment pour l’éducation de votre fille. Vous êtes ce qu’on appelle madame couveuse. Balzac a dit « Vos femmes les plus nobles sont ainsi devenues d'estimables couveuses ». Bonne chance mère courage. 

         Après dix minutes, nous voilà arrivés au marché. Je descendis de la voiture et  prit congé d’elle. En démarrant elle m’adressa :

    -          C’est là ! Entrez à gauche vous trouverez les bijoutiers et bonne chance. Au juste ; vous n’allez pas trop tarder là. J’en ai pour 1 heure et demie pour retourner. Si vous êtes là, je vous ramène à la cité. 

    -          Bien merci, sans aucun doute. J’y serais là pour vous attendre, dis-je.

     Nous nous quittâmes ravis l’un et l’autre. A l’entrée, je fus abordé par un homme de couleur, tenant un sac en plastique sombre.

    -    Papa achètes çà s’il vous plait!

    Il ouvrit le sac, le scrutant, ce sont des pommes de terre.

    -          Oui, mais monsieur, ma famille est au Maroc, dis-je abalobé.

    -          Oui, emmenez donc cela pour la famille.

         J’évitai de sourire, pour ne point blesser ses sentiments. Il fut dans les patates.Le Maroc ne manque pas de tubercules. Je tirai de ma poche un billet de 1.000 CFA, que je lui remettais.

    -          Merci patron, me dit-il, me délaissant, l’air content.

            J’entrai dans ce grand marché, l’un des plus intéressant de l’Afrique de l’ouest.  Des étalages des tissus magnifiques ,  des objets en cuir, des bijoux, des couvertures djermas, et bien des choses impossibles. Je cherchais une boutique de bijoux. Les marchands m’invitèrent à visiter leur étalage. Je feignis ne pas entendre. Je pus trouver une boutique et ma croix d’Agadez que j’achetasse après un petit marchandage sur le prix. Pour ma sœur, résidante en Belgique, j’achetai un Iferouane, un penditif semblable à la croix d’Agadez. Par une hospitalité  légendaire, le marchand, me proposa un verre de thé. Il me restait un peu de temps encore et j’acceptai l’offre modestement. Car depuis mon arrivée, je n’ai bu ce breuvage national. Il sut que je suis marocain. Il me relata le beau geste de notre Roi à Maradi.

    -          SM le Roi Mohamed VI s’est rendu, le 18 juillet 2005, au Niger dans le cadre d’une isite humanitaire dit-il fièrement. Lors de ce voyage Royal, le Souverain, ajouta-t-il, a visité l’hôpital installé le 9 juillet 2005 par l’armée marocaine à Maradi, à 550 Km au sud-est de Niamey.

    -          Un exemple de solidarité sud-sud, répondis-je. J’ai remarqué, que le Niger est en progrès constant. Le Nigérien  est homme travailleur.

    -          Oui, n’y gère rien ! répondit-il, l’air sournois.

    -          C’est vous qui le dites. Vous excellez dans les jeux de mots monsieur. Moi je dirai, le bijoutier pare les cous, le maître d’armes pare les coups et la couturière parle et coud.

    -          Génial ! Vous m’étonnez monsieur. Merci pour Niamey et son bijoutier.

    -           Mais sincèrement, j’ai constaté la ville propre, la verdure est présente dans tous les recoins de Niamey.

    -          En effet, mais il y a des secteurs négligés. J’ai eu l’occasion de visiter votre beau pays. Je suis un des tijanes. J’ai vu Casa, Rabat et Fès bien sur. Des villes propres et sécurisées. Je notais l’absence du racisme. Les africains sont les leurs. Mais  sans tarabiscoter, vous avez aussi un jeune et grand Roi qui veille à la prospérité et la pérennité du Maroc. Je lis les reportages des journalistes sur Laayoune et le Sahara. Sans vous lancer de lauriers, c’est grandiose et phénoménal ce que le Maroc érige dans sa région. Que Le Très Haut  protège votre Souverain, Amen.

    -          Amen ! Dis-je. Un collègue journaliste africain, m’a dit récemment : Ah si vous pouviez nous prêtez votre Roi, seulement une année !

    -          Il n’a pas tord de le demander ! Votre pays s’investi en Afrique, c’est de bon augure. Plusieurs pays de la région s’imprègnent sur le modèle marocain. Vous avez beaucoup d'envieux et jaloux, mais qu'importe, les chiens aboient et la caravane passe. 

    -          Dites moi, les journaux sont-ils quotidiens à Niamey ?

    -          Oui, ils paraissent chaque jour, sauf le dimanche.

    -          Ah, ce jour ils paressent !

    -       Vous m’avez eu là, monsieur est toujours plaisant.

          Je consultai discrètement ma montre, c’était l’heure. Je demandai la permission de partir. Je remerciai mon hôte, pour le verre de thé et le débat. Je lui serrai la main. Elle fut molle et moite. La discussion l’aurait agité d’un vif sentiment. Je regagnai la sortie, en passant prés des étalages où tous les objets inimaginables sont exposés. Des postes radio, des appareils photos, des cassettes, des clefs, outils et ustensiles jonchaient sur les devantures des boutiques.

          Une fois dehors, j’attendis cinq minutes et je vis la Picanto. Corinne s’arrêta juste devant, pour m’ouvrir la porte droite.

    -          Woo (Bonjour) dis-je plaisantant.

    -          Poo ! U sewo. (bonjour, ça va)

    -          Sewo! Corinne.

    -          Compliment Monsieur, Je vois que vous apprissiez, vite les convenances du salut. Avez-vous trouvé ce que vous cherchassiez ?

    -          Oui, je suis subjugué et charmé par ce marché. J’ai pu acquérir deux colliers. Merci pour votre aide variée. 

          Lors du retour un courant aimable siégea. Telle l’onde entre les dauphins. J’évitais toujours, de profiter de sa complaisance et indulgence. Par contre nous nous promîmes de rester en contact en échangeant nos coordonnées respectives. Elle m’informa que dans deux mois,qu’elle visitera le Maroc. Par nostalgie, sa fille doit revoir son père à Casablanca. Je la priai de m’informer du jour de leur arrivée par courriel.

          Nous arrivâmes à la cité, peu après. En descendant, Corinne me dit, d’une voix douce et onctueuse :

    -          Cher monsieur, c’est le moment de vous dire mon au revoir. Je vous souhaite tous les deux un bon retour. Transmettez mes amitiés à votre ami.

    -         Merci, Corinne de cette affectueuse amitié, marmonnai-je avec enthousiasme. J’attends de vos nouvelles une fois au pays.

    -     Inchallah, dit-elle, la voix sucrée. Soyez prêts à l'heure pour ne point rater l'avion.

    -    Qui trop embrasse manque le train, dis-je avec un leger sourire. Je n'oppresserai aucune!

    Nous nous saluâmes par bise sur les joues. Je restai calme et serein. Le soir, je rangeai ma valise. Gharib et moi partîmes à l’aéroport tard dans la nuit.     

     

                                                                                                                       Salé, le 20 Août 2008

  • Méconremporain suite 5

         Salé, le 23 Juillet 2008

     

     

               Le lendemain aussitôt, le petit-déjeuner continental consommé (sans de journal), Gharib et moi primes le minibus affecté au déplacement des conférenciers, intervenants et journalistes. Le  11ème forum  s’est ouvert au palais des congrès, en présence de plusieurs experts africains et internationaux. La rencontre porta sur la gestion des ressources en eau, la sécurité alimentaire en Afrique de l'ouest, au Tchad et au Cameroun. Par ailleurs la sécheresse et la pluviométrie furent à l’ordre du jour.

            Dans ce contexte et dans le cadre de la coopération sud - sud, le Maroc a acquis des méthodes de déclenchement de pluies artificielles.  « En effet, la vision de Feu Sa Majesté Hassan II a fait de la météorologie marocaine un fleuron de technologie au service du développement des différents secteurs socio-économiques du pays. Ainsi, le développement de notre météorologie a été mis au service de la coopération avec le continent africain, notamment dans le domaine de la pluie artificielle, la prévision numérique, l'assistance aéronautique, l'agro- météorologie, et l'hydrométéorologie. Le renforcement de cette stratégie par Sa Majesté Mohammed VI repositionne la météorologie marocaine face à de nouvelles orientations, et a permis à la Direction de la météorologie nationale, d'intégrer le Comité européen en tant que membre à part entière dans le Centre européen de la météorologie et a favorisé la désignation du Maroc au sein de l'OMM, en tant que Centre régional des instruments pour l'ensemble de l'Afrique.

            Le forum dura deux jours. L’ensemble des acteurs devraient redoubler de vigilance et d’opter pour des actions combinées.

             Le forum terminé, le soir je rejoignis la résidence. Je pris  place dans le hall pour demander une tasse de café. Je fus servi. Que voici la gérante qui me salua avec un sourire éternel.

    -          Labass, kif dayer enta ? me demanda-t-elle, avec un accent marocain européanisé. (Bonjour, comment vas-tu ?)

    -          Bien merci, répondis-je pris au dépourvu. Française, j’ignorais qu’elle parle le dialecte marocain avec un léger accent.

          Je me levai pour la saluer, mais l’esprit rêver autrement qu’il ne pensai. Je laissai à la dame la politesse de s’asseoir. Je ne voulu l’inviter par respect, mais je lui laissai toute la latitude pour me rejoindre à ma table. Je fus son invité. Elle prit place, je fis de même. Elle portait un si beau parfum, que mon sens olfactif connut pour un Chanel 5. Je la trouvai  mignonnette, coquette, charmante, un sourire léger et délicieux, un long cou mince avec un petit nez adorable. Des doigts minces sans alliance (Je te donnerai une robe d'épouse, je passerai mon anneau à ton doigt Claudel). Une chevelure drue avec des zestes d’espoir. Le reflet du chemisier rouge bonbon, reflétait  sur ses joues devenues roses.

    -      Je me présente, Corinne  en grec Kora, cœur de jeune fille. J’ai vécu à Rabat avec mon ex mari  marocain. J’ai de beaux et bons souvenirs de cette charmante ville. J’y trouvai la quiétude, la sécurité et le civisme. Je résidais au quartier Hassan.

    -          Honoré dis-je, pour taire mon silence.

    -          J’ai des amis à Rabat, reprit-elle le sourire omniprésent. Mon séjour était entouré d’amis éprouvés, humbles,  modestes au cœur ouvert aux discussions sereines.

    -          Vous vivez seule içi dans cette ville ? demandai-je.

    -          Non ! répondit-elle avec une timidité charmante, les joues rubicondes, le regard intense, profond et tourment. Je vis avec ma fille. C’est mon rayon de soleil.

    -          Que le Très haut vous préserve Corinne. Puis-je vous demander un avis Madame ?

    -          Avec plaisir Monsieur, reprenant son sourire stabilisateur.

    -          Vous qui ait connu le Maroc. Quel présent vous me conseillassiez pour une favorite.

    -          Un bijou qui porte le message d'amour, répondit-elle. C’est la croix d'Agadez. L'origine de la croix d'Agadez c’est qu’un jeune homme voulait déclarer sa flamme à la jeune fille de son cœur mais il ne savait comment faire car celle-ci était enfermée chez elle. Il eut l'idée de faire appel au forgeron du village. Il faut savoir que le forgeron a une place très importante dans la société touarègue car c'est lui qui fabrique les instruments de cuisine, qui usine toutes les pièces métalliques dont on peut avoir besoin et qui fabrique aussi les bijoux pour les femmes. A ce titre, il a le droit d'entrée dans toutes les familles avec qui il commerce, et même en cas de guerre, il est de ceux dont la vie est préservée. C'est dire son importance. Ainsi donc notre forgeron se voit confier la mission de transmettre un message d'amour. Comment faire ? Comment dire son amour en toute discrétion ? Ce sera un bijou qui portera le message amour. AMOUR se dit T (o) R (a) en tamachek, qui se représente par les signes + et O.   L'agencement des lettres + et O se combinent pour donner l'ébauche de la croix d'Agadez, les fioritures autour étant là pour maquiller un message trop explicite, et peut-être aussi pour faire plus joli. Voilà, il ne restait plus au forgeron qu’à trouver un prétexte pour aller dans la demeure de la belle, lui glisser discrètement le bijou dans la main et la mission était accomplie.

    -          C’est étonnant ! dis-je l’air baba. Donc ce sont des pendentifs en argent et non aurifère.

    -           Vous me forcez le sourire. Ce n’est pas le cas comme au Maroc. Les femmes touarègues ont une peur superstitieuse de l’or, elles n'en portent jamais. L'argent a donc supplanté l'or dans les traditions touaregs. Les bijoux en argent font partie du patrimoine de chaque famille touareg. Ils ont une valeur symbolique, mais aussi bien réelle, car ils servent aussi d'économies et de monnaie d'échange. Chaque bijou est un message qui porte un symbole parfois oublié. Chaque collier porté par une femme touarègue évoque diverses anecdotes et toute l'histoire d'un peuple, d'une ville.

    -          Merci pour l’initiation. J’irais demain acheter ce bijou porté en sautoir.

    -          Je vous conseille de voir au grand marché du quartier Yantala. Là je vous laisse pour ne point vous déranger,dit elle en se levant. Je vous remercie pour ce gai entretien.

    -          Madame, dis-je me levant. Elle leva le regard plaisant sur moi. Vous ne m’avez point dérangé, au contraire, votre franc parler et votre belle allure m’inondèrent de plaisir. Ma verve cherche toujours une bonne et enthousiaste  compagnie. Vous le fûtes. Au plaisir de vous revoir  Corinne.

    -          Inchallah, dit-elle le regard satisfait.

          Nous échangeâmes un gracieux salut. Comblé, je montai dans ma chambre.  

                                                                                            A suivre
  • Mécontemporain! (suite 4)

     Salé, le 16 Juillet 200 à 23h30 de relevée

     

                Le lendemain nous partîmes à l’aéroport Rabat - Salé. Nous dûmes Gharib et moi passer en transit par Paris, la ville lumière. Nous descendîmes à l’hôtel Ibis. Un splendide établissement dans l’enceinte de l’Aéroport Roissy Charles De gaule. Nous fîmes un court shoping  dans les magasins. Au duty free, ce sont des achats à la sauvette, pour rejoindre les chambres, car nous devions coucher tôt pour le long trajet du jour suivant. Je  passai  une bonne nuit, découchage oblige.

               Dès potron-minet nous quittâmes l’hôtel, et c’est sur un Air- bus, que nous fîmes le voyage à Niamey. Une chose me stupéfia lors de l’embarquement des passagers. Avant le décollage, un Stewart  tenait un nébuliseur et parfumer  « d’insecticide » tout l’espace intérieur de l’avion. Voulut-il pulvériser des moustiques ou ses cousins ? Drôle de largage d’insecticide d’un avion encore au sol !

                Le confortable vol, dura huit heures. La manière de service fut excellente et hospitalière. Le temps languit pour les fumeurs, par ce besoin de nicotine. Mais c’est interdit de fumer. Je saisis la durée du vol pour m’informer sur les particularités du Niger. Ce nom vient du touareg “Najjer” signifiant “Fleuve“, ce mot serait à l’origine du mot “Nègre” et aussi du pays connu sous le nom de “Nigéria” également. La singularité de la langue française dans le pays est.

     Aujourd’hui soir : veut dire ce soir.

     Autrement dit : dans un autre cas, dans le cas contraire.

    Boire une cigarette : fumer une cigarette.

    Cabiner : déféquer.

    Doigté : montrer du doigt.

    Douchière : la douche.

    Gardinier : jardinier et gardien en même temps.

    Zoto ; argent, jeton.

    Entonnoir: divorcée.

    Frais de taxi : pourboire.

    Titulaire : amant, fiancé en titre.

    Et c’est deux jours ? : Comment ça va.

             En langue locale ; Hana kiwana: comment ça va ? Ethiopienne: Femme très maigre. Kawter : K O.

            Je sus aussi l’histoire des touaregs  du Niger. Ils sont de lointains cousins des Égyptiens et Marocains, ils ne sont pas Arabes. Les Touaregs sont d´origine Amazigh, ils parlent un dialecte Amazigh ancien et l'écriture Tifinagh dans ses nombreuses variantes régionales, a influencé l'alphabet Berbère d'aujourd'hui. C’est un peuple berbère vivant dans les parties centrale et méridionale du Sahara, traditionnellement nomade mais tendant à se sédentariser. Paul Pandolfi, de l'université Paul-Valéry (Montpellier)  « s'est interrogé sur l'origine de cette singularité. Il lui a trouvé une origine ancienne : elle remonte aux premiers contacts directs entre des voyageurs et ces peuples du désert. Dès les années 1860, les Touaregs ont été décrits comme un peuple certes redoutable, mais avant tout mystérieux, indépendant, authentiquement autochtone et peu islamisé. Contrastant à la fois avec les populations arabes d'Afrique du Nord et les Noirs d'Afrique sahélienne, les Touaregs ont été jugés plus civilisés que leurs voisins, culturellement plus proches des Européens. On crut voir dans certaines de leurs moeurs (la monogamie notamment) les traces d'une origine chrétienne oubliée, et on les déclara indubitablement de « race blanche », peut-être même d'origine européenne. Par ailleurs, leur nomadisme était un gage d'insoumission : il s'agissait d'hommes libres qui jamais ne s'étaient soumis aux conquérants arabes ou noirs. Leur mode de vie chevaleresque était un signe de noblesse. Cette image, dont on ne peut dire qu'elle soit fausse, présente toutes les qualités du stéréotype, car elle a su résister à de nombreuses épreuves : l'assassinat du père de Foucauld, le massacre d'une mission française au Niger en 1880, et les examens minutieux du Dr Atgier qui, en 1909, dut constater que beaucoup de Touaregs étaient noirs... Tout cela importa peu : on continua de désigner ces « hommes bleus » du désert comme un peuple nettement plus « blanc » que les autres ». Las de lecture, je fermai Que sais-je ?

              Dare-dare nous arrivâmes le soir à Niamey. Le temps fut doux. Après les formalités de l’entrée, les agents d’accueil nous conduisirent à la résidence universitaire, derrière le fleuve Niger. Cité nouvellement construite, qui offre des prestations d’hébergement de qualité et propose des équipements communs de détente. Un jardin tapissé de verdure, des fleurs Helleborus niger, de  grands arbres catalpas et l’eau chaude courant. Elle est gérée par une adorable, courtoise et aimable française.

  • Mécontemporain! (suite 3)

         Salé, le 14 Juillet 2008 à 20h de relevée.       

     

               Prends-en ton content Abdou, tu peux patienter! Je rentrai chez moi. Je me déshabillai et j’entrai dans la salle de bain, pour prendre une douche. Après le bain, j’enfilai mon peignoir, et au moment où je chaussai mes babouches, je constatai que la paire droite surplomber de haut celle de gauche. Une incitation et une invitation au voyage pensai-je! Maintes fois, cette « abordée » de babouche me fut signe d’un déplacement. Prélude avéré vrai et authentique. J’acceptai le présage de bon augure.

     

              Je pris mon dîner. Je lus mon courriel. Je devisai, « clavaudant » au chat, avec une mienne amie connectée. Nous nous échangeâmes une discussion fort aimable. Je fus de bonne humeur. Ma ci-devant, excellait verbalement et ne mit pas son intelligence en jachère. L’âme imbibé, nous nous quittâmes doucereusement, contents l’un et l’autre, pour  tomber dans les bras de morphée.

     

             Le lendemain, je quittai tôt mon appartement. D’habitude je ne parlais point avant de prendre mon petit-déjeuner. Mais ce matin en allant vers le café mitoyen, je sifflotai un air inconnu. Un fait rare. Quantes  passants, qui à force de nous nous rencontrer matitunalement, me regardèrent abasourdis et stupéfaits. Mais gentiment ils me lançaient,  comme de coutume, le salut. Je répondais poliment au salut.

     

             Comme d’habitude, j’acquis mon journal de chez le kiosque. Je demandai au serveur ma crème tirée et ma tranche de gâteau jalousie :

     On déjeune en lisant son journal. Tout le jour

    On mêle à sa pensée espoir, travail et amour.

                                                       (V. Hugo)

     

               Rassasié, j'hélai un taxi pour aller au travail. Ces deniers jours j’évitai d’user ma voiture. Arrivé, je devais passer devant le secrétariat pour rejoindre mon bureau. Ma demoiselle Batoule, la secrétaire du chef, toujours matinale, m’appela:

    -          Bonjour Abdou, me dit-elle. Es-tu vacciné contre le paludisme, la fièvre jaune et la maladie du sommeil ?

    -          Oui, affirmai-je, l’abord méfiant. Je suis vacciné contre les maladies du tropique, pour dix ans. Pourquoi, encore un périple ? (En mon for intérieur, souriant, je pensai à mes babouches. Mais aussi j’eus une pensée pour ma nouvelle et future conquête).

    -          Le patron t’a désigné avec Gharib  pour couvrir le 11ème forum sur les prévisions climatiques saisonnières en Afrique de l’Ouest au Niger, me dit-elle avec un sourire léger. Vous partez demain matin. Vos billets d’avion et liquidités de Frais de déplacement et séjour seront là dans une heure.

    -          Ah le forum du PRESAO, c’est intéressant. Soit ! Je vais de ce pas  relire la morasse d’un de nos localiers.

     

               Jadis je fus un articlier, naguère  rewriter, me voilà reporter à Niamey. J’irais  vaille que vaille !

     

                L’après-midi attardé, je ne pus aller voir ma désirée. Et je me dis, diffère Abdou, diffère à ton retour ! La nuit je préparai ma valise. Mes habits de rechange. Ma trousse de toilette. Mes babouches tant chéries. Des stipules du tilleul et du thym pour des infusions. Maintes fois, le changement climatique atteignit mon métabolisme et me provoquai des somatiques (Je ne suis pas froussard). Mon livre de chevet « La paresseuse ». Mon MP3 et une clé USB. Par précaution, je pris des  photos d'identité pour  le badge ou l’accréditation au forum. Et enfin un maillot de bain pour la piscine, pour joindre l’utile à l’agréable.

     

                                                                  A suivre..

  • SONGE

                      (En hommage à une mienne amie. Mes soins empressés pour cette grande dame)

     

                 Le matin, je lu mon journal comme d’habitude. Après les grands titres de la une, je consultai mon horoscope. Ce jour, sur le plan professionnel attendez vous à des imprévus, à des changements de programmes. Soyez prudent et ne faites confiance à personne. Sur le plan sentimental, période euphorique en ce moment. Vous aurez une surprise.

     

                 Bien qu’optimiste, attendre c’est espérer la venue de quelqu’un. Ou bien la survenance de quelque chose. Cette étude prédictive des diseurs de bonnes aventures  m’ébranla peu ou prou.

     

                  Je terminai mon petit-déjeuner et ma lecture, et me décidai à quitter la pâtisserie. En sortant, je vis une femme attablée que je n’eus aperçue lors de ma consultation du quotidien. Une belle et charmante dame que je n’ai plus revu depuis belles lurettes.

     

                  - Ah te voilà, Bienheureuse dis-je! Ne me dis pas que je te cherchai si je ne t’ai pas trouvée.

     

                  - Le monde est petit, répondit-elle souriante.

     

                  -  Oui ! Une singulière et merveilleuse rencontre.

     

                  - Que deviens-tu depuis cher ami ? M’apostropha-t-elle.

     

                  - Tant bien que mal. Des hauts et des bas, c'est la vie. Mais je ne boude point.

     

                  

                  A priori, j’allai lui étaler, ses trente ans d’absence. Une absence où je ne fus jamais seul, bien que cette dernière fut toujours présente avec moi, à mes cotés. Elle me chantai « Parlez moi de lui ». Les souvenirs lointains des moments doucereux m’enflammèrent. Le zéphyr amoureux attisa ma flamme et excita ma passion.

     

                    Mais la sonnette d’alarme de  mon grincheux portable, me tira irascible, de ce beau rêve. J’aurai aimé me rendormir pour terminer mon songe et faire appel à mon subconscient. Pénétrer dans le reste. Mais le devoir m’appelle. Lèves-toi et marches me disè-je !

  • Mécontemporain! suite 2

        Toute la nuit, je mûris mes plans pour l’approcher.Je ne fermai l'oeil de la nuit. Je tramai plusieurs scénarios et conjecturai moult canevas de plans pour gagner son amitié, mais non pour courir le cotillon. Adolescent je sus qu’affronter une veuve, c’est la guillotine, la louisette. Et épouser une veuve, c’est être pendu comme si la corde du gibet était veuve de tous les pendus. J’eus aussi la phobie des veuves noires. Cette araignée cannibale et sélective qui arrive à avoir le beurre et l’argent du beurre dans la relation amoureuse. J’eus une araignée dans le plafond, dans la coloquinte. Dieu merci, ma cible est blanche.  

        L’après-midi, je me  dirigeai, fredonnant un air en a-mi-la, au café Pachalik. La cafétéria sise devant l’agence où elle travaille. Emporté par mon imagination, je rêvai à un entretien tendre avec ma prochaine dulcinée. Des oaristys devisés, des paroles tendres, sereines et calmes.  Des entretiens galants, pour la faire revivre, loin de la cruauté de la perte de son conjoint. Je redoutai avec angoisse sa réaction, qu’elle refusât  toute proposition de faire ma connaissance. Le port du deuil m' handicapa. Pour lui partager ma compassion, je mis ce jour une cravate noire. j'eus aimé lui offrir,en ce mois de juillet, un bouquet de fleurs, la veuve dite aussi la scarbieuse .Jolie fleur d'un rouge foncé, veloutée et d'un parfum agréable Je ne pourrai être un démodé douilleur. Mais j’eus espoir en pensant au film que j’avais vu, il y a quelques mois. Un film Isabelle Mergault « Enfin veuve ». L’histoire d’Anne-Marie qui vient de perdre son mari dans un accident de voiture. Elle est enfin libre d'aimer celui qu'elle voit en cachette depuis deux ans. Mais elle n'a pas prévu que sa famille, pétrie de bons sentiments, a décidé de rester à ses côtés pour la soutenir dans son chagrin. Anne-Marie se retrouve alors encore plus prisonnière que lorsqu'elle était mariée. Est-elle libre ? Est-elle prisonnière ? Serai-je son sauveur pour dissiper son chagrin profond ? Mais je me dois être respectueux eut, son égard. C’est un devoir que d’être sincère avec son prochain. « La sincérité est une ouverture du cœur. On la trouve en fort peu de gens et celle que l’on voit d’ordinaire n’est qu’une fine dissimulation pour attirer la confiance des autres. la Rochefoucauld  »

       Arrivé au Pachalik, après une reconnaissance des lieux, j’optai pour une place de choix  à l'affût de sa sortie. Je pris une table en position statique. Je demandai au serveur comme à l’accoutumer, une tasse de café Lavazza et un oulmès.Le cendrier est déja en place.Aucune trace de la Peugeot 307 noire. La ruelle fut encombrée, des passants pressés, vaquèrent à leurs affaires. Des voitures circulèrent, les chauffeurs usèrent parfois le klaxon causèrent un grand tintamarre. Agressèrent l'ouïe. Force est de constater que le parc auto marocain a beaucoup évolué. Mais l’esprit des automobilistes lui, ne progressa point et manqua de civilité,ce lent apprenti de la civilisation. Dans la gélatine de l’embouteillage, un marchand ambulant exposa ses articles de vente, sur un triporteur ;à deux mètres, juste devant la terrasse du café. 

       Le temps languit .De temps à autres, je consultai ma montre bracelet. Cette attente impérieuse épuisa mon enchantement. Mais je gardais espoir même en l'absence de sa 307. Il est seize heures, la voilà sortante. L’allure saccadée, elle traversa la ruelle en direction du café. Le battement rythmé de ses jambes fit palpiter mon cœur entr’ouvert. Je demeurai calme. Erreur, un penser  amoureux! Elle s’arrêta devant l’ambulant marchand.

     

       Apres avoir prospecté l’étalage, elle mit son sac à l’épaule. Elle prit des deux mains une soupière de dînette de poupée,. Elle parla. Elle marchanda le prix avec le vendeur pour bénéficier d’un rabais sans doute. Il hocha son nez, secouant son menton à droite et à gauche pour la désapprouver. Ils  semblèrent n’être d’accord. Je dus me lever  pour intervenir, par curiosité et pour marquer ma présence dans l’espoir d’attirer son attention. Je feignis acheter des couteaux -à- beurre.

     

    -          Madame, dis le commerçant, Je ne peux céder cette unique pièce sans ses légumiers. J’eus la peine à vendre aussi des raviers, de la fameuse faïencerie de Sarreguemines.

    -          Je vous comprends, dit-elle, la voix douce et les mots chuchotés. D’aucun viendra acquérir ces six bols, croyez moi, monsieur!

    -          Je suis preneur. Dis-je intervenant dans la discussion. J’ai une soupière tête de lion de Limoge, mais les bols se sont amochés. Ceux-là sont assortis avec la soupière et les  saucières.(je romancai).

    La dame eut un léger sourire spontané. Des dents blanches, telles des perles ,bien alignées. Une dentition féminine. Je la regardai. Je la regardai et l’admirai. Je répondis avec un large sourire et je voulus pleurer de joie.

    -          Voilà donc un acquéreur monsieur, dit-elle pleine de satisfaction. Merci Monsieur, m’adressa-t-elle. La providence vous envoie.

    -          De rien Madame, dis-je plantant mon regard sur ses yeux noisette. Je ne vous le fais pas dire, la providence et le hasard. Soliloque je me disais «  L'amour est un jeu du hasard. Qui s'y frotte s'y pique. Il n'est pas bon que l'homme soit seul(Murger) ».

    Elle tira son portefeuille crocodile de son sac colombo. Elle paya et nous dit gentiment au revoir . Elle quitta l’endroit l’allure souple et ferme.A pieds. A mon tour je réglai les légumiers et reprit ma place au café me remémorant une lecture:Je sens monter vers moi le deuil d'une vallée où j'eusse été le roi (Jammes). Au fond de moi-même je pensai, ce n’est que partie remise. Mon âme est veuve.Je suis têtu. Monsieur de La fontaine l'a dit"Entre la veuve d'une année et la veuve d'une journée la différence est grande. L'une fait fuir les gens, et l'autre a mille attraits". Rebelote!

                   Salé, le 05 Juillet 2008 à 01h30 de relevée 

                                                     A suivre

                

     

      
  • Mécontemporain!

    Au travail, un beau matin je fus lésé, blessé dans mon amour propre. Je me senti frustré par le favoritisme, qui laisse place à l’arbitraire. Peut être existe-t-il, tant soit peu, mes semblables d’obéissance passive. Moi, je ne baisserai jamais le nez. Le responsable du service ; fit comme Napoléon qui se mit à juger les gens par la taille de leur nez, et accorda avantages à ceux ayant le grand nez. Il préfère celui qui fourre son nez dans les affaires de tous .

    Selon le principe de Laurence Peter  « Vous pouvez par exemple grommeler de temps en temps : C’est toujours les mêmes qui sont promus, dans cette boîte, et on oublie les meilleurs…L’incompétence créatrice offre, il me semble, un champ d’action aussi passionnant que la lutte traditionnelle pour l’échelon supérieur. Il donna un exemple : Pour son stage on confia à un maître une classe spéciale d’enfants attardés. Bien qu’on lui eût dit que ces enfants ne seraient pas capables de comprendre grand-chose, il entreprit de leur apprendre tout ce qu’il pouvait. A la fin de l’année, beaucoup d’enfants attardés obtinrent de meilleurs notes de lecture et de calcul que les enfants des classes normales. La direction de l’école pour le congédier, lui reprocha d’avoir négligé l’enfilage de perles, les pâtés de sable et autres disciplines destinés aux enfants attardés. Il a omis d’utiliser le modelage, les jeux de constructions et les boites de peintures fournies par le comité pour l’enseignement. »

    Rendu camus , ne savant que dire, ombrageux, irrité, manifestant mon courroux, la moutarde me monta au nez. Je quittai le bureau. Je mis le nez dehors, pour humer un peu d’air et me recueillir. Je trouvai refuge dans une terrasse de café, loin des tracas pour ruminer mes soucis et méditer sur les facteurs intrinsèques et extrinsèques à mon mécontentement. Et penser aussi à la théorie bifactorielle satisfaction - insatisfaction de Maidani. Les chercheurs ont constaté que la satisfaction au travail est un excellent indicateur de santé et de longévité. Le mécontentement peut cependant susciter, chez l’individu, des doutes quant à sa capacité de bien faire son travail. C’est ce qui se produit en particulier si les travailleurs estiment que leur activité professionnelle n’utilise pas pleinement leurs qualifications et aptitudes.

    Attablé, je demandai au serveur, une tasse de café, une bouteille d’Oulmès et un cendrier. Je lisais une œuvre de Mathilde Alanic « Anne et le bonheur » (Après les vastes horizons où son activité s’était dispersés, ces dernières années, les scènes qu’il traversait, en reprenant contact avec le monde civilisé, lui semblaient singulièrement puériles, rétrécies, mesquines. Du coin de son œil bleu, d’un bleu de glacier, l’officier dévisageait, les uns après les autres, les gens qui l’environnaient, les jugeant de banals exemplaires d’humanité. Et il leur en voulait, à ces êtres falots, incapables de résister à la maussaderie de l’heure, de dégager un si total ennui qu’il en subissait lui-même l’influence…Un bâillement  près de lui s’étrangla à peine, le gagna par contagion.

    - Diable ! Vais-je céder au cafard, moi aussi ? C’est trop bête ! Réagissons !)

    Au moment où je pris ma tasse, je voulus imiter mon héros du roman. Mais du coin d’un œil ambre et non bleu comme la sienne. Je regardai les passants. Mon attention fut attirée par une charmante femme. Moricaude, jeune et jolie. Ardente femme, habillée en djellaba. Blanc vêtue, elle est probablement une femme veuve. Elle sortait d’une agence d’assurance. Venait-elle pour régler une affaire ou y travaille- t-elle ?

    Elle me sublima. Je l’admirai de loin, retenant mon souffle. Elle se dirigea à sa Peugeot 307 noire. C’est un parking non loin de l’agence. Donc elle travaille dans cette assurance. Elle quitta benoîtement la place. J’oubliai mon désappointement. L’âme donjuanesque m’envahit. Je me pointerais là demain. Faute de grive, tue le merle me disé-je !

     

    A suivre

     

  • Virgine



      Virgine!

    La ruelle est sombre,ni cierges,ni candélabres !
    Sans lumière,sans oeillets ,sans arbres !
    Vint  la douce virgine aux boucles dorées !
    L’enflammer,l'égayer,l’embaumer,l’éclairer !
    Elle  envirgina ses mies, amis et les présents !
    Dans cette impasse ci-prés de la maison !
    Je songeais, rêver qu’elle fut au balcon !
    Lui chanter une sérénade, timide et rubicond !
    De grâce ,acceptez ces vers ,ces murmures !
    Sortant du cœur d'un décati qui les susurre   !
    Tes amis te bénissent, t’estiment Virgine !
    T’idolâtrent , te chérissent , tu l’es digne !


                              Salé, le 30 juillet 2005 à 7h15 de relevée
    Ce poeme a été rimé lors d une occasion de mariage d'un membre de la famille résidant à Paris,ville des lumieres.Virgine est une charmante et gentille française.Des invités français et Algériens de souches ,tous souriants et aimables,étaint aussi parmi les conviés.Les presents à cette féerique fête m'ont demandé de poétiser des vers en son honneur.Avant  de les rythmer,j'ai dis à Virginie"Je ne suis pas de ceux qui disent,des ongles vernis en rose,   d'une charmante et jolie parisienne ,que ce sont des griffes" Je lui volais et cultivais un large sourire qui        s'afficha ,sans que ses lèvres ne soient rebelles.Ses yeux acompagnant le geste des "charnues"  n'était pas ce que   j'appelle le pince-sans-rire!c'était un vrai sourire!

  • Vendredi

    Chère cyber-dulcynée,

       Hier soir je cherchais mon "Amazone".Celle qui se présentait sous la forme d'une grande dame,que j'ai vue au CAM ,ni grasse ni maigre,d'une taille large,mais pleine d'élégance.Elle a le teint frais avant ses vacances,la poitrine bien développée....Ses cheveux d'un blond cendré encadraient de leur boucles blondes. Un visage avec des yeux "noisettes",brillant à la fois et doux. Elle semblait une amazone d'une humeur impatiente ,d'un esprit actif, d'un coeur ardent dans tout ce qu elle entreprenait.Elle ignore la dissimulation et le monsonge.
       Je ne sais pourquoi,elle se resigna à ne venir me voir.Par son absence,elle me sevit,elle me ravie(otage).Je me répete deux vers que j'allais lui dire,afin de ne les oublier:

    Faisons l'amour,faisons la guerre
    Ces deux metiers sont pleins d'attraits.

           Je cesse de lui faire la cour,je cesse de rever être à coté d'elle, devant une grande cheminée. Non plus songer à jouer avec elle "Au mari et femme".   

  • Karimatage

    Salé le 26 aout 2005 à 12h20 de relevée.

    ''Seules les mères et l'écriture ne nous abandonnent pas.Chaque cahier qui s'ouvre est un berceau calme et blanc.Chaque cahier fait de nous un enfant,un bébé.''

    Dans cette page blanche,je narre des souvenirs d'une amie virtuelle.J'éviterai de dire son nom.Je sais qu'en me lisant  elle se reconnaîtra. Qu'elle m'excuse pour l'indiscrétion.Mais le beau,on ne peut le cacher ,le préserver tout seul?Pardi ,j'évite l'égoïsme.

    Un jour ,matitunal je discute  en MSN avec Bisou watt!

    -Bisou watt :Bjr ,kan beau,je ne sais ce que tu prépares,ni ce que tu vas dire!Mais je sais qu'avant de te lancer dans des mots blessants épargne moi la douleur décisive.Tu trouveras peut être l'amour quelque part avec une autre. Loin de moi et tu trouveras le bonheur et tu oublieras vite mon existence!

    -kan beau:Bjr,je t'avais dit que je suis un décati,un chauve,portant des lunettes de fonds de verre et n'ayant que deux dents de devant.Nonobstant que j'ai l'esprit et le coeur espiègles!

    -Le tout n'a absolument rien avec l'âge,mais la situation en elle même qui n'est  pas normale.Ce n'est l'âge,mais c 'est cet amour"impasse" surtout pour moi.j'ai réalisé dernièrement que nous fîmes erreur, voilà toute l'histoire.Kan beau et c'est ce que tu refuses de comprendre?

    -Oui tu as raison, je suis marié et trois fois père! Mais ai-je tord de te connaître?.N'ai-je le droit d'avoir une amie, une ame soeur,qui me sera muse et inspirante?

    -Peut être c'est trop dis ou mal exprimé,mais n'empêche le fait est là! Aussi, sais-tu que je vais subir une opération !

    -Ah bon de calcul mental!

    -Non de sentimentale! lol bébé!

    -Pardon c'est quoi "lol"

    -C'est un sourire!

    -Je cultive ce beau sourire perceptible!

    -Cultive,cultive!lol!

    -Ce sourire je l'ai aperçu ,tu sais où?

    -Où las-tu vu?

    -Sur les lèvres de Mona Lisa!

    -Lol!

    -Ce sourire me gène,tu sais pourquoi?

    -Non!

    -L'éclat de la blancheur de ta dentition si bien alignée,m' éblouit!

    -lol!

    -Ce sourire fait de moi un jardinier,je dois le cultiver dans le potager!Et je suis ton Pote Âgé!Le décati!

    -Charmeur!

    -Compliment m'allant droit au coeur!